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L’assassin royal de Robin Hobb, 1998 à 2006 pour la première parution française chez Pygmalion

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Autant vous annoncer la couleur, Robin Hobb est mon idole. Je suis encore moins objective sur ses romans que sur Harry Potter. Je n’ai pas encore lu toutes ses œuvres, mais plutôt que de me chagriner, ça me réjouit quand je pense aux multiples heures de bonheur que cela me réserve. Je vais vous faire un petit topo, parce que pour les fans du genre, Robin Hobb est connue, mais sinon cela risque de ne pas vous dire grand chose.

En résumé, Robin Hobb c’est au moins une trentaine de romans (dont une partie sous son autre nom, Megan Lindholm). Quasi tous dans le genre fantasy, quelques-uns plutôt tournés vers la science-fiction. Des fans dans le monde entier. En France, une adaptation de deux de ses plus gros succès en bande dessinée (L’assassin royal et Les aventuriers de la mer). Une comparaison souvent faite dans les médias avec LE grand de ce genre en ce moment (grâce à la série tirée de ses romans, A Games of Thrones), George R.R. Martin.

Le plus grand succès de Robin Hobb, et celui qui l’a propulsée, est L’assassin royal. 6 tomes en anglais, séparés en 13 à l’origine en français (même si aujourd’hui il existe des intégrales). Cycle écrit en deux temps, 10 années séparent la parution du 6ème tome de celle du 7ème tome. Et pour cause, l’auteure pensait en avoir fini avec son héros. Mais un petit coup de vague à l’âme l’a prise et elle a donc poursuivi ses aventures (qui se déroulent 15 ans plus tard dans le cycle).

Placé sur les étalages des romans de fantasy adulte, ce cycle a fait un essai dans les rayons jeunesse il y a quelques années. Echec je suppose, puisqu’il en a disparu un moment, mais désormais on le voit revenir.

Je suis d’ailleurs là pour vous convaincre, que ce cycle peut être lu par des jeunes. Certes, à ne pas mettre entre toutes les mains, il faut être bon lecteur pour se lire 13 tomes. Mais c’est tout à fait possible et même délectable. Je l’ai moi-même commencé à 13 ans et suis de suite tombée accro. La première partie du cycle était sortie, j’ai donc pu la lire d’un bloc. Et c’est avec autant de plaisir que je l’ai relue 10 ans plus tard, avant la sortie de la deuxième partie, pour me remémorer les aventures de Fitz. Et c’est TOUJOURS avec joie que je viens de les re-relire, en prévision de la sortie dans quelques mois, d’une autre suite ! Et oui, même si ce cycle devait encore une fois prendre fin, l’auteure a décidé de remettre le couvert et de continuer un bout de chemin avec son héros ; pour la plus grande joie de ses fans évidemment.

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De plus près L’assassin royal c’est un récit médiéval-fantastique. On se situe dans une époque et un monde que l’on peut qualifier de moyenâgeux, mais qui pourtant ne ressemble pas au nôtre.

La vie des Loinvoyant, famille régnante des Six-Duchés, va se retrouver chamboulée par l’arrivée à la cour du bâtard de l’héritier. Fitz a six ans quand il est amené au château par sa famille maternelle et laissé au soin des Loinvoyant. Son père biologique, Chevalerie, qui n’était jusqu’alors pas au courant de son existence, se démet de toutes ses fonctions et refuse de prétendre au titre de roi servant. Il se retire loin de la vie de Castelcerf (le chef-lieu des Six-Duchés) et ne verra jamais son fils.

Fitz est élevé à la cour, mais pas comme un prince. Ce n’est qu’un bâtard. Mais pour qu’il ne se retourne pas un jour contre les Loinvoyant, ces derniers s’affilient son allégeance par un contrat officieux : Fitz deviendra, dans l’ombre, l’assassin attitré du roi, en échange de quoi on prendra soin de lui sous tout rapport.

Lors des six premiers tomes, on suit donc sa formation, ce qu’il devra accomplir et subir pour le bienfait des Loinvoyant. Dans la seconde partie du cycle, quinze ans se sont écoulés, Fitz a pris une retraite bien méritée ; mais de nouvelles affaires à Castelcerf l’amènent à reprendre du service.

En plus de cette intrigue mystérieuse et des complots qu’engendrent le statut d’assassin royal du bâtard, ce récit nous fait découvrir deux principales magies, dont est doté Fitz, et qui vont entrer en jeu dans toutes les décisions qu’il prendra dans sa vie.

Il est tout d’abord doté du Vif, magie considérée comme vile, car elle permet de se lier à un animal, de communiquer avec lui et de partager sa vie sans réserve. Il est aussi doué de l’Art, magie cette fois royale, car elle fait partie de l’héritage des Loinvoyant. Cette dernière faculté permet de communiquer par l’esprit avec toutes personnes douées de l’Art, mais aussi d’entrer dans l’esprit de quelqu’un qui n’en est pas forcément doté et de le manipuler.

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Je ne peux pas en dire plus ici, pour ne pas gâcher le plaisir de la lecture, mais la trame est encore bien plus retorse que ça. Les personnages sont nombreux et leurs relations complexes. Cependant, on ne se sent jamais perdu et l’intrigue est toujours soutenue.

À travers ce cycle, on voit le héros évoluer de ses 6 à 35-40 ans (si mes calculs sont bons). On passe donc par toutes sortes d’émotions qu’il peut ressentir, on le voit changer, adopter différentes opinions… Certains tomes nous montrent une évolution de plusieurs années, tandis que d’autres se déroulent en à peine quelques semaines, ce qui rend la cadence du cycle prenante, car on n’est jamais au même rythme.

Fitz n’est pas le seul personnage attachant, loin de là. Tous les personnages qui l’entourent dans sa vie y jouent un rôle tellement important qu’on ne peut s’empêcher d’avoir une opinion également sur eux, d’avoir ses chouchous et ses détestés. Il y a le fou, doté de plusieurs facettes, qui va lier une amitié complexe avec Fitz. Umbre, son mentor, son professeur en ce qui concerne l’assassinat. Burrich, maître des écuries, qui l’élèvera dans ses plus jeunes années. Vérité, l’oncle de Fitz, devenu roi servant à la place de Chevalerie. Royal, le dernier des trois frères, avide de pouvoir. Les animaux ont également une grande place dans ce cycle et on s’y attache tout autant qu’aux humains.

Les descriptions ne sont jamais trop longues (c’est ce qui me barbe le plus dans certains romans). On oscille entre des passages plus lents et plus actifs, ce qui donne un rythme soutenu et agréable à la lecture. Il y a des retournements de situations auxquels on ne s’attend vraiment pas et qui tiennent le lecteur en haleine. Les sentiments sont tellement bien décrits que, lorsqu’on est pris dans le roman, on ne peut s’empêcher de les ressentir également. Une sensible comme moi, doit préparer sa boîte de mouchoirs. Quand on s’attache autant aux personnages, avec 13 tomes on est forcément ému quand quelque chose arrive.

Ce cycle rassemble de nombreux items pour combler les amoureux de fantasy : le côté médiéval, des dragons, différentes sortes de magies (mais sans tomber dans les classiques baguettes magiques ou sorts), des méchants très méchants, des gentils un peu mitigés, des balafres, des pirates (sans jambes de bois), un petit coin d’amour pour satisfaire les filles, des voyages en terres inconnues, des passages secrets, des mystères qui durent, des problèmes d’héritage et de dynastie, et j’en passe et des meilleurs.

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Le nouveau tome sur la suite des aventures de Fitz ! Couverture anglaise.

 

Je pense sincèrement que ce roman a tous les atouts pour séduire et tenir en haleine un jeune lecteur qui aime ce genre, sans aucun souci. Certes on parle d’assassinat, mais ce n’est pas à l’aide d’armes et de combats acharnés. Pas de violence prononcée, pas de sexe brutal, pas de morts décrites sous toutes les coutures. Pas de problème donc pour les jeunes.

Pour les plus téméraires, ils pourront même entrecouper leur lecture des deux parties par un autre cycle de Robin Hobb : Les aventuriers de la mer. L’auteure a rédigé ce cycle de 9 tomes (en français, 3 en anglais) entre les deux parties de L’assassin royal. Bien que les personnages ne soient pas les mêmes (sauf pour un et je ne vous dis pas lequel), on se situe à la même époque et pas si loin que cela de Castelcerf. Y est développée une partie cachée et sous entendue dans L’assassin royal. On peut tout à fait lire ce dernier sans avoir entrecoupé des Aventuriers de la mer, mais pour mieux comprendre certains passages de la deuxième partie de l’Assassin Royal, on peut s’y référer.

En tout cas, si je ne vous ai pas perdu avec tous ces détails, notamment le dernier paragraphe, vous êtes fin prêts pour lire le cycle de L’assassin royal, suivi de tous les Robin Hobb si vous êtes, comme moi, tombé amoureux !

 

Le récap’ :

Points positifs :

  • Un renouvellement complet en ce qui concerne la magie et son utilisation.
  • Un très grand nombre de personnages : on s’attache à chacun d’entre eux et on ne les mélange pas.
  • Des figures mythiques et fantastiques complètement retravaillées (notamment le dragon).
  • Une trame et une intrigue qui se tiennent de bout en bout, qui sont rythmées et qui prennent le lecteur aux tripes.
  • Bonus : on a une explication possible de ce que sont les zombies (façon médiévale). Je vous laisse découvrir ^^.

Points négatifs :

  • Certains tomes tirent parfois en longueur, notamment le 8ème.
  • Personne n’a encore pensé à en faire une adaptation cinématographique ou sérielle !

 

Autres Robin Hobb que je vous recommande chaudement :

  • Retour au pays : un prélude aux Aventuriers de la mer et à L’assassin royal ; court, il vous permettra de savoir si vous aimez le style de l’auteur.
  • Le soldat chamane : 8 tomes (en français). Un style complètement différent de L’assassin royal, mais qui vaut le détour.

 

Bonne lecture les loulous !