Défi à Sherlock Holmes de Béatrice Nicodème paru chez Hachette en 2012


Je n’ai jamais été une grande fan des romans policiers, même si les classiques m’attirent et que je me suis toujours dis que je devrais tout de même m’y mettre, rien que pour la culture. Plus jeune, j’ai principalement lu des Agatha Christie et quelques Arthur Conan Doyle (dont Le chien des Baskerville, qui m’a marquée). Mais je ne suis pas une grande connaisseuse. J’ai pourtant envie de m’y atteler plus sérieusement, mais le nombre impressionnant d’œuvres fait que je ne sais par où commencer. Et si ça me plaît, ma PAL va trop grossir à mon goût, alors je ne m’y risque pas. Pourtant je me suis laissée tenter par un roman policier, reprenant le classique Sherlock Holmes, histoire de changer un peu de style. De plus, ce n’est pas une pure histoire d’Arthur Conan Doyle, mais une reprise du personnage du célèbre détective par une auteure française ! C’est aussi ça qui m’a séduite dans le concept. Le nom de Béatrice Nicodème ne m’était pas non plus inconnu, il titillait mon oreille, sans que je sache pourquoi. Après vérification, j’ai lu plusieurs romans d’elle dans ma jeunesse, comme Y a-t-il un assassin dans l’immeuble ? Je me suis donc lancée dans l’aventure de ce Sherlock Holmes un peu particulier.

Pauline de Chalin, femme de conseiller de l’ambassade française est retrouvée assassinée, étranglée puis égorgée, dans une église, loin de chez elle. Pas de quoi émoustiller le grand détective, qui ne s’intéresse qu’aux affaires les plus étranges. Cependant, quand une lettre lui est directement adressée où un certain Cancrelat se vante d’avoir commis ce crime et défie personnellement Holmes de le trouver avant qu’il ne commette un autre crime, il ne peut évidemment pas reculer. Cette affaire va l’intriguer au plus haut point. Avec son précieux acolyte, le docteur Watson, qui est près d’emménager avec son épouse et a donc parfois la tête un peu ailleurs, ils vont vivre l’une des enquêtes les plus mystérieuses de leur carrière. Cette affaire va remettre en cause la misogynie de Sherlock Holmes et chambouler une partie de sa vie.

J’avoue que je ne me souviens pas très bien de mes lectures de jeunesse des histoires d’Arthur Conan Doyle et que cette lecture a donc été comme une (re)découverte. Mais j’y ai pris beaucoup de plaisir et ma PAL vient donc de s’allonger… Ce qui me permettra de mieux faire le rapprochement avec l’écriture du vrai papa du détective dans mes prochaines lectures. Car j’ai effectivement dû me renseigner un peu sur le style habituel des récits de Sherlock Holmes, ne connaissant pas assez bien les habitudes du maître. Et selon mes trouvailles, Béatrice Nicodème a très très bien repris les motifs liés à Sherlock.

Le narrateur est Watson, qui relate, comme à son habitude, son aventure avec le détective en y mettant donc quelque fois ses sentiments personnels. On y retrouve également des notes de bas de page personnelles du docteur, ou encore des indications renvoyant à d’autres tomes sur les aventures de Sherlock Holmes, écrit par Arthur Conan Doyle. Il y a aussi de nombreuses notes indiquant « en français dans le texte » comme c’est souvent le cas dans les romans originaux. Cependant ce dernier point m’a troublée. En effet, l’auteure est française et son texte a été écrit en français. Ça paraît donc bizarre de faire cette précision alors que le texte est en français déjà. Peut-être pour se rapprocher le plus possible du style d’origine. Mais ça reste énigmatique tout de même.

Il y a un point qui diffère des récits habituels où on retrouve le grand détective : la fin. Béatrice Nicodème y a mis sa petite touche personnelle qui en surprendra plus d’un. Je vous le laisse évidemment découvrir car c’est un vrai détail inattendu.

En ce qui concerne l’histoire elle-même, je me suis très facilement plongée dedans. L’écriture de l’auteure est fluide, agréable et parfois envoûtante. On se laisse totalement porter par le mystère qui entoure la mort de cette pauvre Pauline de Chalin et on se prend au jeu du détective. M’étant laissé porter, comme à mon habitude je n’ai pas trouvé avant la fin qui était l’assassin, c’est donc très agréable de se laisse surprendre. Cependant, en découvrant qui c’était, je dois avouer que j’ai été un peu déçue. Il est tellement éloigné du chemin que l’histoire nous fait suivre depuis le début, que le retournement de situation final est un peu brutal. Heureusement, le détail incongru sur la vie personnelle de Sherlock Holmes tout à la fin du récit, rattrape ma déception.

J’ai également aimé le fait que Holmes et Watson passent un instant du récit en France. C’est vrai que lorsqu’ils sont en Angleterre les lieux sont souvent bien décrits et des lecteurs anglais (ou en tout cas londoniens) pourraient se repérer dans la ville. Mais en tant que française, je n’allais pas prendre une carte sous la main pour agrémenter ma lecture. Leur passage en France, à Paris, est donc sympathique car cette fois on peut se visualiser les lieux plus facilement en tant que lecteur français.

Un autre point positif, ce sont toutes les références aux autres aventures du détective. Ça donne un peu, beaucoup, énormément envie de se plonger dans l’intégrale de ses récits pour mieux comprendre la psychologie du personnage. Enfin, ça, c’est du point de vu d’une amatrice comme moi. Pour ceux qui ont déjà lu les œuvres d’Arthur Conan Doyle, c’est juste un petit parcours plaisir pour se remémorer les aventures de Sherlock Holmes. Et peut-être même pouvoir ajouter des détails de compréhension sur les tomes suivants. Car, il faut le préciser, l’aventure que relate Béatrice Nicodème n’est pas un récit postérieur à toutes les histoires de Conan Doyle, mais un entre-deux. Car, Défi à Sherlock Holmes se situe, chronologiquement, juste avant Le dernier problème d’Arthur Conan Doyle. Un pont sympathique pour tous les lecteurs férus des aventures policières du détective et de son acolyte le docteur Watson.

Le récap’

Points positifs :

  • De quoi satisfaire tous les lecteurs : ceux déjà amoureux de Sherlock Holmes et ceux qui voudraient découvrir son univers tout en douceur.
  • Un respect de la lignée d’Arthur Conan Doyle, mais une plume française !
  • Une aventure un peu différente des œuvres originales, pour varier les plaisirs.

Point négatif :

  • Une fin un peu brutale et tellement différente de ce à quoi on s’attend (moins raffinée) que cela peut rebuter certains lecteurs.

Bonne chasse à l’assassin les loulous !