Halloween

Halloween. Une fête commerciale me direz vous, sans grand intérêt festif et qui consiste à se faire piller notre réserve personnelle de bonbons. Et les bonbons c’est sacré. Soit. Mais ça c’est surtout la vision (très) étriquée de cette fête en France, car partout ailleurs dans le monde, Halloween revêt une toute autre signification. Alors en ce 31 octobre je vous propose de faire le tour (historique et littéraire) de cette superbe fête.

Contrairement à ce que beaucoup de français semblent penser, Halloween n’est pas une fête commerciale,  mais bien une fête liée à la religion.

Apparue au temps des druides vers 300 avant J.C, Halloween (qui ne portait bien évidemment pas ce nom là à l’époque) était un moyen de veiller sur les esprits des morts. On célébrait alors la divinité Samhain. La croyance populaire voulait que cette nuit d’halloween soit celle où les morts aient le droit de revenir voir les vivants. Et je tiens à rappeler (pour ceux qui n’auraient pas bien lu Asterix en étant petit) que les druides et leurs cultes étaient présents en France. Lorsque les romains débarquèrent,  ils permirent aux populations conquises, dont les gaulois (on insiste jamais trop), de conserver certains de leurs cultes. Leur célébration de Samhain en faisait partie. Les romains introduirent également une autre célébration, très chère à leurs yeux, celle de tous les saints. Mais ce n’est véritablement qu’en 840 que la Toussaint, comme nous la connaissons aujourd’hui,  trouve son origine. A cette date, le pape Gregoire IV declara que cette toussaint serait également l’occasion de célébrer les morts … chrétiens. C’est à partir de ce moment là que le nom d’halloween prit une véritable signification : Halloween étant la contraction de All Hallows Eve (la veillée de tous les saints ou la veillée de Toussaint).

Dorénavant,  on préfère en France délaisser cette fête ancestrale pour la plus religieuse. Mais en Irlande, les habitants ne se sont pas faits prier pour développer tout un folklore imaginaire autour d’halloween. L’Irlande n’est bien évidemment pas le seul pays à avoir développé cet imaginaire d’Halloween, mais j’aime bien leurs légendes, et puisque c’est aussi principalement grâce aux irlandais que les États-Unis célèbrent désormais Halloween, autant leur rendre hommage. Je disais donc que ces joyeux irlandais avaient imaginé tout un folklore bien sympathique et ont donné naissance à une des plus célèbres légendes d’Halloween : celle de Jack’O’Lantern. Cette légende nous vient d’un conte irlandais qui a conquis le monde entier (sauf la France, si vous suivez bien), et a donné une nouvelle vie à bien des citrouilles. En version abrégée,  voici ce que ça donne :

Stingy Jack est un vieil ivrogne avare qui est connu de tous pour sa méchanceté. Il est tellement méchant que le Diable en personne en vient à connaître son nom. Le Diable décide alors de lui rendre une petite visite et de le punir pour tous ses vils méfaits. La punition est d’ailleurs toute trouvée : Jack repartira avec le Diable aux enfers. Sur Terre, le Diable trouve Jack titubant à la sortie d’un pub. Il le condamne fermement et lui demande de le suivre. Jack accepte, mais à une seule condition : que le Diable lui offre un dernier verre dans un pub.  Le Diable n’y voit aucun inconvénient. Arrivé au comptoir du pub le plus proche, Jack cherche en vain de la monnaie pour payer. Étant dans un bon jour, le Diable décide de lui payer sa maudite bière et se transforme en une pièce de six pences. Mais au lieu de payer sa note, le fourbe Jack attrape la pièce et la glisse dans sa poche juste à côté d’une croix en argent. Le Diable ne supporte pas le contact avec la croix et ne peut plus se transformer. Jack lui propose de le libérer uniquement s’il le laisse tranquille pendant dix ans. Le Diable n’a pas vraiment le choix et accepte le marché. Je ne vous dis pas à quel point le Diable est furieux lorsqu’il se repointe dix ans plus tard (ils ont la rancune tenance aux enfers, il paraît). Jack accepte à nouveau de suivre le Diable mais lui demande au préalable d’aller lui cueillir une pomme. N’ayant pas vraiment retenu la leçon,  le Diable grimpe à l’arbre pendant que Jack encercle le dit arbre avec des croix. Cette fois ci Jack demande au Diable de le laisser tranquille pour toujours.  Et encore une fois, ce dernier n’a d’autre solution que d’accepter. Bien des années passent et Jack, comme tous hommes, poivrot qui plus est, meurt. Il se retrouve plein d’espoir devant les portes du paradis. Seulement Saint Pierre n’est pas vraiment d’humeur à le laisser passer et l’envoie devant les portes de l’enfer.  Autant dire que Jack n’en menait pas large. Le Diable, lui, par contre attendait sa revanche depuis un bout de temps. Il rappelle à Jack la promesse qu’il lui a faite : celle de le laisser tranquille à jamais. Jack ne peux donc pas non plus entrer en enfer. Il ne lui reste plus qu’une solution : revenir hanter la Terre. Mais le chemin est sombre et terrifiant, Jack a besoin de lumière.  C’est le Diable qui lui offre, sous forme de braises qu’il met dans un navet en guise de torche. Depuis ce jour, Jack erre entre le monde des vivants et celui des morts, une lanterne à la main

C’est pourquoi ceux qui célèbrent Halloween creusent des lanternes dans des citrouilles,  pour éloigner Jack de leur maison.

Je n'allais quand même pas vous traumatiser en mettant une image diabolique ... (quoi que vous l'avez échappé belle)

Je n’allais quand même pas vous traumatiser en mettant une image diabolique … (quoi que vous l’avez échappé belle)

Je ne veux pas ici pointer du doigt ceux qui n’aiment pas Halloween.  On a parfaitement le droit de ne pas aimer quelque chose ; j’aimerais juste qu’on arrête de donner de fausses excuses pour se justifier. Alors voilà, j’espère au moins vous avoir appris deux ou trois trucs aujourd’hui.  Et pour les pro-Halloween vous trouverez quelques arguments pour contrer les mauvaises langues avides de stéréotypes rapides.

Et comme la lutte pour le rétablissement de la vérité se fait dès le plus jeune âge,  je vous propose une (petite) sélection de livres bien pensés pour la jeunesse :

  • Dis-moi, qu’est ce que c’est Halloween, de Christel Desmoinaux

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  • La Grande peur d’Halloween,  d’Alain Surget

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  •  L’étrange Noël de mr Jack, de Tim Burton

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  • Halloween, d’Olivier G.Boiscommun

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Osez me dire qu'ils ne sont pas mignons ?

Osez me dire qu’ils ne sont pas mignons ?

Happy Halloween les cocos !


Bonus : Un peu de chanson pour se mettre dans l’ambiance !