La Faucheuse, tome 1, de Neal Shusterman,

 

Bonjour à tous ! 

Alors qu’en ce moment, on ne parle plus que beau temps et de bébé royal (yep, la famille royale britannique s’est encore agrandie), moi, j’ai décidé d’égayer votre journée avec un sujet beaucoup plus palpitant : la mort ! 
Je sens un léger coup de froid parcourir soudainement cette chronique. Mais pas de panique, le sujet a beau être, comment dire, délicat, lugubre et fatal, le roman que je vais vous présenter en revanche vaut vraiment le détour. Et je vous le garantis 0% gore !

Dans la série des « livres qui me font de l’œil mais que je ne lis que bien après leur sortie », je vous présente donc La Faucheuse,  premier tome d’une trilogie écrite par Neal Shusterman. Avec sa couverture aux lignes épurées et aux couleurs attirantes, ce roman titillait ma curiosité au plus haut point. Seulement lors de notre rencontre, mon banquier m’a fait clairement comprendre que nous n’étions pas fait l’un pour l’autre. Quel manque de professionnalisme, je vous le dis ! Dire que j’ai failli passer à côté de cette saga fascinante. C’est finalement Amazon qui, en me laissant lire un extrait du tome 1, m’a définitivement poussée à ramener ce livre à la maison. Comme quoi, le géant d’internet n’est pas si diabolique que ça. 

La Faucheuse se déroule au milieu du 3ème millénaire. La société a évolué, elle est désormais gouvernée par un ordinateur omniscient, le Thunderhead, qui offre à tous la connaissance absolue sur tous les sujets. Mais la société est surtout immortelle : les maladies ont été éradiquées et le corps de chacun peut être régénéré à l’infini. Cependant, pour faire face à l’augmentation constante de la population, le Thunderhead a mis sur pied une communauté de Faucheurs, chargés de tuer (« glaner ») le surplus de population de manière aléatoire et complètement objective. Ces faucheurs sont au dessus de toutes lois, et ne doivent rendre de compte qu’à leur communauté. Aussi craints que respectés, ces faucheurs vivent pour la plupart en marge de la société et effectue leur travail avec une glaçante efficacité. 
Lorsqu’ils sont sélectionnés pour devenir apprentis faucheurs, Citra et Rowan sont tétanisés. Ils ont ce métier en horreur, mais les avantages qu’on leur offre sont si puissants qu’ils ne peuvent refuser « l’offre d’emploi ». Contre vents et marées, ils font leur possible pour se montrer digne de leur maître et comprendre l’importance de leur mission. Mais seul l’un des deux adolescents sera choisi comme apprenti à part entière, et lorsqu’il devient clair que la première tâche du vainqueur sera de glaner la vie du perdant, Citra et Rowan se retrouvent dressés l’un contre l’autre par leur propre communauté.

Citra et Rowan arriveront-ils à rester amis malgré leur fin programmée ?

J’ai tout de suite accroché à l’univers futuriste composé par l’auteur. Ici, point de science fiction à outrance. Le monde de Citra et Rowan ressemble comme deux gouttes d’eau au notre, à ceci près que la mort n’existe plus en tant que telle. Comme le dit si bien l’un des personnages, la mort dans notre monde est une certitude, tandis que dans le leur, c’est une exception, une infime possibilité. Cela n’empêche pas les personnes sélectionnées pour être glaner de redouter leur fin, mais le rapport à la mort est ici très différent de tout ce que nous connaissons aujourd’hui. En cela, le livre se fait assez philosophique, et chaque chapitre se retrouve entrecoupé d’une page de réflexion de la part d’un des personnages faucheurs.

Les faucheurs, ces êtres humains pas si différents de nous

L’autre point positif de ce livre est qu’il est bourré de surprises et de retournements de situation. Pour une fois, j’étais agréablement surprise par les coups de théâtre, parce que je n’en ai vu venir aucun. C’était rafraîchissant. A chaque fois que l’on croyait avoir compris l’histoire, un élément perturbateur venait tout remettre en question ! Du coup, ce roman m’a vraiment captivée. Jusqu’au bout, je me suis demandée comment les deux apprentis faucheurs allaient se tirer du guêpier dans lequel on les avait jetés. Le suspense est à chaque page mais il est surtout présent jusqu’à la dernière.
De plus, le premier livre se conclut de manière brillante. Il n’y a pas de cliffhangers, il n’y a pas une nécessité vitale pour comprendre l’histoire de lire le reste des aventures de Citra et Rowan. Cela n’empêche pas que je lirai le second tome, mais pour une trilogie, c’est assez rare pour être souligné.

La Faucheuse, tome 2

Côté personnage, je les ai trouvés tous assez attachants. L’auteur ne se concentre pas que sur le côté des « gentils », au contraire, il prend le temps de nous dévoiler la face obscure de la communauté des faucheurs. Il nous montre ce que le plein pouvoir peut produire. Loin de la traditionnelle opposition bon contre mauvais, l’histoire se focalise plus sur les points de vue moderne et classique qui règnent parmi les faucheurs. Les dérives extrémistes sont ici présentées avec des arguments. L’auteur laisse libre choix au lecteur d’adhérer ou non à ces arguments. J’ai trouvé cela des plus intéressants, car pour moi, c’est un exemple de plus que les idées extrémistes peuvent apparaître parfois comme censées, et que c’en est le principal danger.
Quand je vous disais que ce roman avait une âme philosophique.

En bref, je dirais que les aventures de Citra et Rowan sont excellentes. J’ai passé un agréable moment en leur compagnie, oscillant entre complots, trahisons, et coups de théâtre. Moi qui pensais m’être embarquée dans une simple affaire d’apprentissage de la Mort (ce qui aurait été aussi sympa), je me suis retrouvée bien au delà de mes espérances, à mon plus grand bonheur. Reste plus qu’à convaincre mon banquier de me laisser lire la suite ! 🙂 

 

Bonne lecture les cocos !