Sans titre

Heartland, de Lauren Brooke

Cette année, j’aurai 25 ans, et presque autant d’années de lecture. Autant dire que j’ai accumulé pas mal de découvertes, de coups de cœur, mais aussi de déceptions. Je ne peux cependant pas dire que je me souviens de toutes mes lectures avec précision, ma mémoire n’est vraiment pas extensible (c’est pas faute d’avoir essayé), mais certaines m’ont assez marquée et restent liées à mes souvenirs d’enfance. Parmi elles, Heartland, écrit par Lauren Brooke, a une place particulière dans mon cœur.

Depuis que je suis toute petite, j’aime les chevaux. C’est peut-être cliché pour une fille, mais c’est comme ça. J’aime leurs mouvements majestueux, la douceur dont ils peuvent faire preuve et le symbole de liberté qu’ils dégagent. Bref, j’aime les chevaux ! Aussi, c’est tout naturellement que la petite lectrice que j’étais s’est tournée vers les romans qui parlaient de ces animaux extraordinaires. 🙂 

Et puis ... ils sont parfois un peu comme nous : pas très fut-fut sur les bords !

Et puis … aussi pour ça !

Si Grand Galop ne m’a jamais fait grande impression, la saga Heartland, en revanche, a été une révélation. Beaucoup plus axée sur les relations hommes/chevaux que les autres sagas équestres, cette série s’inspire des chuchoteurs, ces hommes et femmes qui utilisent des méthodes douces pour dresser et monter les chevaux. A la façon d’un mentalist, ils analysent les attitudes de l’animal pour deviner ce qu’il lui faut. En résulte généralement une relation très proche et assez impressionnante.

P.S : Dans les premières minutes, c’est bien un cheval croisé avec un zèbre que vous pouvez apercevoir. C’est très rare et cela donne un cheval très sauvage 🙂

Mais revenons à nos moutons, chevaux. Heartland, c’est le nom du ranch de Jack Fleming et de sa fille Marion. Cette dernière soigne, avec des méthodes douces, les chevaux jugés trop difficiles par leurs propriétaires et leur évite souvent une fin tragique. Cette passion, elle l’a transmise à Laura, sa cadette de 15 ans. Mais lors d’un terrible accident de voiture, Marion meurt, laissant le ranch à la seule charge de son père et de Laura. Contre vents et marées, ces derniers vont faire vivre le ranch, tout en essayant de se reconstruire. Pour cela, ils peuvent compter sur Lou, l’ainée de Marion, rentrée d’Angleterre après le drame, Scott, le vétérinaire, Soraya, la meilleure amie de Laura et Ted, le palefrenier.

heartland tome 1 cover

Instant Nostalgie oblige : je vous laisse en compagnie des anciennes couvertures

Chaque tome se concentre, plus ou moins, sur l’histoire d’un cheval en particulier, ce qui fait que l’on ne s’ennuie jamais d’un tome à l’autre. Surtout que les relations entre les personnages sont très bien explorées, et pleine de rebondissements. A mon souvenir d’ailleurs, il n’était pas rare que les tomes se finissent sur un cliffhanger (un moment de suspense intense qui t’oblige à courir acheter le tome suivant pour connaître la suite).

Lorsque vous réalisez qu'il vous faudra attendre la sortie du prochain tome pour connaître la suite

Lorsque vous réalisez qu’il vous faudra attendre la sortie du prochain tome pour connaître la suite

Je me souviens que j’adorais tellement cette série que je traînais obligatoirement mes parents en librairie le jour de la sortie des nouveaux tomes et que je les lisais dans la foulée. Bon, le truc c’est que les tomes sont tellement courts (environ 150 pages) que cela ne me faisait même pas trois heures de lecture. C’est un point qui peut donc enthousiasmer les lecteurs peu habitués aux gros pavés, mais pour moi, c’était assez négatif.

Désormais, la série s’étend sur une quarantaine de romans. Je ne peux pas vraiment parler pour les nouvelles parutions, j’ai abandonné la lecture d’Heartland à mon entrée au lycée (soit aux environs du tome 30), mais les premiers sont juste géniaux. L’écriture est fluide et en même temps recherchée. L’auteur arrive même à nous faire ressentir les émotions d’une monte à cheval avec brio et réalisme.

C’est bien beau tout cet amour, mais vous devez vous demander pourquoi un tel accès de nostalgie maintenant ? Et bien figurez-vous que par un après-midi pluvieux, je me suis rendue dans ma bouquinerie préférée pour un ravitaillement en règle. J’avais déjà les bras bien chargés (en BD essentiellement) quand mes yeux sont tombés sur une étagère complète d’Heartland. Mon cœur n’a fait qu’un bond dans ma poitrine et mon esprit a fait un retour en arrière express vers mes années jeunesse. Les couvertures me parlaient (métaphoriquement parlant bien sûr, je ne suis pas encore schizophrène ^^ ). A 2€50 le titre, je ne pouvais décemment pas passer à côté de cette opportunité de replonger en enfance !
Quant à savoir sur quel livre j’allais jeter mon dévolu, le choix ne fut pas aisé.

Finalement, c’est le tome 7 Un jour, tu comprendras qui repartit avec moi. Je me rappelais vaguement qu’il avait été un très bon moment de lecture et que les relations entre les personnages prenaient des tournures inattendues.

tome 7 couverture Heartland

Replonger dans les pages d’Heartland m’a fait l’effet d’un retour à la maison. Rien n’avait changé, tout avait été laissé comme lorsque je l’avais quitté et toutes les personnes que j’aimais étaient là, à attendre (sagement) mon retour.

Ce tome se déroule donc durant la période de fêtes de fin d’année. Pour Laura, c’est le premier Thanksgiving sans sa mère et c’est d’autant plus dur que sa sœur ne semble penser qu’à retrouver leur père, disparu de leurs vies des années auparavant. Heureusement pour elle, Laura peut toujours compter sur son grand-père, le valeureux Jack. Mais depuis quelques temps, sa santé n’est pas au beau fixe. Têtu comme un Fleming, il refuse cependant d’aller consulter un docteur, assurant à qui veut l’entendre que ce n’est qu’un rhume. Bien entendu, c’est plus grave que cela, et il est contraint d’être emmené en urgence à l’hôpital. Laura accuse le coup mais se sent terriblement seule. D’autant plus que ses relations amicales sont perturbées par de nouvelles amourettes. Et comme si cela ne suffisait pas, le poulain dont elle a la charge refuse toute forme d’autorité et se rebelle. La vie à Heartland n’a jamais été aussi morose.

Comme vous venez de le lire, ce tome est particulièrement chargé en émotions. Tout d’abord, vous avez le deuil de la famille Fleming qui vient vous frapper de plein fouet, puis vous avez la crise identitaire de Lou, la grande sœur, qui vient faire coucou, ensuite la maladie de Jack vous fait verser deux, trois petites larmes et enfin la solitude ressentie par Laura vous frappe de plein fouet. Bref, on pourrait croire du coup que ce roman est assez dur à lire, et pourtant c’est tout le contraire. Même si les sujets traités ne sont pas simples, ce tome est un vrai condensé d’espoir. Car on y apprend que oui, il est possible d’avancer dans la vie, même après un drame aussi affreux que la mort d’un parent. Les sentiments de Laura envers un certain garçon, dont je tairais le prénom au nom du spoiler, sont aussi une bouffée d’oxygène.

Je ne m’attendais pas à autant apprécier ma relecture mais ça a vraiment été le cas. Toutes les émotions qui m’avaient assaillie lorsque je lisais cette saga dans ma jeunesse me sont revenues, aussi fortes qu’avant. Cela m’a même donné envie de relire toute la saga. Quelle erreur la plus jeune moi n’a-t-elle pas commise en revendant sa collection ? Père Noël si tu passes dans le coin, sache que ce serait un super cadeau que de trouver quelques titres sous le sapin 😀 (au passage, je te signale que mon anniversaire arrive également 😉 ).

La leçon à retenir de tout cela est donc : Vive les chevaux, vive Heartland ! Non, plus sérieusement, n’hésitez jamais à relire les livres dont vous gardez un excellent souvenir de jeunesse, il ne peut en sortir que du positif !

Bonne (re)lecture les cocos !


BONUS

Depuis 2007 (oh mon dieu, que je suis vieille !), Heartland est adapté en série télévisée. Ce sont même nos amis canadiens qui en ont pris les commandes, et je dois avouer que c’est assez bien fait. Je la conseille aux amoureux de chevaux et de grands espaces canadiens. Sérieusement, cette série donne envie à la fois de voyager et de monter à cheval à travers les landes et les forêts (et ce même si vous n’avez jamais posé vos fesses sur un dada).
Je vous laisse l’épisode 1, là, comme ça, pour que vous puissiez vous faire une idée (de rien 😉 ). Perso, je ne suis pas fan du doublage, mais ça c’est chacun ….