Bonjour tout le monde ! J’espère que vous passez un super Halloween à distribuer des friandises aux petits monstres du quartier ou à vous détendre dans votre cercueil (chacun ses goûts, on n’est pas là pour juger). En tout cas, ici, au Bazar Littéraire, on est toujours en adoration pour cette période. Enfin, je parle surtout pour moi, en fait.

Cette année, on a eu envie de changement. Parce que les articles sur les figures emblématiques d’Halloween, c’est bien beau, mais ça ne fait frissonner personne. Alors que vous, on le sait fort bien, vous cherchez du sensationnel, de la peur à l’état pur, des hurlements de terreur venus de l’Outre-Tombe… Non ? Ce n’est pas ce que vous recherchiez ? Hé bien, tant pis, cette année, c’est ce qu’on vous a concocté !       

Loulou vous a déjà ouvert son cœur sur toutes ses peurs les plus profondes ici, c’est donc désormais à moi de passer à la casserole ! Attention, car après cet article, vous risquez sérieusement de me prendre… pour une évadée de l’asile. Je vous aurais prévenue 🙂 

 

Les serpents

J’assume sans complexe d’ouvrir mon article de la même façon que Loulou, mais je préfère partir de ma peur la plus animale pour arriver à ma peur, disons la plus, embarrassante. Histoire que vous ne me preniez pas tout de suite pour une folle.

Voici donc ma première peur, bien classique je l’avoue. Je ne peux pas dire que les serpents m’aient toujours fait peur, et je ne peux pas non plus vous dire quand cela a changé pour moi, je n’en sais strictement rien. En fait, cette peur est apparue là dans ma vie sans raison, et depuis, j’avoue que je vis un peu moins bien. C’est comme si, un jour, mon cerveau s’était dit : « Tiens, elle a pas encore assez de défauts, on va lui faire avoir peur des serpents », ce à quoi tout mon cœur a répondu : « Super idée ! Je vais la faire palpiter à chaque fois qu’elle va en voir un, on va bien se marrer ». En vrai, je me marre pas vraiment, car à défaut de croiser de vrais serpents, je croise souvent des images de serpents, et croyez-moi, c’est beaucoup moins mignon à mes yeux que des images de chatons.

ça miaule même pas !

Le pire, et le moins glamour, fut ma rencontre, fortuite et détestable, avec un article d’un quelconque magazine pour ados. C’était dans les colonnes « Brèves du monde ». Un passant voulait soulager un besoin pressant dans le métro de Londres et s’est donc rendu dans les toilettes les plus proches. Le pauvre monsieur cependant n’a pas choisi la bonne cabine puisque cette dernière était déjà occupée… par un boa ! Alors bien sûr, ce court article ne pouvait se passer de photos. Et c’est ainsi que depuis, je flippe un minimum en relevant l’abattant des toilettes.

On peut même pas être tranquille chez soi !

Depuis, j’essaye de combattre ma peur en errant dans les allées « vivarium » de mon Tom & Co local. J’observe alors tranquillement, planquée derrière une vitre, les bébés serpents qui roupillent ou font de l’accrobranche. Cela ne veut pas dire que je suis prête à en toucher un, mais cela calme ma peur de pouvoir les étudier sous tous les angles.

 

Les coupures

 Je sais, c’est bizarre. Tout commença lorsque j’avais 18 ans et que je décrochais mon premier job d’été. C’était un simple remplacement au rayon charcuterie d’une grande enseigne de supermarché. Outre le fait que je me suis mise à rêver de jambon pendant toute la durée de mon contrat, ce job a eu un effet secondaire assez inattendu. Je me suis mise à avoir peur des coupures. Pas le genre de peur gentillette, comme ma peur des serpents, non, plutôt le genre de peur à vous faire tomber dans les pommes.

J’utilise la technique de Loulou et cet article sera donc peuplé de photos de charcuterie

Et la fourbe s’est installée d’un seul coup, après une conversation banale entre collègues. Les clients se faisaient inexistants, on était quatre vendeuses et bien entendu, on comblait notre ennui par du bavardage. Je ne me rappelle plus les détails mais la conversation a soudainement migré vers les plus graves blessures que chacune a reçu au travail. Je leur racontais que la semaine d’avant, j’avais eu le réflexe malheureux de vouloir rattraper un couteau qui tombait et que j’avais réussi à me réveiller à temps, ce qui ne me valut qu’une simple coupure au doigt. Mais je ne faisais décidément pas le poids face à leurs histoires.
Entre l’une qui avait simplement loupé le saucisson et s’était entaillé le doigt bien profond et l’autre qui avait carrément passé son doigt à la trancheuse à jambon, je sentais mon cœur ralentir dangereusement et les couleurs s’échapper de mon visage. Plus elles mettaient de détails (« les pompiers devaient tenir mon doigt pour pas qu’il s’échappe »  ahaha merci Ginette), plus je me sentais faiblir. Sans l’intervention de l’une de mes collègues pour demander si j’allais bien, je pense que je m’évanouissais là entre la mortadelle et le pâté.

On m’a emmenée boire un verre d’eau, et la conversation s’est arrêtée là, mais ma peur, elle, a pris racine. Depuis il m’est impossible de ne serait-ce qu’imaginer me couper. J’en ai des sueurs froides et je sens ma tête tourner. Alors bien sûr, c’est tout naturellement que je me suis orientée vers un métier qui nécessite l’usage d’un cutter quotidiennement et où les risques de coupure par un livre sont extrêmement élevés. Qu’est-ce que vous voulez, je suis une rebelle dans l’âme. 

Toujours est-il que pas plus tard que la semaine dernière, j’ai failli m’écrouler en plein rayon enfant. Il était midi passé, ma collègue était justement rentrée chez elle, et j’étais en train de refaire intégralement mon rayon. Jusque-là, tout se passait bien, mais les choses ont rapidement pris une tournure violente lorsque j’ai voulu retirer une étagère. La grille qui tenait juste au dessus a décidé que c’était le moment idéal pour venir me faire un câlin et a plongé droit vers ma tête. N’écoutant que mon courage, je me suis tordue le doigt (ou presque) pour tenter de la rattraper, tandis que bon nombre de produits s’écroulaient au sol, mes mains étant occupées à me sauver d’un assommage dans les règles. Grâce à mes réflexes de Wonder Woman, ma tête fut sauve et aucun produit ne se trouva endommagé. J’étais fière et je sortais incroyablement grandie de cette épreuve, jusqu’à ce que je baisse les yeux vers mon doigt… en sang. Après un passage rapidos sous l’eau, l’horreur éclata à mon visage : je m’étais coupée et j’avais d’un seul coup incroyablement chaud. Mais genre, très très chaud. J’étais seule en magasin, sans aide possible et je ne pouvais m’asseoir. J’ai du attendre stoïquement le retour de ma collègue, le doigt enroulé dans un pansement babar (le seul que j’avais pu trouver), en essayant de ne pas penser à ma blessure de guerre et en essayant de ne pas m’écrouler au sol.
Au final, ce n’était qu’une petite coupure, un peu profonde mais pas bien grave, mais à mes yeux, ce fut un parcours du combattant. 

Par contre, les fractures ouvertes, ça ne me pose aucun souci … Je pense que mon cerveau a un problème, mais genre un sérieux problème de degré de gravité.

 

Les ponts

Ma dernière peur était bizarre, mais attendez de voir (enfin lire) celle-ci. J’annonce d’emblée la couleur, j’ai réussi à me débarrasser de cette peur en grandissant. Ce qui vaut bien une petite danse de la victoire.

Lorsque j’étais petite (en âge, puisque ma taille n’a pas tant changé que cela), j’habitais dans une superbe ville côtière, aka Dunkerque. Et qui dit ville côtière, dit port, bateaux, mouettes et… ponts qui se lèvent.

Pour ceux qui se demandent à quoi cela ressemble, voici une photo de mon pire ennemi enfantin :

Ce pont a été conçu pour laisser rentrer et sortir les bateaux de haute taille sans avoir lui-même des dimensions hors-norme, et pour cela, on l’a affublé de deux parties indépendantes qui se lèvent pour laisser passer les bateaux.

C’est technique et très bien pensée, sauf que mon cerveau d’enfant ne l’a pas du tout pris comme ça. Au contraire, j’avais une peur bleue de voir le pont se lever alors que nous serions engagés dessus. J’imaginais mille scénarios catastrophes qui finissaient toujours de la même manière : tous à l’eau ! Enfin, des fois, il y avait quelques variantes, on essayait parfois de s’accrocher tout en haut de notre partie du pont jusqu’à ce qu’elle se baisse.
Et il faut savoir que cela peut prendre du temps, beaucoup de temps. Il faut compter encore 5 à 10 min pour voir le pont se lever et se baisser complément. Ça en laisse du temps pour concocter plein de scénarios catastrophes !

Mon père avait beau m’expliquer qu’il y avait des capteurs partout sur le pont pour détecter une quelconque présence sur celui-ci, cela ne m’empêchait pas d’en faire des cauchemars.

Il m’a fallu beaucoup de temps pour arriver à gérer cette peur ; beaucoup de balades à pied aussi, où l’on me montrait les dits capteurs. Mais aujourd’hui, je n’ai plus d’appréhension quand on passe ce genre de ponts. Je me demande toutefois si d’autres enfants dunkerquois ont hérité de ma peur.

 

Le générique de X-Files

On finit en beauté avec l’une de mes plus grandes peurs ! Ne pleurez pas de rire, il n’y a rien de marrant là dedans, au contraire.

Cette histoire terrifiante a commencé dans les années 90, lorsque X-Files a débarqué sur les écrans. Tous les jeudis soirs, à 20h45, sur M6 – je n’ai fait aucune recherche pour retrouver ces infos, mon cerveau les a précieusement enregistrées, par contre, il ignore où j’ai mis mes clés, le fourbe – mes parents regardaient cette nouvelle série venue des US pour les faire frissonner. Et pendant ce temps-là, moi, j’étais emmitouflée dans ma couette, à attendre qu’ils aillent se coucher et que cet affreux générique ne vienne plus résonner à mes oreilles.

Car oui, je n’ai jamais vu un seul épisode de cette série, tout au plus des bouts des derniers films, et pourtant son générique me terrorisait. Alors, tous les jeudis soirs, c’était la course. Il fallait que je tombe endormie avant le début du premier épisode. Si cela n’était pas le cas, j’étais bonne pour une insomnie partielle, et je ne pouvais trouver le sommeil tant que mes parents ne partaient pas se coucher.
L’appartement de mes parents est petit et un simple couloir me séparait de la télévision familiale. Je laissais généralement la porte ouverte pour profiter de la lumière du couloir, mais le jeudi soir, je me maudissais vraiment d’avoir peur du noir. Car autant, il m’était impossible d’entendre quoi que ce soit de l’épisode (mes parents ne mettaient pas le son à fond quand même), le générique, lui, venait pratiquement hurler à mes oreilles.

Fort heureusement pour moi, je ne dus affronter cela « que » pendant 3 saisons (de la 5 à la 7). Après, la série a déménagé au mercredi, et mes parents ont commencé à enregistrer les épisodes pour les regarder, après que je sois tombée endormie !

Cela aurait pu en rester là, mais non, mon cerveau a depuis décidé que cette musique était horrifiante et à chaque fois que je l’entendais (ce qui, dieu merci, était rare), j’avais la chair de poule.
Ce qui nous emmène deux ans en arrière, en 2015. Je venais de décrocher mon premier CDI et je m’apprêtais à passer mon premier Halloween avec toute l’équipe. On était à 200% prêtes, et on a décoré comme des folles le magasin. Bien entendu, on a voulu jouer la carte de l’ambiance à fond et on a, du coup, créé une playlist spéciale, avec notamment beaucoup de musiques de films et de… séries. Vous l’aurez compris, X-files et sa musique diabolique ont pris une place de choix dans la playlist. Pire, c’est même moi qui ait dû la télécharger, en fouillant Youtube pour trouver non seulement, la version la plus courte, mais également d’excellente qualité. Ce fut une véritable torture.

Cette année, j’entame ma troisième année de cohabitation avec cette musique maudite. La chair de poule commence à disparaître. Mais cela est plus dû au fait que mon attention est déviée par la foule de clients que par une disparition pure et dure de ma peur. Car, mon cœur, lui, continue d’anticiper les premières notes de la musique, en loupant un battement.

 


Effrayant non, ce que le cerveau humain est capable de faire ? Avoir peur de choses si banales ! Alors, bien sûr, mes peurs ne se limitent pas à ces quatre-là. J’ai aussi peur des films d’horreur (je suis incapable d’en regarder seule), des bruits chelous quand on s’apprête à dormir, ou encore parfois des rencontres avec des inconnus, mais ces quatre-ci me définissent particulièrement. Je vous avais bien dit que je venais de m’échapper de l’asile ….

 

Allez, maintenant c’est à votre tour de nous donner, vos plus grosses (ou stupides) peurs ! Ne nous décevez pas !

 

En attendant,
Bonne lecture les Cocos !