hunger-games,-tome-1-337660-250-400Hunger Games, la trilogie de Suzanne Collins, parue chez Pocket Jeunesse entre 2009 et 2011.

La dystopie pour les jeunes …

Dystopie ? Vous ne savez peut-être pas vraiment ce que cela veut dire, mais vous êtes certain d’avoir déjà entendu ce mot avant. Et pour sûr, c’est le nouveau mot à la mode pour décrire la non-moins nouvelle tendance littéraire en jeunesse.

La dystopie, c’est le contraire de l’utopie (ça vous arrange bien, hein), c’est-à-dire un récit de fiction dépeignant une société imaginaire où la vie est difficile et dont le modèle ne doit pas être reproduit. Force est de constater qu’effectivement ce genre littéraire s’est beaucoup développé ces dernières années en jeunesse.

Tout comme lorsque Twilight a fait naître un véritable raz de marée vampirique, c’est Hunger Games qui est considéré comme le point de départ de ce genre en littérature jeunesse.

Dans un futur (espérons le) pas très proche, les Etats-Unis ont été séparés en 12 districts, nés de la répression sanglante d’une révolte du peuple. Chaque district a une fonction spécifique et fournit les matériaux nécessaires à la vie. La paix est maintenue par le Capitole, source de pouvoir omniprésent et dictatorial, qui prend son rôle très au sérieux. Si sérieusement d’ailleurs qu’il a mis au point les « Jeux de la faim », les Hunger Games, pour que tous se rappellent ce qu’il en coûte de se rebeller.

Chaque année, durant ces Hunger Games, une fille et un garçon de chaque district sont tirés au sort pour aller passer un petit séjour (pas très sympathique) dans une arène. La règle du jeu est ensuite simple : tuer ou se faire tuer. Le vainqueur, car oui, il n’en reste qu’un, gagne prospérité et célébrité à vie (et de sérieux problèmes mentaux, mais passons).

Lorsqu’elle entend le nom de sa jeune sœur être tiré au sort, Katniss ne peut le supporter et elle se porte volontaire. C’est la première fois qu’une personne se porte volontaire au district 12, et le monde n’est pas prêt de l’oublier.

De la survie d’une seule jeune fille va naître l’espoir d’un monde meilleur et va s’embraser une nouvelle révolte.


hunger-games-tome-2L’avis de Coco :
Autant vous le dire tout de suite, j’ai adoré cette saga. Je ne l’ai pas encore relue depuis trois ans, mais j’en garde un excellent souvenir, tel que je pousse tous mes proches à la lire (avec un succès plus ou moins modéré).

Une semaine (de cours, je précise) pour lire les trois tomes de cette saga, je pense m’en être pas trop mal sortie. En fait, c’est d’abord la bande annonce du film qui m’a attirée. Ce n’est certes pas très logique, mais je me suis dit que l’histoire avait l’air pas trop mal et qu’elle méritait toute mon attention. Alors quand j’ai vu les petits mots magiques à la fin de la bande annonce « adapté de la saga de Suzanne Collins », j’ai couru à la librairie la plus proche.

J’ai dévoré le premier tome à une rapidité hallucinante. Le style est percutant, on rentre tout de suite dans l’esprit de Katniss, et le fait que ce soit écrit au présent rend les actions plus réelles et prenantes. Il n’y a aucun temps mort dans ce premier tome, le lecteur est comme happé dans un tourbillon d’actions, d’informations et de sentiments dont il est impossible de s’échapper.

Le deuxième tome, en revanche, est plus long au démarrage. On nous montre une héroïne un peu plus meurtrie, rongée par la culpabilité. C’est très bien écrit et le final reste … explosif.

Là où par contre les lecteurs pourraient perdre de l’intérêt, c’est le tome 3. Katniss est presque méconnaissable, ce n’est plus la Katniss forte que nous avons découvert au début de la saga. C’est une fille anéantie psychologiquement. Quant au final, même si en y réfléchissant on se rend compte que c’était l’une des seules options laissées à l’auteure, il laisse un arrière-goût de je-ne-sais-quoi dans la bouche. Personnellement je ne m’en suis toujours pas remise. La mort de certains personnages est tellement inattendue, que l’on ressent la même douleur que l’héroïne.

Car oui, même si c’est une saga pour la jeunesse, la mort est omniprésente. La violence également, et pas uniquement la violence physique ; la violence psychologique prend une grande place dans ce cycle.

Une fois, j’ai dit à Loulou que je trouvais Katniss égoïste, mais en y repensant, je suis forcée d’admettre mon erreur. Jamais une personne égoïste n’aurait pu ressentir autant de douleur et de remords face aux événements que l’on a fait subir à Katniss.

Bref, Hunger Games est une saga qui vaut le détour, ne serait-ce que pour sa narration rythmée et sa description de la nature humaine dans les pires aspects.

 

Le recap’ :

Points positifs :

  • Un style rythmé et percutant.
  • Un univers riche et très bien décrit.
  • Une violence maitrisée qui peut amener le jeune lecteur à s’interroger sur celle-ci.
  • Des personnages secondaires aussi bien fouillés que Katniss.

Points négatifs :

  • Quelques temps morts dans les tomes 2 et 3.
  • Le revirement soudain de Katniss dans le tome 3 pourra en refroidir plus d’un.

 

livre-la-revolte-2022-3L’avis de Loulou :

De mon côté, le petit souci avec cette saga, c’est que j’en ai vu les deux premiers films avant d’en lire les livres. Et j’ai toujours du mal à me plonger correctement dans un livre une fois que j’en ai des images en tête. Ayant vu les films au cinéma à leurs sorties respectives, ne les ayant pas revisionnés depuis, et ne me souvenant donc pas forcément de tous les évènements, j’ai tenté l’aventure littéraire, en essayant de faire taire ma mémoire lorsqu’elle souhaitait faire ressurgir un souvenir.

Défi relevé, j’ai réussi à me plonger entièrement dans les deux premiers tomes, sans souci de comparaison directe avec les films. En cause, la très bonne forme de narration, telle que la décrite Coco. On est plongé directement au cœur de l’histoire, on vit tout avec les sentiments de Katniss en premier plan. J’ai vraiment accroché aux deux premiers tomes, je n’ai rien de plus à dire que Coco à ce sujet. Alors quelle déception quand j’ai lu le troisième ! Comme le dit Coco, le troisième, avec son changement radical de comportement chez Katniss, risquait de décevoir plus d’un lecteur. Eh bien j’en fais partie, mais je ne suis pas que déçue, je suis en réalité furieuse.

!!!!!!!!!! Attention, pour pouvoir expliquer mon ressenti correctement par rapport au tome 3, je vais être obligée de spoiler à partir d’ici ! Ne pas lire, si vous ne souhaitez pas connaître certains détails de l’histoire !!!!!!!!!!

Pour faire court, rafraîchir la mémoire de certains lecteurs ou carrément révéler l’histoire pour ceux qui en ont envie :

Tome 1 : Katniss vit les Hunger Games, les gagne, avec Peeta, le garçon de son district. Première fois dans l’histoire des Hunger Games qu’il y a deux vainqueurs. En cause, la menace de suicide des deux candidats, si on ne les laisse pas sortir vainqueurs en couple. Le public voulant un vainqueur, le Capitole est contraint de les laisser tous les deux en vie.

Tome 2 : Le Capitole veut se venger de l’effronterie de Katniss. Les jeux de cette année moissonnent les candidats parmi les précédents vainqueurs et non plus parmi des novices de chaque district. Katniss et Peeta retournent dans l’arène. A la fin du tome 2, Katniss réussit à détruire le dôme protecteur de l’arène et elle est sauvée par les rebelles des autres districts. On comprend que depuis le début, la moitié des autres candidats de l’arène sont là uniquement pour la sauver. Pour qu’elle puisse ensuite être le leader de la révolution qui se prépare contre le Capitole. Peeta, lui, est récupéré par le Capitole.

Tome 3 : Katniss et tous les habitants du district 12 se retrouvent au district 13, après la destruction de leur propre district. Le district 13 était censé avoir disparu après une première révolution quelques années auparavant. Mais il survivait en réalité sous terre. Tout au long du tome 3, on voit la révolution contre le Capitole se mettre en marche. Tous les districts se révoltent un par un et s’unissent. Les rebelles les plus forts, du district 13, ont besoin d’une image forte pour donner de l’espoir aux autres et c’est Katniss qui est choisie, pour représenter le geai moqueur. Mais Katniss ne veut pas de ce rôle.

J’ai adoré les deux premiers tomes parce qu’ils nous montraient une Katniss forte, prête à se battre pour ce et ceux en quoi elle croyait. Une jeune fille prête à mourir pour ses proches. Elle sort vivante deux fois de suite des Hunger Games. Elle ne veut plus subir la pression du Capitole et cherche un moyen de s’évader ou de les contrer.

Et puis tout bascule dans le tome 3. On lui annonce qu’elle va pouvoir faire tout ce dont elle rêvait et renverser le Capitole, mais finalement elle ne veut plus de ce rôle. Elle était forte et combative, on la retrouve en loque, à moitié folle par moments, fuyant toute responsabilité. Je suis d’accord sur le fait qu’avoir vécu ce qu’elle a traversé ne laisse pas indemne et qu’il fallait, pour la crédibilité du personnage, qu’elle ait quelques symptômes de traumatisme. Mais là, je trouve que c’est parti beaucoup trop loin. On la retrouve réduite à presque rien, ne faisant aucun effort pour se redresser, se lamentant sur son sort, se laissant aller à l’état de victime. Se mettant tous les maux du monde sur le dos, non pas pour assumer, mais pour pouvoir mieux se cacher sous une carapace et ne plus rien devoir à personne. Alors que c’est elle qui a lancé la révolte (même si c’est sans le vouloir complètement à la base), elle refuse d’y prendre part dans les premiers temps du tome 3. Elle se lamente sur le sort de Peeta, enfermé et torturé au Capitole, mais sans rien faire pour le récupérer. Finalement, quand elle oblige les rebelles à risquer leurs vies pour aller récupérer Peeta et qu’il lui revient enfin, il a subi un lavage de cerveau qui lui fait voir Katniss comme une monstruosité. Au lieu de l’aider à s’en sortir pour le faire revenir à lui, Katniss fuit encore une fois.

Ne regrette pas de l’avoir trouvée égoïste, Coco, parce que oui elle l’est pour moi. Avoir subi autant de malheurs ne fait pas d’elle quelqu’un de non-égoïste. Evidemment elle ne l’est pas du tout dans les deux premiers tomes, elle est même l’inverse puisqu’elle subit à la place des autres. Mais dans le tome 3, la tendance s’inverse. Le fait d’avoir vécu tout ça la rend justement égoïste. Elle ne pense plus qu’à elle, qu’aux atrocités qu’elle a subi et se terre dans ce malheur. Elle refuse d’en sortir et de venir en aide aux autres comme il se doit. Il faut la forcer à prendre le rôle de geai moqueur. Et dès qu’une nouvelle faille se présente dans le plan, alors qu’elle réussissait enfin à se redresser, elle retombe dans les limbes de la médiocrité.

Jusqu’au bout elle restera une loque, indigne du personnage qu’elle était au début.

Je suis très virulente en parlant de ce livre, j’en ai bien conscience. Mais je ne peux pas faire autrement. J’ai été plus que déçue, je suis furieuse et outragée de ce que l’auteure a fait de son personnage. Cela a été une vraie torture de lire ce tome 3 et de voir ce personnage si fort tomber si bas. Je ne dis pas que personne n’aurait réagi comme Katniss dans la même situation. Mais personne du moins ne se serait laissé aller ainsi. Je pense que tout le monde aurait au moins essayé de se ressaisir. Ou en tout cas, au niveau de la fiction, j’ai trouvé cela très péjoratif de montrer une « héroïne » finir ainsi. Des anti-héros ou des personnages qui finissent mal, en littérature de jeunesse, il en existe. Mais c’est la première fois que j’en rencontre un comme ça.

Cela fait longtemps que je n’ai pas été aussi déçue du revirement de personnalité d’un personnage dans une fiction. Cela m’a plus que refroidie, mais vu le succès de ce cycle, je suppose que cela a plu à d’autres, et tant mieux, il en faut pour tous les goûts !

En espérant que la première partie du tome 3, qui sort au cinéma fin novembre, saura quand même me conquérir !

 

Bonne lecture les cocos et les loulous !