La Faucheuse, Thunderhead, de Neal Shusterman

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, malgré le soleil qui frappe toujours aussi fort, malgré les vacances de quasi toute la France, et malgré notre concours de l’été, je vais venir ternir l’ambiance festive de l’été en vous parlant d’un sujet pas très joyeux : la mort !

Mais, diront les plus attentifs d’entre vous, ne vous ai-je pas déjà fait ce coup là récemment ? La réponse est oui, et même que si vous avez loupé mon superbe article sur la Mort n°1, aka La Faucheuse tome 1, vous pouvez vous rattrapez ici.
Sinon, vous pouvez rester avec moi pour découvrir la suite des aventures de Rowan et Citra, nos deux faucheurs préférés. Attention toutefois, je compte spoiler à grands flots, aussi si vous n’avez pas lu le tome 1, et que vous comptez le faire, je n’ai qu’un seul conseil à vous donner : « Fuyez, pauvres fous ! »

Dans un monde futuriste, la mort a été déjouée grâce aux progrès scientifiques. Les humains vivent désormais leurs vies infinies sous l’œil bienveillant du Thunderhead, l’intelligence artificielle qui régit tout sur Terre. Cette intelligence règne sur le monde de manière équitable et attentionnée ; son savoir est infini et sa surveillance s’étend à chaque recoin de la planète. Cependant, pour empêcher un accroissement de population exponentiel et potentiellement fatal  pour notre monde, une Communauté de Faucheurs a été créée. Son but ? Ôter la vie des gens de manière objective et respectueuse. A la fois craints et vénérés par la population mondiale, les Faucheurs bénéficient d’un statut particulier dans la société. Ils sont au dessus de toutes lois, et surtout ils ne rendent de compte à personne. Le Thunderhead lui-même a interdiction d’intervenir dans la Communauté.

Comment je vois les Faucheurs

Mais au fil des siècles, le pouvoir et la corruption se sont insinués dans les rangs de la Communauté, la scindant en deux groupes de Faucheurs : le Nouvel Ordre, prônant le plaisir de donner la mort, et l’Ancienne Garde, gardien des valeurs fondamentales de la Communauté. L’affrontement entre les deux parties est aussi féroce que furtif, et lorsque Citra et Rowan, deux adolescents ordinaires, acceptent de devenir apprentis faucheurs, ils ne se doutent pas une seule seconde être entrés dans l’engrenage mortel des Faucheurs.

Alors qu’ils sont plus comme ça.

Bien qu’amis, Citra et Rowan font être forcés de s’entretuer pour gagner le titre de Maître Faucheur. Manipulés de toute part, ils vont se rebeller contre leur propre Communauté pour gagner leur liberté. La fin du tome 1 les laissait alors séparés, Citra, revêtant le manteau de Maître Faucheur, tandis que Rowan entre en clandestinité.

Le tome 1 était une vraie surprise pour moi avec un univers aussi original que prometteur, et il va sans dire que j’attendais le tome 2 avec une grosse impatience. Malheureusement pour moi, le résultat de ma lecture fut plus que mitigé.

L’univers est toujours aussi magistral, il n’y a pas à dire. L’accent est même mis sur l’importance du Thunderhead pour la population mondiale. On lit ses pensées entre chaque chapitre et j’avoue avoir bien aimé ces passages durant lequel on peut avoir un aperçu du raisonnement d’une intelligence artificielle. Mais paradoxalement, cet univers complexe est aussi ce qui a pêché sur ce second tome. Entre l’explication de l’importance du Thunderhead, le côté politique intense de l’intrigue et l’approfondissement de la religion des Tonistes, cela fait beaucoup d’informations à assimiler pour le lecteur. D’autant plus que cela prend le pas sur le développement de l’intrigue et des personnages.

J’étais pourtant heureuse de retrouver les Faucheurs en action. Citra et Rowan étaient mes deux personnages préférés, et pour cause, tout le premier roman était raconté de leurs points de vue, en alternance entre l’un et l’autre. Autant dire qu’il était impossible de ne pas tomber « amoureux » d’eux. Mais voilà, le second tome casse le rythme imposé dans le premier volet. Fini l’alternance de point de vue, bonjour la multitude de points de vue. De nouveaux personnages font également leur apparition rendant la lecture assez chaotique. On ne sait plus en début de chapitre qui on est en train de suivre.

Alors que le tome 1 m’avait donné envie de savoir la suite des aventures de Citra et Rowan, je me suis ici retrouvée à suivre les aventures d’inconnus ou presque. Les enjeux n’ont pas le temps de véritablement s’installer. J’ai pourtant lutté de tout mon cœur pour aller jusqu’au bout de l’histoire, malgré le fait que mes héros n’apparaissait que très peu sur la longueur du récit (Citra a eu plus de chance et de présence ceci dit que Rowan heureusement), et je fus récompensée de ma ténacité.

Car si la moitié du roman est mou, se perd en des quêtes improbables ou des histoires politiques pas vraiment intéressantes, la fin du second tome redonne toutes ses lettres de noblesse à celui-ci. Finalement, dès le moment où l’auteur redonne vie à l’essence du premier tome (le schisme au sein de la Communauté, la rébellion de Citra et Rowan, etc.), tout s’accélère et les coups de théâtre se succèdent. La fin m’a enfin donnée de quoi m’émerveiller et me stresser. Car, oui, malgré tout ce que j’ai pu dire sur ce second tome, la fin est tellement grandiose que je lirais sans hésitation la suite de la saga !

En bref, un second tome qui a l’air de perdre son charme et se noie dans des mystifications non nécessaires à l’intrigue pour finir en apothéose. Une lecture en demi-teinte donc que je recommande donc quand même, mais uniquement à ceux qui ont adoré le tome 1. Si déjà le tome 1 vous a laissé un goût moyen en bouche, je vous dirais de passer votre chemin !

Et puisque je suis gentille, je vous laisse avec le trailer de la saga :

Bonne lecture les cocos !