La Passe-miroir, tome 1 (2013) et 2 (2015), écrits par Christelle Dabos et publiés chez Gallimard

Le confinement réussi plus ou moins bien à tout le monde. Sachant que Loulou et Coco sont toutes les deux en zone rouge, le déconfinement ne se ressent pas tellement pour le moment. Loulou continue le télé-travail et la fameuse continuité pédagogique, et Coco s’est recyclée en super-couturière-de-la-mort-qui-tue pour sauver tous les membres de son entourage ! On y voit tout de même des bons côtés : le temps infini pour lire !!! Bon en vrai, y en a parfois même un peu trop, parce que nos PAL qui vacillaient dangereusement tellement elles étaient conséquentes, commencent inversement à diminuer dangereusement, au point qu’on frise la syncope en commençant à se demander ce qu’on va bien pouvoir lire après.

Loulou a mis ce temps à profit pour ENFIN lire la saga de La Passe-miroir ! Et pour torturer Coco, qui l’ayant lu il y a belle lurette, n’en peut plus de ne pas pouvoir discuter de la fin. On sait qu’il y a déjà un millier d’articles sur cette saga, mais on ne peut tout de même pas résister à l’envie de vous faire part de nos avis. Surtout qu’on s’est toutes les deux retenues de lire toute critique sur les différents volumes durant ces derniers mois, pour ne pas risquer un spoil. On va tout de même vous éviter 4 articles avec 1 par tome, on se montre raisonnable : 2 articles, tomes 1+2 et tomes 3+4, histoire de suivre la coupure temporelle du récit (plus de deux ans séparent chronologiquement le récit entre le tome 2 et le 3).

Bon, si on ne vous a pas déjà perdu, voici donc nos avis sur les deux premiers tomes de cette fameuse saga. Et nous avons décidé de vous offrir deux avis : un avec risque de spoil chez Loulou et pour ceux qui n’ont pas encore lu la saga, un sans spoil chez Coco. A vous de choisir !

Attention : cette série étant déjà bien connue, nous estimons que vous êtes assez grands pour aller zieuter un résumé ailleurs.

L’avis de Loulou :

Je voulais faire un zoli petit tableau avec les + et les -, mais je me retrouve les bras ballants, parce que je réalise que je n’ai pas trouvé beaucoup de points négatifs. Si j’ai mis si longtemps à plonger le nez dans ce récit, c’est parce qu’il a eu tellement de succès que j’ai eu peur de ne pas suivre l’engouement général et qu’il ne me plaise pas. Grand bien m’en fasse, j’ai été très agréablement surprise par tout ce bel univers.

Je commence donc par les quelques rares points négatifs, histoire de s’en débarrasser de suite. Dans le tome 1, l’héroïne Ophélie m’a un peu insupportée au début. Je ne comprends pas l’utilité de ce nez qui coule en permanence, ça n’apporte rien au récit, c’est même gênant à la lecture je trouve. Ophélie n’est d’ailleurs pas bien dégourdie (je ne parle pas de sa maladresse qui est expliquée et valable), très timide, une voix que personne n’entend, ne sachant pas se démarquer de l’ombre de sa mère et de sa famille en général. Assez insipide en somme. Non franchement, Ophélie ne m’a pas plu du tout au début. C’est l’écriture de l’autrice, l’univers, les nouvelles formes de magies et d’autres personnages qui m’ont permis de rester accrochée au livre. En réalité, c’est le seul point négatif que je trouve aux deux premiers tomes. Il n’est pas des moindres, car ne pas aimer un héros dans un livre est souvent rédhibitoire. Mais heureusement, le reste est tellement bien ficelé, que j’ai continué ma lecture et je ne le regrette absolument pas.

En effet, surtout à partir du tome 2, cette fameuse héroïne évolue beaucoup. Elle s’affirme de plus en plus, son nez la laisse tranquille, son caractère se développe, elle prend en maturité et en indépendance. Et je dois bien avouer que ce que j’ai tout de même adoré dans ce personnage c’est le fait qu’elle aille chercher de l’aide quand elle en a besoin. S’il y a bien une chose que je déteste dans les romans jeunesse, c’est quand les rebondissements de l’intrigue n’ont lieu que parce que le héros est trop fier, prétentieux ou immature pour demander de l’aide. Quand il lui arrive un pépin ou qu’il apprend un secret qui pourrait changer le cours de l’histoire, au lieu de partager et de régler vite fait le contre-temps, le héros garde ce détail pour lui et du coup toute l’histoire tourne autour du fait qu’il n’a pas eu la présence d’esprit d’en parler à quelqu’un. Vous savez, comme dans les films où vous vous dites « m’enfin, personne n’aurait réagi comme ça. Moi j’aurai fait ça et ça serait passé comme sur des roulettes ». Eh bien non, les héros jeunesse aiment faire poser l’intrigue d’un livre sur une action bête de leur part. Dans les deux premiers tomes de La Passe-miroir, ce n’est pas du tout le cas et j’ai fortement apprécié. Certes, Ophélie a un don pour s’attirer des ennuis. Mais, de 1, c’est largement expliqué et crédible de par sa position à la cour, de 2, elle n’hésite pas à aller demander de l’aide (principalement à Thorn, Gaëlle ou Renard). Ce qui fait que l’intrigue, les rebondissements, les actions, ne tournent pas autour d’éléments qui auraient pu être réglés en deux minutes, mais ont une vraie consistance. Le tout rend la plupart du récit très prenant. L’autrice a le chic pour réussir à me faire coucher à 5h du mat, parce qu’il est impossible de lâcher le livre à la fin d’un chapitre !

Même si j’ai eu du mal à m’accrocher à Ophélie, il y a pléthore de figures auxquelles on peut s’attacher. Toutes ont un caractère, souvent bien trempé, qui permet de s’accrocher au récit et d’avoir des coups au cœur quand il leur arrive quelque chose. On apprend même à aimer les « méchants » de l’histoire. Farouk est un personnage intéressant, qu’on ne peut pas complètement détester. La marraine et tante d’Ophélie, Roseline, irritante au début devient le pilier de la jeune fille dans ce nouveau monde. Bérénilde, malgré son masque d’intransigeance et de froideur, on apprend à l’aimer.

Thorn est pour moi l’excellence. Un personnage au caractère vraiment pas attachant et pourtant on ne peut s’empêcher de l’apprécier. Quel que soit ce qu’il se passe dans le récit, il est fidèle à lui-même, renfermé, taciturne et donne l’impression de n’en avoir rien à faire de rien. Et pourtant, je l’aurais en face de moi, je voudrais lui faire un gros câlin pour le détendre :p

La fin du tome 2 m’a surprise. Je ne m’attendais pas à ce qu’une figure de Dieu vienne s’incruster d’un coup, un peu sans prévenir et de manière aussi forte. Je n’aime d’ailleurs pas tellement que l’on place Dieu dans un récit contemporain. C’est une figure souvent trop désuète et je ne supporte pas la gloire qui lui est portée. C’est pour cela que j’ai finalement bien aimé la représentation de Dieu dans cette fin de tome 2 : c’est un personnage exécrable, dévastateur, immoral, égoïste, avilissant. Une toute autre image du Dieu tout puissant, qui donne de la fraicheur au récit et qui m’a permis de bien accrocher à cette fin. Les derniers chapitres du tome 2 m’ont d’ailleurs tenue en haleine comme rarement un roman ne l’a fait. A chaque fin de paragraphe je me disais « oh je suis sûr qu’il va se passer ça », et que mes souhaits se réalisent ou non, je finissais par me dire « ohlala mais c’est trop bien pensé ! ». J’ai eu la chance de pouvoir lire tous les tomes à la suite, mais je me rends compte que pour les lecteurs de la première heure, l’attente a dû être insupportable. Ce n’est pas comme dans les Harry Potter où la fin de l’année scolaire se clôturait tranquillement à chaque fin de tome, là on a le droit à un rebondissement à chaque fois.

J’ai hâte de passer à la suite, mais pour le moment mon tome préféré est le 2 et mon personnage fétiche Thorn.

L’avis de Coco :

C’est à mon tour de vous parler de cette magnifique saga qu’est La Passe muraille. Comme Loulou, j’en avais entendu parler il y a belle lurette, mais je refusais de passer le cap de la lecture car je suis un peu bornée comme fille. Du coup, plus on me disait que c’était super, plus je ne voulais pas y croire. Logique, n’est-ce-pas ? Mon cerveau a un mode de fonctionnement très à lui il faut croire J

Mais il y a un an, lors de la réouverture de ma superbe bibliothèque de ville, je suis tombée nez à nez avec le premier tome. J’ai alors décidé qu’il était temps de lui laisser sa chance. 528 pages plus tard, je peux vous dire que ce fut une des décisions les plus sages de ma carrière de lectrice.

Beaucoup de choses ont déjà été écrites sur cette saga, car elle date de 2013. Mais pour ceux qui, comme nous, ne l’ont pas encore découverte, laissez-moi vous conter un univers merveilleusement original.

Ophélie est une jeune fille chétive, dont la maladresse et la discrétion sont la marque de fabrique. Sa vie est chamboulée le jour où elle est fiancée contre son gré à Thorn, du puissant clan des Dragons. Elle doit alors quitter son arche natale pour le suivre jusqu’à la Citacielle, capitale flottante du Pôle, et capitale des complots.

Dès le premier tome, même dès les premières pages, nous sommes plongés dans un monde original et fantastique peuplé d’arches, véritables villes flottantes, de trahisons, de complots, et de pouvoirs. Ces derniers sont héréditaires et sont parfois bien redoutables. L’écriture de l’autrice rend la chose tellement vivante, que les pages se tournent d’elles-mêmes. D’autant plus que les rebondissements sont légions. Ne vous attendez pas à trouver les réponses aux mystères qui se dressent sur votre lecture, c’est peine perdue. Vous voilà embarqué dans un voyage littéraire de quatre tomes avec du mystère et de l’aventure.

Les personnages sont également très attachants. Mais sans surprise, comme Loulou, je n’ai pas accroché au départ au personnage principal. Ophélie ne m’a pas convaincue, mais l’univers oui, alors je me suis accrochée et j’ai fini par l’accepter dans mon cœur. Comme quoi, la première impression n’est pas toujours la bonne. Cela est aussi beaucoup dû au fait que l’écriture a su évoluer au fil des tomes et les personnages s’en sont trouvés étoffés. Mon amour va également à Thorn, ce personnage à la fois si mystérieux, et si fragile. C’est un peu notre bébé à Loulou & moi.

Le tome 2 est d’ailleurs mon tome préféré pour tout ce côté rebondissement et approfondissement de l’univers. On en découvre plus à chaque page, et on en vient à rester sur le bout de notre siège à attendre le prochain twist. Et je ne vous dis rien, bien sûr, mais vous n’êtes pas prêt pour la fin de ce tome-là. Personnellement je ne l’ai pas vu venir, et pourtant mon intuition est au top niveau.

Version littérature adulte

J’ai lu les 3 premiers tomes d’une traite et le dernier lors de sa parution quelques mois plus tard, et si je peux vous donner un conseil avant de vous plonger dans cette lecture, c’est bien d’avoir à portée de mains tous les tomes. Une lecture complète « d’une traite » de la saga vous aidera à vous y submerger.
Et croyez-moi, c’est un conseil très sérieux, les quelques mois qui ont séparés ma lecture du tome 3 de celle du tome 4 m’ont été presque fatale. L’univers de l’autrice est tellement foisonnant que j’avais du mal à resituer les personnages, les intrigues et les lieux. Alors, vraiment, je vous conseille de suivre l’exemple de Loulou et de lire la saga de bout en bout.

Dire qu’il a fallu un confinement pour que Loulou & Coco réunissent à nouveau leurs forces pour une chronique. Mais il faut avouer que lorsqu’on s’y met à deux, et que le coup de cœur est réciproque, vous pouvez être sûrs que c’est une pure merveille qu’on vous présente. Non, je ne nous jette pas assez de fleurs 😉

Et comme il est peu souvent d’usage, je conclurais sur un beau petit cocorico ! Car oui, la saga est française ! Et c’est assez rare pour le signaler. Alors big up pour l’imagination débordante de Christelle Dabos. Puisse-t-elle vous transporter autant qu’elle nous l’a fait.  


Si vous avez déjà lu cette série ou que vous comptez le faire, n’hésitez à pas le partager en commentaires, nous serions ravies de connaître votre avis. En attendant, on vous prépare la suite de notre chronique sur les tomes 3 et 4 pour très vite.

Bonne lecture les Loulous & Cocos