Toute émoustillée par mes débuts de test des box littéraires sur le marché actuellement, je n’ai pu résister à l’envie d’en essayer une nouvelle début 2017. Surtout que depuis quelques semaines, le concept de Mille et un livres me faisait de l’œil ! En effet, il est clairement réservé aux mordus de Young Adult, je me disais donc que c’était parfait pour moi. J’ai attendu que les caisses se renflouent un petit peu après Noël et j’ai choisi de m’abonner pour un mois avec la box de février. Qui promettait de belles choses puisque le thème est la magie, avec des goodies venant tout droit de Poudlard, du Cirque des rêves et autres univers enchanteurs ! Et autant vous dire de suite que j’ai été subjuguée par cette nouvelle box, alors sans plus tarder en voici ma chronique.

 

L’inscription

 

Elle est très rapide à faire, car contrairement aux deux autres box déjà testées, le contenu sera le même pour tous ; pas de listes à remplir au préalable, de vœux à formuler ou autre. Puisque ce concept est clairement pour les fans de Young Adult, il est vrai que l’on a moins besoin de préciser ses envies. Au moins, on est tous dans le même bateau ! Cette formule permet à Mille et un livres de révéler à l’avance quel sera le thème de la box. Car à chaque box/chaque mois, son thème. Il y a par exemple eu : « La gourmandise », « A l’aventure ! » ou encore « Geek ». Pour le mois de février c’était « La magie ». Bien évidemment, on ne sait pas quel sera le livre sélectionné. Il ne sera affiché sur le site internet qu’une fois que tous les abonnés auront reçu leur box, pour ne spoiler personne.

Le fait de connaître le thème à l’avance est vraiment super car cela permet au lecteur de voir si ça risque de lui plaire ou non. On n’est donc pas obligé de commander la box d’un mois dont le thème ne nous plaît pas. En effet, l’abonnement peut se faire pour un mois seulement. Cela permet de réaliser sa sélection soi-même et de ne prendre que les box qui nous intéressent.

Mais pour les lecteurs qui aiment les surprises, deux autres formules d’abonnement sont prévues : pour trois ou six mois. Avec des prix légèrement dégressifs pour offrir un avantage aux lecteurs choisissant ces formules.

 

Les services

 

  • Les livres sélectionnés pour les box sont des nouveautés car publiés depuis 30 jours maximum. C’est donc la garantie de ne pas tomber sur quelque chose que l’on a déjà lu (vous n’avez qu’à pas acheter de nouveauté qui se rapproche du thème annoncé tant que vous n’avez pas reçu votre box). C’est aussi pourquoi il n’est pas possible de retourner un livre que l’on aurait pourtant déjà dans sa bibliothèque et cela se comprend.
  • De très belles maisons d’édition partenaires : Bayard, Milan, Sarbacane…
  • Depuis janvier 2017, le choix entre la box petit format et la box grand format : ce sont les goodies qui changeront, le livre reste le même.
  • Quand on est abonné pour plusieurs mois, possibilité de demander à sauter un mois si le thème ne plaît pas.
  • Livraison à domicile ou en point relais.
  • Livraison en France métropolitaine et DOM-TOM, ainsi que dans 4 pays européens.
  • Une page FAQ sur leur site extrêmement bien conçue et détaillée, qui permet de répondre à toutes les questions que vous pouvez vous poser. Les tableaux de détails des prix des box et des frais de port sont les bienvenus.

 

Rapport qualité/prix

 

J’ai choisi la formule d’abonnement pour un mois, en grand format, qui coûte donc 30.50€ dont 6.50€ de frais de port. Les frais de port peuvent paraître un peu excessifs, mais rappelons que ce que nous recevons dans la box c’est tout de même un livre en grand format, évidemment plus lourd qu’un poche. Les goodies également prennent de la place et du poids, ce qui justifie largement ces frais. Mais, maniaque que je suis, je suis allée tout de même vérifier les prix des colissimos sur le site de la Poste. Chieuse ? Oui, et alors ? Le poids du colis étant noté sur le carton j’ai pu aller voir dans le tableau tarifaire si c’était le bon prix pour cet envoi. Et c’est parfaitement le bon prix ! M’étant déjà fait avoir sur certains colis, je mets un point d’honneur à ne pas me laisser emberlificoter encore une fois, je suis donc ravie de ma trouvaille :p Pour ce prix, Mille et un livres promet :

  • Un roman Young Adult, publié il y a moins de 30 jours, en grand format
  • 2 à 4 cadeaux livresques liés au thème de la box
  • Une note explicative sur le contenu de la box

Pour le mois de février, tout y est, voire même un peu plus et le tout est vraiment classe !

Déjà, je ne sais absolument pas si c’était fait exprès ou pas, mais le sens dans lequel je devais ouvrir mon colis faisait que la première chose sur laquelle je suis tombée, c’est la quatrième de couverture du livre et donc son accroche percutante : « Attention, ne vous laissez pas prendre au jeu… ». Placement voulu ou non, ça a fait son petit effet sur moi.

En dessous, se cachent tous les goodies, soigneusement emballés dans du papier de soie. Et pour le mois de février, ces goodies sont nombreux, dans la grande box :

  • Un pin’s à l’effigie du roman envoyé
  • Un marque page magnétique signé Janes Tiny Things (ça tombe bien, je n’utilise que des marque-pages magnétiques en ce moment) et faisant référence au Cirque des Rêves
  • Un magnet sorcière du pays d’Oz créé spécialement pour cette box par Elaine Illustration
  • Un crayon/baguette magique fabriqué par Coven Creations, tout droit sorti du monde d’Harry Potter
  • Une carte faite par Mille et un livres sur le thème de Narnia
  • Bonus 1 : un petit paquet de bonbons, à mon avis des Haribo, mais qui font penser aux dragées surprises de Bertie Crochue
  • Bonus 2 : la possibilité de participer à un concours réservé aux seuls abonnés à cette box
  • Bonus 3 : l’incontournable crayon estampillé « Mille et un livres »

Sachant que le livre reçu coûte 17.90€ dans le commerce, cela laisse donc une marge de 6.10€ pour tous les goodies reçus, par rapport au prix de la box sans les frais de port. Pas besoin d’aller farfouiller sur tous les sites correspondants pour savoir que le contrat est largement rempli et que l’on est bien gagnant ! D’autant plus que les goodies reçus, que l’on aime ou pas le style, on ne peut que reconnaître leur qualité. Ils sont tous super sympas, créatifs et en rapport avec le monde de la magie promis dans cette box.

 

La personnalisation

 

Pas de personnalisation au sens entendu dans les deux précédents articles, puisque le livre est le même pour tout le monde et qu’il n’est donc pas choisi selon nos goûts. Cependant, on peut parler de personnalisation dans le rapport entre le thème des goodies et celui du roman. Comme dit ci-dessus, il y a un vrai travail pour harmoniser le tout et que le lecteur soit pris au jeu tout au long de sa découverte de la box.

Les goodies ne nous sont d’ailleurs pas fournis en vrac sans explication, une petite carte stylisée nous explique tout. D’un côté, on dirait un vieux billet pour un spectacle, qui nous invite à entrer dans le monde de la magie. De l’autre, les explications sur chacun des goodies envoyés, avec le nom de leur concepteur pour que l’on puisse aller fouiner sur le net si on a aimé et retrouver leur travaux. Le fait de rapprocher ces goodies d’un autre monde littéraire magique est également très bien vu car cela nous plonge d’autant plus dans l’univers que la box veut nous révéler. Cela donne aussi extrêmement envie de (re)partir à la découverte de tous ces autres romans que l’on nous propose ! Le seul que je ne connaisse pas est Le cirque des rêves, qui vient, malheureusement, de grossir les rangs de ma PAL…

 

Le livre mystère sur le thème de la Magie

 

J’ai dû faire des tours et des détours dans cet article pour ne pas cracher le morceau trop vite, je peux enfin me libérer désormais. Le livre de cette box est donc : Caraval de Stéphanie Garber paru aux éditions Bayard jeunesse.

Je n’ai pas choisi de m’abonner au mois de février pour rien, le thème m’attirait tout particulièrement et la plupart des romans Young Adult que je lis en ce moment sont en rapport avec la magie. J’étais donc impatiente de recevoir ma box et je fus encore plus impatiente de commencer le livre, une fois en main. Comme dit plus haut, la phrase d’accroche en quatrième de couverture est déjà super attrayante. Ensuite, savoir que ce roman est le premier de l’auteure en question et qu’il est pourtant déjà publié dans 25 pays est tout à fait excitant. Qu’est-ce qui peut bien être si époustouflant dans ce roman pour qu’elle en soit déjà là dans sa carrière ? Enfin, la lecture du résumé (où l’on perçoit la magie mais où le mystère reste entier sur sa nature) a fini de m’achever et je me suis mise à le lire illico. Le résumé de Bayard se suffit à lui-même, pas besoin que j’y mette ma patte.

Au début du roman je me suis laissée prendre facilement. L’ambiance est de suite sympa car, même si tout se déroule dans un monde imaginaire, on a l’impression de se retrouver en Italie : décors, noms des îles, costumes, gondoles… Tout pour faire rêver et planter un environnement majestueux et même romantique.

Le style d’écriture est également pas mal, même si je trouve qu’il y a parfois soit des répétitions, soit des passages pas assez détaillés, notamment au niveau de l’univers de Caraval. Même si je comprends la volonté de ne pas tout dévoiler de suite, puisque c’est le propre de ce monde, le lecteur reste parfois trop dans le flou et ne comprend pas ce qui se passe. Mais la plume de l’auteur (et celle du traducteur pour le coup) est très agréable et cela permet de rentrer facilement dans l’univers.

Malgré plein de points négatifs que je peux trouver au livre (cf ci-dessous), il y a tout de même des personnages sympas, comme le voyant, Nigel. Je ne peux pas en dévoiler plus sur lui, mais juste dire que sa façon de prédire l’avenir est vraiment originale.

Cependant, je ressors très mitigée de ma lecture. Elle commençait bien et quelques points dans le récit ont retenu mon attention, mais les grosses incohérences parsemées et certains comportements de personnages que je n’ai pas aimé, font que je n’ai pas accroché au final. Tout ce que je dis ci-dessous est sans spoil, car tout est dit dans le résumé ou se devine dès le début, dans le premier quart du roman. Mais si vous ne voulez pas vous dévoiler quoi que ce soit, abstenez-vous de lire.

Tout d’abord, Scarlett n’arrête pas de répéter qu’à cause des maltraitances de son père, désormais elle sait repérer le mal du bien, qu’elle sait quand un homme lui ment et qu’elle ne se laissera pas berner. Pourtant elle ne fait que ça tout au long du livre, se laisser avoir par des tas de gens. Par exemple, elle dit clairement qu’elle n’a pas confiance en Julian et pourtant elle suit tout ce qu’il dit.

Au tout début du livre on comprend aussi que Scarlett rêve depuis des années et des années de pouvoir participer au jeu qu’est Caraval, donc on se dit que logiquement elle sait de quoi il retourne. Peu de choses sont dévoilées au lecteur sur ce qu’est ce jeu, mais on se dit qu’on en sera plus au fur et à mesure, grâce à Scarlett. Seulement, une fois sur l’île où se déroule le jeu, on se rend compte qu’elle ne comprend pas ce qui s’y passe et qu’elle ne connait rien du tout. Pas une seule petite règle. Qu’est-ce qui pouvait donc bien l’attirer dans un jeu qu’elle ne connaissait pas en réalité ? Juste le fait de savoir qu’il y avait de la magie ? Ce n’est pas assez et surtout pas cohérent par rapport au discours qu’elle tenait. Et la lectrice que je suis s’est sentie complètement perdue ; aucun élément ne me permettait de me raccrocher à l’univers de Caraval comme je l’aurai voulu, rien ne m’a permis de m’immerger dans ce monde, je me posais sans cesse trop de question sur la tenue de ce jeu.

D’ailleurs, une fois dans Caraval, Scarlett se laisse berner par tout le monde. Elle pose des questions à beaucoup de personnes, dont Julian, sur ce qui se passe dans ce jeu, mais personne ne lui répond jamais, ne lui donnant aucun indice. Cela fait partie du jeu, on est d’accord. Mais le lecteur ne devrait pas s’en sentir déboussolé, or ça a été mon cas. Les interrogations restantes n’étaient pas porteuses pour la suite du récit. De plus, Scarlett ne cherche pas plus que ça à creuser ces interrogations alors qu’elle devrait puisqu’elle a l’air inquiète pour sa sœur. En revanche, n’importe qui arrive à lui soutirer des infos. Encore une fois, alors qu’elle se dit forte à l’intérieur grâce au recul qu’elle prend à cause des maltraitances de son père, en réalité je la perçois comme une pauvre petite fille chétive, incapable de se débrouiller seule, craintive et naïve sur tous les plans.

Dans ce sens, Scarlett donne, pour moi, une très mauvaise image de la femme. Qui se laisse ballotter dans tous les sens et avoir en permanence. Son plus doux rêve est de rentrer chez elle pour pouvoir épouser celui qui lui a été promise, mais qu’elle n’a jamais rencontré, et qui, selon elle, la sortira du carcan de l’autorité de son père pour la mener dans un grand château où ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfant. Un gros cliché de femme soumise, que je ne pensais pas que la plume d’une femme pourrait créer. Et l’époque dans laquelle se situe le récit ne justifie pas tout, surtout que l’on se situe dans un monde imaginaire où les règles peuvent donc être totalement différentes. Les figures masculines du livre sont d’ailleurs tout aussi clichées : le père violent qui est odieux avec ses filles passe encore, c’est son identité et puis c’est tout. En revanche tous les autres hommes que rencontrent Scarlett ne pensent qu’à coucher avec elle. Ils ont tous un regard pervers sur elle et ne pense qu’à la mettre dans leur lit. D’ailleurs, je n’aime pas du tout le personnage de Julian pour ça. Toute la première moitié du roman, il ne fait que des remarques salaces, perverses, sur le fait de vouloir mettre Scarlett dans son lit, ou qu’elle devrait se dévergonder, qu’elle aimerait ça s’il lui faisait des choses. Je ne suis absolument pas prude et je peux lire des romans beaucoup plus crus que ça. Mais dans le contexte de ce roman-ci, j’ai trouvé ça totalement déplacé, malvenu et incompréhensible pour la tenue de l’histoire.

Ce qui est choquant d’ailleurs, c’est que malgré ces discours, odieux à mes yeux, que tient Julian à Scarlett, et le fait qu’elle-même dise qu’elle n’aime pas son caractère et son comportement, elle tombe tout de même sous son charme et finit par n’attendre qu’une chose : qu’il l’embrasse (ce n’est pas un spoil, on le comprend très vite dans le roman que ça finira comme ça). C’est dégradant je trouve. Qu’une jeune fille tombe amoureuse d’un bad boy, je conçois. Mais là je ne perçois pas le personnage de Julian comme un simple bad boy : il est méprisant envers le sexe féminin et reflète l’image d’un mâle qui pense pouvoir obtenir tout ce qu’il veut des femmes avec ses charmes et les prendre comme des objets.

Alerte mini spoil (uniquement dans ce paragraphe) : même si le comportement de Julian change du tout au tout par la suite, à la seconde moitié du roman environ, l’excuse qui nous est donnée pour cette première facette de ce personnage n’est absolument pas valable à mes yeux et il aurait pu s’y prendre autrement pour arriver à ses fins. Et la mauvaise image que je me suis faite de lui n’a pas réussi à s’effacer pour la fin de l’histoire, tellement je l’ai trouvé odieux au départ.

Malgré ces points négatifs, l’univers de Caraval est un monde où l’on peut prendre plaisir à se laisser flotter. Il aurait mérité d’être plus développé pour que le lecteur soit encore plus subjugué et je pense que cela n’aurait pas fait de mal d’en révéler un peu plus de secrets. Les derniers rebondissements du livre sont aussi prenants. On peut dire que ça part un peu dans tous les sens et que l’on ne sait plus qui croire et où donner de la tête. Cela peut d’ailleurs perdre un peu le lecteur et j’ai peut-être trouvé ça un peu fouillis, mais en même temps c’est ce qui m’a permis de re-rentrer dans l’histoire et de finir sur une note positive.

Ce que j’ai apprécié le plus dans cette histoire, ce sont toutes les influences littéraires qui la jalonnent. On sent un peu de plein d’autres univers fantastiques et magiques entre les lignes de Stephanie Garber : Le magicien d’Oz (pour l’étrangeté des personnages) ou encore Alice au pays des merveilles (pour les loufoqueries et le décor du jeu qu’est Caraval). Il y a également une note de La petite sirène et le jeu peut par moments faire penser à Hunger Games.

Au final, je ne regrette pas du tout ce livre mystère obtenu dans la box, même s’il ne m’a pas transcendée et que je conserve certaines incompréhensions quant à la construction des caractère des personnages. Je n’en lirai pas la suite, mais découvrir ce premier tome était plaisant.

Des trois boxes testées pour le moment c’est mon coup de cœur ! Je n’y reste pas abonnée, sachant que je veux garder du budget pour pouvoir en tester d’autres dans les semaines à venir (et que je ne suis pas Crésus), mais je garde un œil sur leur site et si un thème m’attire je n’hésiterai pas une seconde à m’abonner pour un mois. Le concept d’avoir un livre qui vient à peine d’être publié est vraiment attrayant et bien pensé je trouve. Que l’on aime ou pas le livre final, l’expérience vaut vraiment le coup !

 

Bonne lecture les loulous !