IMG_0148Biguden – Tome 1 : L’Ankou, de Stan Silas, EP éditions, 2014

En ce moment au travail, je suis un projet sur les contes bretons. Je ne m’y étais jusque-là jamais intéressée et je ne m’y connaissais pas du tout en légende bretonne. Et bien maintenant je peux vous dire que je suis callée ! Et en plus, je trouve ça hyper intéressant ! Les figures tirées du folklore breton sont très nombreuses, toutes liées à la magie et la plupart du temps elles correspondent à d’autres figures connues de divers folklores. Néanmoins, elles sont toutes particulières, et liées à certains mots de vocabulaire typiquement breton, ce qui nous plonge d’autant plus dans le monde magique de la Bretagne.

Je me suis finalement pris d’affection pour tout cet univers fantastique et quand je suis tombée, à la médiathèque sur une bande dessinée bretonne, j’ai craqué. J’étais venue pour chercher des BD, pour me mettre un peu plus au fait de ce genre. Mais je ne savais absolument pas quoi prendre. Le titre « Biguden » (terme breton) au-dessus d’un petit garçon en marinière, accompagné d’une petite japonaise en train de pratiquer les arts martiaux m’a intrigué. J’ai trouvé ça très drôle dès le premier regard et autant vous dire tout de suite que ça le reste jusqu’au bout !

 

Résumé :

Goulwen est un petit garçon rêveur vivant en Bretagne, dans le petit village de Pouec (ne cherchez pas, il n’existe pas). Il vit au bord de la mer dans une jolie maison, avec sa grand-mère et sa mère. Un après-midi, alors qu’il part s’amuser sur la plage, il tombe sur l’épave d’un petit bateau. Sous cette épave il découvre une fillette japonaise inconsciente. Il la secoue et celle-ci se réveille. Très méfiante, elle est réticente à suivre Goulwen chez lui au départ. Mais elle finit par céder car elle meurt de faim. Elle ne parle absolument pas français et la communication est difficile au début. Personne ne sait d’où elle vient. Elle reste finalement vivre dans la famille. Au fil des jours, elle apprend à communiquer avec eux et écorche quelques mots français. Mais la cohabitation entre les deux cultures est parfois compliquée. La famille bretonne se rend également compte que la petite Biguden (c’est ainsi qu’ils finissent par la nommer) n’est pas tout à fait comme les autres. Elle a un don, qui lui permet de voir des créatures depuis longtemps oubliées et que presque plus personne ne peut voir et donc affronter. La grand-mère de Goulwen est également l’une des rares personnes à voir ces esprits oubliés. Elle va donc former la petite Biguden au folklore breton. Elle va lui enseigner comment en prendre soin, mais aussi comment repousser les forces du mal.

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Cette bande dessinée est donc déjà exquise rien que par son scénario et par sa trame. L’idée est vraiment très originale. La rencontre entre les deux cultures est détonante et amusante. Le côté breton est peut-être un peu trop forcé et trop dans la caricature, mais c’est aussi ce qui fait le charme de l’histoire. En même temps, le côté japonais aussi est très poussé avec les vêtements typiques de la petite fille et ses manières. Mais le tout se marie très bien.

Les dessins rendent cette histoire et les personnages très attachants. On est entre de la bande dessinée classique, avec un trait enfantin, et le manga. Pas du manga pur, mais les quelques touches qui sont disséminées dans cet ouvrage sont parfaitement bien pensées et placées. Ainsi, même dans les illustrations nous avons un aperçu des deux mondes qui rentrent en collision.

J’ai également beaucoup apprécié les démarcations de temps et d’espace dans la bande dessinée. Quand l’histoire se déroule le jour, le fond des pages est blanc, quand c’est la nuit le fond est noir. Et quand on a à faire aux souvenirs de la petite japonaise, les cases de la bande dessinée sont comme passées sous un filtre un peu sépia. C’est très bien pensé et nous plonge d’autant plus dans l’univers décalé inventé par l’auteur.

L’évolution de la petite Biguden au sein de cette famille purement française est très sympathique à suivre. La découverte de tout l’univers folklorique breton est délicieux. Le suivi de l’histoire est très bien agencé. Les dessins sont adorables.

En bref, c’est vraiment une très jolie rencontre et quand le tome 2 sortira je pense bien le lire rapidement !

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Le récap’ :

Points positifs :

  • Une histoire très originale qui confronte deux (voir trois) mondes opposés.
  • Des dessins eux aussi emprunts de deux cultures différentes, qui ont un rendu superbe.
  • Une originalité également dans la représentation du temps et de l’espace à travers le récit.
  • Une bande dessinée classée en jeunesse qui pourtant peut tout à fait intéresser les adultes au même niveau.

Points négatifs :

  • Pour les lecteurs non bretons, certains termes particuliers liés au folklore breton ne doivent pas être tout à fait compréhensibles, c’est donc dommage qu’il n’y ait pas un petit lexique.

 

Bon voyage au pays du folklore breton les loulous !