couverture_esHarry Potter de J.K. Rowling. Tomes 1 à 7.

Pouah. Vous allez nous dire que franchement pour un nouveau blog sur la littérature jeunesse, parler de Harry Potter c’est comme rouler en scooter avec un casque de solex[1]. Oui mais voilà, parler de littérature jeunesse sans parler de Harry Potter, c’est comme des épinards sans crème, c’est moche et c’est pas bon. Allez promis après celle-là on arrête les comparaisons foireuses.

Harry Potter, kézako ?

« Je vous parle d’une époque que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaîîîître » …. Ça y est, on y est. Vous ne sentez pas ce fébrile sentiment qui vous court sur l’échine ? Celui d’être témoin d’un événement extraordinaire ? Vous devriez, car voici venir le temps de la fin.

Avec l’arrêt des films, il y a de cela 3 ans, et l’arrêt de la saga littéraire il y a 7 ans (vous sentez le coup de vieux qui arrive ?), Harry Potter est tombé dans la phase « doux souvenir ». Les nouvelles générations ne connaîtront plus le plaisir de patienter entre chaque nouvelle aventure magique. Peut-être même que certains enfants ne connaîtront plus la vraie signification d’ Harry Potter. Pour eux, ce ne sera plus qu’un parc d’attraction auquel ils préféreront surement Disneyland, plus sensationnel, plus varié. Ce ne sera plus qu’un vague nom qui ne leur parlera pas plus que les Beatles. C’est un scenario certes catastrophique, mais tout à fait possible. Rendez-vous compte, il y a encore de notre temps des personnes qui n’ont toujours pas lu la saga, soit par manque de temps, soit par pur esprit de résistance. Alors pour ces personnes-là, nous nous devons de leur expliquer ce qu’est Harry Potter et ce qu’il représente.

L’univers :

Harry Potter, c’est avant tout un personnage de fiction créé par Joanne K Rowling, dit J.K Rowling. Depuis 1997, ses aventures nous ont tenus en haleine pendant sept tomes parus à des intervalles si irréguliers (deux ans séparent le tome 6 du tome 7) qu’ils donnaient lieu à des crises d’hystéries collectives à chaque nouveau tome. Le succès a été immédiat et tel que la saga fut traduite en 70 langues et bénéficia en France de deux Unes de JT. Que peuvent donc bien raconter ces livres pour avoir tant de succès ?

Harry Potter commence de manière très joyeuse : un meurtre, celui des Potter. Harry n’a que quelques mois lorsque le terrible Voldemort, sorcier maléfique, vient pour le tuer. Ses parents meurent en tentant de le secourir. Voldemort a le champ libre pour tuer le bébé, mais, pour une raison inconnue, le sort ricoche et fait disparaitre son lanceur, laissant Harry balafré et célèbre. Dix ans plus tard, Harry Potter vit reclus chez son oncle et sa tante lorsqu’il découvre fortuitement qu’il est un sorcier. On l’envoie alors à Poudlard, école de sorcellerie reconnue partout dans le monde (sorcier évidemment). C’est dans cette école qu’Harry découvrira le vrai sens de l’amitié et de l’amour.

Dit comme ça, l’histoire parait enfantine, mais, et c’est là que réside le coup de génie de l’auteure, Harry et ses aventures grandiront avec le lecteur. Ainsi chaque tome rendra compte de la montée en puissance de Voldemort, jusqu’au tome 4, véritable tournant de la série, où le mal renaît de ses cendres et où la mort fait sa véritable apparition. A partir de là, Harry Potter saute une classe et rentre dans la catégorie roman pour adolescent.

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Huit films ont été nécessaires pour rendre vivant l’univers d’Harry Potter, et même s’ils n’ont pas été tous du goût des lecteurs, ils ont permis de fédérer un nouveau public. A partir de cet instant, plus personne ne pouvait ignorer le nom d’Harry Potter.

Si l’engouement est si grand, c’est que non seulement les personnages sont empreints de réalismes et attachants, mais l’univers de Rowling est riche et merveilleux, au sens propre. On y retrouve tout ce que les enfants recherchent dans les récits surnaturels : les monstres, les créatures farfelues, les fées etc. Comme si l’auteure s’était glissée dans la peau d’un enfant pour faire courir sa plume.

Pourquoi tant de bruit ?

Si Harry Potter se lit toujours aujourd’hui, dans une moindre mesure qu’avant c’est certain, c’est qu’en plus de parler à tous les enfants, il parle à tous les parents. Harry Potter a été l’un des premiers livres jeunesse à fédérer une communauté soudée. De cette communauté est né l’essor de la fanfiction[2], des sites de fans, des cosplays[3] pour le plus grand public, et surtout la création d’un réseau social dédié, Pottermore. Harry Potter va bien plus loin que la littérature. Déjà en sortant des « cadres » du livre pour passer sur grand écran, c’est devenu un phénomène de société et il n’était pas rare de voir des gens déguisés aux avants-premières.

Harry Potter c’est bien plus qu’un livre, c’est une aventure humaine.

couverture_cfHarry Potter et Coco :

Honte à moi. Vous pouvez me huer, me siffler, mais je l’avoue : je n’ai pas lu Harry Potter avant mes 21 ans. Bouh ! Voilà c’est dit. Mais c’est comme ça que j’ai compris la vraie signification de la maxime : Mieux vaut tard que jamais.

C’est en arrivant au tome 3 que j’ai pris conscience que j’étais passée à côté de quelque chose d’énorme. De vraiment énorme. Je n’ai pas connu la Harry Potter mania, ça ne m’a pas empêché de devenir fan.

En deux semaines et quatre jours approximativement, j’engloutis les sept tomes de la saga. D’une part parce que je suis une grande lectrice, d’autre part parce qu’ils savent vous tenir en haleine.

Qu’en retenir ? Je ne dirais pas que les livres sont si parfaits qu’ils seraient exempts de critiques, non, mais ils sont sur la bonne voie. Tout s’y trouve réuni pour en faire un classique : le fantastique, le suspense, de l’amooouuuurrr (sans trop d’épanchement tout de même), de l’amitié, et un univers dans lequel on a envie de se perdre. On y trouve aussi, livre pour la jeunesse oblige, un tas de valeurs morales qu’il est important de transmettre aux jeunes : la valeur du bien, la valeur de l’amitié, la valeur de l’amour, la valeur du sacrifice, j’en passe et des meilleures. Alors bien mieux qu’un beau discours, je vais vous faire une belle liste pour que puissiez y voir plus clair.

Points positifs :

  • Un univers qui fait la part belle à l’imagination
  • Une trame très développée, que ce soit au niveau politique, sociologique ou scientifique, tout se tient.
  • L’humour qui est toujours présent, même dans les tomes les plus sombres
  • Malgré le nombre important de personnages, on retient tous leurs noms et on peut s’y identifier facilement
  • Pour tous les âges

Points négatifs :

  • A force de vouloir trop expliquer le pourquoi des choses, l’auteure se perd un peu dans des discours inutiles.
  • Certains passages peuvent paraître longs au vu du développement de l’intrigue notamment dans le tome 4, où finalement la coupe de feu qui donne son nom au livre n’occupe une place primordiale que dans les derniers chapitres.
  • Les trois premiers tomes ont la même trame narrative : la rentrée, un événement inattendu qui implique Harry, le soupçon qui tombe sur la mauvaise personne et le dénouement qui implique Voldemort.

Harry Potter et Loulou :

S’il y a bien un cycle sur lequel je suis incapable d’être objective c’est bien Harry Potter. Ne me demandez pas de lui trouver des défauts, pour moi il n’y en a pas. Ou s’il y en a, les qualités contrebalancent tellement bien que les défauts s’oublient.

Harry Potter pour moi c’est bien plus qu’un récit de sorciers qui permet à l’imagination de se laisser aller. J’ai commencé la saga à la sortie du troisième tome en France ; j’avais alors 10 ans, tout comme Harry au début de ses aventures. J’ai grandi avec lui, j’ai eu peur avec et pour lui, j’ai pleuré, j’ai ri, je me suis retrouvée dans cet ado en quête d’identité.

Harry_Potter_7_Gallimard_1_Harry Potter ce n’est pas seulement un peu d’amour, beaucoup d’amitié, de la magie et des monstres. On y croit dur comme fer parce que tout se passe dans notre monde. On y croit dur comme fer parce que comme tous les jeunes de 14-15 ans, Harry passe par une crise d’ado où il en veut à tout le monde. On y croit dur comme fer, non pas seulement parce qu’on a besoin de laisser aller notre imagination à ce type de croyance, mais aussi parce que derrière le sorcier farfelu se cache un personnage qui ressent la même chose que nous, lecteur. Tout au long de ma lecture, Harry avait à peu près le même âge que moi, du moins dans les premiers tomes. Pour ceux qui ont vécu la même expérience, on comprend donc tout ce qu’il ressent et on est d’accord avec lui.

Avoir connu l’engouement progressif pour ce personnage et y avoir participé pleinement restera probablement un des plus beaux moments de littérature de ma vie. Quand je les relis aujourd’hui je ne ressens plus tout ce que j’avais ressenti la première fois, je ne suis plus d’accord avec lui quand il fait sa crise d’ado par exemple. Mais je me rappelle ma première lecture et c’est ce sentiment que je garde.

Malgré cette évolution, Harry Potter restera toujours cher à mon cœur car ce sont des tonnes de larmes versées à la mort de certains personnages (je pleure beaucoup plus facilement sur un livre que devant un film) ; des nuits blanches passées sous la couette à vouloir absolument terminer mon chapitre (mais oups, celui d’après a l’air aussi pas mal) ; la permission d’aller chercher, à minuit en librairie, la dernière parution, même si le lendemain il y avait école ; une avant première cinématographique de Harry Potter à l’école des sorciers, entourée de hiboux volants dans la salle ; et surtout un énorme espoir de pouvoir un jour en lire une suite, paradoxalement mêlé d’un refus que l’auteure ne retouche à ses personnages (on sait tous que les suites ne sont pas toujours glorieuses…).

Ce fut également un plaisir de partager ça avec ma maman, qui a suivi ce cylce en même temps que moi et qui me piquait les livres dès que j’avais fini de les lire.

On peut aujourd’hui devenir fan sans avoir suivi les tomes à leurs sorties respectives. Mais je pense qu’il y a quand même une différence entre les fans de la première heure et les suivants. Si je peux souhaiter une chose à tous les lecteurs, c’est de connaître un jour un pareil coup de foudre pour une série et d’avoir le plaisir intense de l’attente entre chaque tome. Là est toute la différence.

Pour résumer :

Points positifs : (même si je suis d’accord avec ceux de Coco également)

  • Une identification facile aux personnages. On a d’ailleurs l’embarras du choix pour son personnage préféré et c’est plutôt sympa de pouvoir se raccrocher à un autre que le héros.
  • Un univers de vieux sorciers stigmatisé par les balais volants et les baguettes magiques, mais tellement bien renouvelé que ce n’est absolument pas ringard.
  • Des ados qui ressentent de vraies émotions d’ados.
  • Une trame très complète et solide, des retournements de situations bien ficelés, des surprises et des dénouements pas complètement fleur bleue.

Point négatif :

  • Les films qui découlent de la série, mais ça c’est une autre histoire et cela fera probablement l’objet d’un article futur.

A lire si vous avez aimé :

  • Amandine Malabul : pour les jeunes lecteurs
  • Tara Duncan de Sophie Audouin-Mamikonian
  • Oksa Pollock de Anne Plichota et Cendrine Wolf

Bonne lecture les cocos et les loulous !


[1] Pour tous ceux trop jeunes pour connaître l’époque du solex, sachez que c’est un engin qui date de l’ère post-préhistorique, qui faisait beaucoup de bruit ainsi qu’un nuage de gaz pouvant rendre vert n’importe quel écologiste. Il servait principalement aux déplacements non urgents avec une vitesse de pointe avoisinant les 30 km/h. Demandez à vos parents, vous pouvez être sûrs qu’ils en ont déjà croisé un.

[2] Pour les non-initiés, la fanfiction est une forme de création littéraire ou artistique particulière. Elle prend obligatoirement appui sur une œuvre déjà existante et en reprend les personnages et/ou l’univers pour leur faire vivre de nouvelles aventures. Cela permet aux fans de continuer à faire vivre leurs personnages préférés.

[3] Déguisements