Pour Halloween 2017, Coco et Loulou vous ont dégoté un thème bien juteux. Nous allons vous livrer toutes nos plus noires peurs et phobies. Tous les ans, on vous parle de thèmes étranges et angoissants pour Halloween, mais est-ce que c’est vraiment ce qui nous touche directement ? Lisez la suite pour tout savoir sur nos angoisses les plus profondes ! De toutes petites à encore aujourd’hui, découvrez ce qui nous a fait frissonner.

Comme d’habitude, on vous a concocté un article chacune, pour encore plus de frissons dans le dos. Je commence ce matin, Coco vous attend cet après-midi.

On avait décidé de vous parler de nos peurs d’enfance pour cet article, mais je me suis rendue compte, en réfléchissant à ce que j’allais y mettre, que ces peurs étaient toujours présentes en moi. Hé oui, aujourd’hui adulte j’ai toujours la trouille dans plein de situations. Je ne suis pas une grande courageuse et j’ai du mal à prendre du recul quand quelque chose m’effraie. Je vire facilement à la parano et ai du mal à me raisonner seule. Psychopathe ? Non quand même pas… Quoi que…

 

Les araignées

 

On commence par ce qu’il y a de pire pour moi : les araignées. Attention, je n’en suis pas juste dégoutée, comme la plupart des gens. Je n’en ai pas juste un peu peur avec du mal à les écraser. Non, je suis une très grande arachnophobe dans toute sa splendeur ! Beaucoup de gens ne comprennent pas et j’entends souvent « tu as un peu plus peur que la moyenne, moi non plus j’aime pas les araignées ». Ou alors je me fais réprimander quand je n’arrive pas à en écraser une riquiqui et que je suis au bord des larmes ; tout le monde pense que j’exagère. Non, non, je ne suis pas comme la moyenne et je n’essaie pas non plus de me faire remarquer, l’arachnophobie est un vrai problème pour moi.

Je ne peux pas me retrouver face à une araignée et rester sereine. J’ai une sorte de niveau d’alerte maximal qui se met en branle dans mon cerveau. La plupart du temps je suis en même temps pétrifiée et avec une envie monumentale de courir loin. Mais, jamais je ne décroche les yeux de l’araignée en question si j’en croise une. Pourquoi ? Parce que maintenant que je l’ai repérée, il est hors de question de la laisser filer. Je ne pourrai absolument pas faire autre chose tant que cette saloperie ne sera pas hors d’état de nuire. Mais en même temps c’est bien gênant, puisque je suis incapable de les tuer moi-même, car je dois garder une distance de sécurité si je ne veux pas me mettre à hurler. Tout devient contradictoire et paradoxal dans ma tête quand je me retrouve dans cette situation.

Heureusement pour moi, j’ai un preux chevalier à domicile si besoin, et si je suis chez mes parents, j’ai une maman super héroïne qui arrive en courant avec son balai écrabouilleur d’araignées. Mais si je me retrouve seule, je ne vous dis pas la galère. Ça m’est déjà arrivé et je suis quand même bien obligée de la tuer cette saloperie. Et hors de question de la pschitter avec une bombe, il faut absolument que je la vois mourir sur le coup et non pas se carapater sous le lit où je ne sais pas si elle sera morte ou non. Je prends donc mon courage à deux mains, je me dirige à pas lents et très silencieux (ben oui on sait jamais si elle décide de me sauter dessus) vers un gros catalogue de fringues (d’où l’utilité d’en avoir toujours un chez soi, même si on n’y commande jamais rien), que je finis par lui lancer dessus. Je suis devenu une championne du lancer de catalogue, parce qu’en plus n’oublions pas que je dois faire ça à distance. Par contre, je suis dans la totale incapacité de ramasser cette horreur tout de suite après. Ma mère peut vous raconter le nombre de fois où elle est rentrée à la maison d’un week-end et où elle a trouvé des magazines éparpillés par terre avec dessous des araignées crabouillées qui étaient là depuis 2-3 jours…

Bref, vous allez me dire « ben tu vois que tu peux les écraser les araignées ». Mais vous n’imaginez pas quel effort psychologique il me faut pour en arriver là. Si j’arrive à le faire c’est honnêtement parce que ma santé mentale pour le reste de la journée en dépend. Quand je vois une araignée, tout mon corps se crispe et se tend au maximum. Mes doigts ET mes doigts de pieds se recroquevillent à m’en faire mal. Mais je ne peux absolument pas contrôler et délier mes doigts. Ma respiration devient hachée et rapide. Et si par malheur cette saloperie se met à se carapater avant que je n’aie pu faire quoi que ce soit, je hurle, littéralement. Une fois le monstre tué, je reste en alerte pendant un bon moment et je ne peux pas me détendre de suite. Je suis à l’affut du moindre mouvement, la plus petite ombre ou moumoute de poussière qui bouge et c’est reparti pour un tour de parano.

Alors je dois bien avouer que cette phobie se laisse aller plus facilement quand je suis chez moi seule, ou avec le fameux preux chevalier. Que quand je suis en présence d’une autre personne, j’arrive un peu mieux à me contrôler. L’état de tension est là sans que cela se voit forcément, le sourire de façade aussi, mais c’est la panique totale dans ma tête. J’arrive à me raisonner extérieurement parce que je me dis « c’est bon, t’es pas seule, y a quelqu’un qui va pouvoir l’écraser ». Mais si je tombe sur quelqu’un qui finit par me dire qu’il ne tuera pas le monstre en question, que ce n’est rien, j’en ai des sueurs froides.

Pour encore mieux situer, sachez que ce n’est pas seulement une question d’avoir une araignée en face de moi dans la réalité. Je ne peux pas en voir en image non plus. Dans un documentaire à la télé, dans les films d’Harry Potter, dans un magazine, ou quand Coco décide de m’envoyer les photos en direct des monstres qu’elle vient de tuer chez elle… Tout ça, ça me fait peur. Je me suis déjà retrouvée devant mon magazine Ça m’intéresse que je feuilletais tranquillement et qui d’un coup volait de l’autre côté de la pièce parce qu’ils avaient fait un dossier spécial sur les araignées avec de grosses photos. Hé, rien que de vous en parler par écrit j’en ai des frissons…

Je n’en suis pas au point de ne pas pouvoir écrire ou entendre le mot « araignée » (j’suis pas venue ici pour souffrir ok !! – comprendra qui pourra), mais parfois je me demande si c’est pas limite.

Bref, vous l’aurez compris, si je n’ai pas mis de photo d’araignée pour illustrer ma première peur (vous deviez quand même commencer à vous demander pourquoi il y avait des licornes partout), c’est que je ne peux tout simplement pas taper dans Google image « araignée » et me retrouver face à une page d’horreur pour moi. Et je ne peux pas demander à Coco de mettre une image à ma place au risque de ne plus jamais pouvoir regarder cet article. Alors une licorne c’est bien. Je ne suis pas une connasse, mais j’aime les licornes !

 

Les trains fantômes et le noir

Bon, passons à une autre peur, que je me débarrasse des poils qui viennent de se hérisser sur mes bras.

Je ne suis pas spécialement trouillarde face à telle ou telle créature, vampire, loup-garou, clown maléfique ou tueur en série. Par contre, ce qui me fait peur ce sont les endroits confinés, desquels je ne pourrais pas m’échapper si quelque chose me fait peur. J’ai également peur des mouvements indistincts dans le noir. Et tout ça, me direz-vous, ça se combine dans les trains fantômes. J’ai donc, depuis ma plus tendre enfance, mais encore aujourd’hui, une peur bleue des trains fantômes. Loin d’être à la hauteur de ma phobie suprême, je n’y suis pas à l’aise du tout. J’en ai testé plusieurs lors de mon adolescence, en me faisant violence à chaque fois, mais j’en suis toujours ressortie pâle et agrippée au bras de mon voisin au point de lui laisser des traces. J’ai bien essayé la tactique du « je ferme les yeux tout le long », mais les bruits et les frôlements sans que je puisse voir d’où ça vient, ce n’est pas mieux. J’ai fini par abandonner et je ne fais donc plus de trains fantômes.

Par contre, il y a quand même quelques attractions qui, sans être des trains fantômes, comportent des instants de noir complet. Et ça non plus je n’aime pas du tout. Dans le Big Thunder Mountain de Disneyland par exemple, il y a un petit passage où tout est noir, avec juste des yeux de chauve-souris. Et bien, pendant des années, je fermais les yeux dans ce passage. Pour ne pas voir le noir… Comment ça je suis complètement zinzin ? Mais non, mon cerveau trouve ça logique qu’il fasse noir quand je ferme les yeux, mais pas quand j’ai les yeux ouverts. Il est perdu le pauvre, donc je suis obligée de lui donner à voir quelque chose de logique : il fait noir PARCE QUE j’ai les yeux fermés. Bon, maintenant je les ouvre dans cette attraction, mais depuis peu en réalité…

 

Les bruits suspects dans une grande maison vide ou un lieu isolé

Ma peur des trains fantômes et des endroits sombres est liée à une autre peur chez moi : les bruits et la solitude dans certaines situations.

Mes parents ont récemment déménagé dans un appartement, mais j’ai passé toute mon enfance et mon adolescence dans une grande maison de deux étages, mitoyenne d’un seul côté. Et à partir du moment où j’ai été en âge de rester seule à la maison et où je ne voulais plus forcément accompagner mes parents à la campagne pour le week-end, je suis restée seule certains samedis et dimanches dans cette grande maison.

J’ai précisé « mitoyenne d’un seule côté » parce que je vous assure que ça joue énormément. Quand on entend un bruit suspect venir du côté où on n’est pas censé avoir de voisin, ça fout la trouille. Dans cette maison, il y avait également deux verrières/puits de lumière sur les toits des extensions de la maison au rez-de-chaussée. Sur lesquels les chats du quartier aimaient beaucoup venir se promener. Mais pas des promenades tranquilles. C’était plutôt des bagarres de territoire. Et j’avais beau savoir que ce n’était que des chats, j’ai plus d’une fois eu une trouille d’enfer.

Je me suis retrouvée quelques week-ends à devoir appeler mes parents, en larme et toute tremblante parce que je n’arrivais pas à me raisonner de ces bruits qui me faisaient peur. Et mes parents qui devaient appeler mes grands-parents qui habitaient au bout de la rue, pour venir me chercher parce que je paniquais comme une folle. Jusqu’à 15-16 ans, je me suis donc retrouvée à devoir aller dormir chez mes grands-parents parce que j’étais incapable de rester seule chez moi… Et tout ça après que mon grand-père ait réussi à détacher mes doigts crispés autour du plus grand couteau de cuisine que j’avais pu trouver, pour me défendre…

Et ça, c’est dans la maison en ville de mes parents. Ils partaient où en week-end ? A la campagne. Dans un coin bien isolé où la maison mitoyenne est un lointain mythe, mais les chiens qui bouffent les moutons la nuit une belle réalité (et où les araignées plus grosses qu’une vache existent. J’exagère à peine). Evidemment, je les ai accompagnés plus d’une fois dans cette maison que je chérie énormément (et qui me manque plus que tout, moi qui aie du mal à me faire à la vie parisienne), mais jamais au grand jamais je n’aurai accepté d’y dormir seule. Pour le coup, c’était hors de question. Déjà que quand je m’y suis retrouvée seule avec ma sœur, ce n’était pas la joie, mais alors seule, non merci. Je l’ai fait une fois en réalité, et pas pendant mon enfance. C’était il y a 3-4 ans, quand je devais rédiger mon mémoire de fin d’année. J’avais décidé d’aller m’isoler dans cette maison à la campagne pour être complètement tranquille pour la rédaction. Mais quelle bonne idée j’ai eu ! Les 2-3 premières nuits se sont bien passées, exténuée que j’étais du travail fait dans la journée. Puis est arrivé le vent, qui a décidé de s’infiltrer par les cheminées et de faire des bruits dignes de film d’horreur. J’ai finalement passé une nuit blanche à avancer sur mon mémoire, toutes les lumières possibles de la maison allumées…

Aujourd’hui, je vis en appartement et c’est d’un pratique ! Ben oui, quand je suis seule mais qu’il y a un bruit suspect, mon cerveau décide que ça vient des voisins, donc pas de panique qui se déclenche.

 

Les films et les livres d’horreur

Pour finir, ma dernière peur est un grand classique : la tremblote devant un bon film d’angoisse ou un passage d’un livre rudement bien écrit.

Je ne parle pas des films dit d’horreur comme Saw. Ça c’est juste gore. Moi je vous parle du film où il est inscrit d’emblée dans le générique de début « tiré d’une histoire vraie ». Mais qui est l’imbécile qui a décrété qu’il fallait préciser ça au début du film ? Vous me mettez ça et moi je retranspose tout ensuite dans la vraie vie. Et même sans ça, je me refais le film toute seule chez moi ensuite. Après avoir vu Apparences, impossible de me regarder tranquillement dans un miroir ou de passer des heures dans la salle de bain, par exemple. Après Conjuring, impossible d’ouvrir mon armoire à vêtements sans prendre du recul. Après Shinning, j’ai toujours du mal dans les couloirs d’hôtel vides.

Encore aujourd’hui, je ne suis pas à l’aise quand je vois ce type de film et je passe parfois de mauvaises nuits ensuite. Je fais toujours attention à ce que je ne dorme pas seule dans les prochaines nuits par exemple. Mais je continue à en regarder de temps en temps, j’arrive à me raisonner.

En revanche, sur les livres j’ai beaucoup plus de mal. J’ai lu beaucoup de Chaire de poule quand j’étais très jeune. Ça me fichait une frousse d’enfer, je n’en dormais pas de la nuit et mettais ¾ d’heure à oser sortir la main de la couette pour allumer la lumière, ou le pied du lit pour le poser par terre (on ne sait jamais si un monstre apparaissait pour me chopper après tout). Mais je remettais le couvert dès que les sueurs froides étaient passées. Pour le coup, aujourd’hui je ne lis plus de livres d’histoires angoissantes. Les films j’arrive à surmonter ma peur parce que les images sont déjà présentes et mon inconscient arrive à les contrer. Mais dans les livres, mon inconscient crée lui-même, avec mon imaginaire fertile, les images de l’angoisse. Et du coup il n’arrive pas à faire la deuxième part du travail qui est d’effacer ces scènes terrifiantes. Alors, comme pour les trains fantômes, je ne m’aventure plus dans une dimension que je sais ne pas savoir maîtriser.

Comme vous avez pu le remarquer, je suis donc une grande trouillarde sous tous les angles ! Des peurs assez classiques et poussées relativement loin. En grandissant, elles s’estompent pour la plupart, sauf celle des araignées qui devient même de pire en pire. Mais je ne suis pas pour autant décidée à arrêter de regarder des films d’horreur donc c’est que je dois aimer ça dans le fond. Je suis auto-sadique… Je deviens tout de même un peu plus raisonnable puisque j’ai décidé de ne pas aller voir le nouveau Ça dans une salle obscure, mais d’attendre pour le visionner chez moi sur petit écran, en plein jour.

Bon, après tout ça, je vais aller me regarder un bon épisode des bisounours pour oublier que j’ai dû faire remonter toutes ces horreurs à la surface !

Joyeux Halloween les loulous !