Le cas étrange du Dr Jekyll et de Mr Hyde, écrit par Robert Louis Stevenson et illustré par Simon Moreau, paru fin 2016 aux éditions Marmaille & compagnie

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En cette fin d’année, Babelio a organisé plusieurs masses critiques, comme ils savent si bien les faire. Nous nous sommes évidemment empressées d’y participer et nous sommes ravies car nous avons été tirées au sort pour un livre dans deux masses critiques ! Cette semaine, je vous présente le premier que nous avons reçu, la semaine prochaine, je vous présenterai le second.

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On commence donc par un très grand classique : Le cas étrange du Dr Jekyll et de Mr Hyde. Une nouvelle écrite en 1886 par le très célèbre Robert Louis Stevenson, connu également pour L’île au trésor, entre autres. Sans se vouloir expressément réservé à la jeunesse, Stevenson écrit pour tous, mais est considéré très vite comme un auteur de romans d’aventure et de récits fantastiques pour adolescents. Il est néanmoins reconnu par ses paires grâce à son écriture très travaillée et soignée qui fait voyager le lecteur au cœur du livre, quel que soit le récit.

Cependant, de nos jours, il n’est plus forcément connu de tous, surtout des jeunes. L’île au trésor peut encore être étudié à l’école par exemple, mais point Le cas étrange du Dr Jekyll et de Mr Hyde. Ce qui est fort dommage vu la puissance de cette histoire à faire frémir les plus aguerris. Cela a donc été un plaisir pour moi de redécouvrir ce texte que je n’avais pas lu depuis longtemps, illustré magistralement par Simon Moreau.

Une petite piqûre de rappel ou de découverte, pour ceux qui n’auraient pas l’histoire en tête : Le docteur Jekyll, un philanthrope obsédé par sa double personnalité, met au point une drogue pour séparer son bon côté de son mauvais. C’est ce dernier qui, nuit après nuit, prendra finalement le dessus et le transformera en monstrueux Mister Hyde. Gabriel John Utterson, notaire de son état, enquête sur le lien étrange entre Edward Hyde et le docteur Henry Jekyll. Mais ce qu’il va découvrir lui glacera le sang.

N.B : Malgré l’utilisation du mot « album » que je fais dans cet article pour le rapprocher de son format et de la volonté des éditeurs de le légitimer autrement, il est bien classé dans la section des « romans » sur notre site pour respecter son genre premier.

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Un très grand classique, que j’ai donc redécouvert avec bonheur. Je l’avoue, au début je m’étais dit que je ne regarderais que les illustrations, comme j’avais encore l’histoire en tête. Mais le très grand format du livre (25 x 36 cm) et la somptuosité des images qui frappent dès l’ouverture du livre, m’ont donné envie de rester plongée dans les pages un peu plus longtemps et j’ai donc relu l’histoire, pour m’accrocher quelques instants de plus à ce magnifique ouvrage.

Avant même de découvrir l’intérieur de l’album, la couverture est magnifique. Tout simplement le Dr Jekyll sur la première, Mr Hyde sur la quatrième. Traits, visages et couleurs annoncent d’emblée l’étrangeté du récit et instaurent même un malaise, qui colle parfaitement avec l’histoire. Cette couverture augure parfaitement de ce qui va suivre.

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Car l’intérieur reste tout autant dans l’étrange, avec une atmosphère lourde et pesante. Bien évidemment dans l’histoire, mais surtout, dans les illustrations. Même sans lire et connaître le récit, rien qu’en feuilletant les pages, on peut immédiatement se rendre compte du thème ou du genre. On sait que l’on sera plongé dans une histoire à la limite du sordide. Que ce soit les petits dessins glissés comme des encarts au fil du texte, les illustrations qui garnissent le bas d’une page pour donner un ton au passage du récit ciblé, une page entière montrant une scène intense ou les trois magnifiques doubles pages qui exaltent la profondeur du travail de l’illustrateur, tout ce qui est né des crayons (ou je ne sais quelle technique il utilise) de Simon Moreau est intense.

C’est un réel travail d’artiste que nous offre l’illustrateur ici. La plupart de ses planches sont réalisées en couleur, dans des tons ternes, qui appuient le côté dramatique du récit, mais ne le rend pas le moins du monde austère. Les couleurs sombres, qui jalonnent absolument tout le livre, pourraient paraître fades et ne pas donner envie de le lire. Mais c’est tout le contraire. On est happé par ces illustrations qui nous plongent au cœur de l’histoire. Il y a ensuite quelques dessins réalisés en noir et blanc avec un coup de crayon beaucoup plus hachuré. Ce sont la plupart du temps de petits encarts (tandis que toutes les grandes illustrations sont en couleur), mais ils sont tout aussi prenants. Une double page est ainsi réalisée, mais je ne vous la montre pas, pour vous donner envie d’aller la voir par vous-même. Elle est magnifiquement travaillée et sublime la scène qu’elle illustre. Enfin, pour terminer le récit sur les aveux du Dr Jekyll dans une lettre, on passe sur un fond de papier qui fait penser à un vieux journal, tandis que les illustrations sont teintées de vert et enrobées dans un nuage vaporeux, pour faire comprendre que ce sont des épisodes de souvenirs qui se placent dans cette lettre.

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Cette adaptation est donc une pure réussite à mes yeux ! D’autant plus qu’un soin particulier est apporté à l’ouvrage en lui-même. On ne laisse pas le lecteur avec un livre au papier si fin que l’on voit à travers ou qui se corne à la première anicroche, mais avec un papier épais, qui correspond parfaitement à la grandeur de l’histoire, du format et des illustrations.

Un petit bijou de bout en bout !

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Un grand merci à Babelio d’avoir permis cette découverte et aux éditions Marmaille & compagnie de compléter ma bibliothèque si joliment !

Bonne lecture les loulous !