L’atelier des sorciers, tomes 1 et 2, de Kamome Shirahama, paru chez Pika en 2018

A côté de chez moi, il y a un tout petit magasin de mangas. Tout petit mais sacrément bien rempli. Et il vaut mieux que je n’y entre pas trop souvent… Cependant, même si mon portefeuille ne peut pas suivre la cadence des sorties mangas (c’est que ça pousse à une vitesse ces bestioles…), je peux toujours chiper les pubs des prochaines sorties, histoire de bien baver. L’hiver dernier, une de ces pubs obtenues dans le petit magasin de manga, m’avait tapée dans l’œil. Une histoire de sorcière classique apparemment, en revanche un graphisme très étonnant pour un manga. Finalement je l’ai un peu oublié, mais au détour d’un rayonnage de ma médiathèque, que vois-je ? Le manga de la publicité, matérialisé (c’est magique). Vite vite, j’en profite et j’emprunte les deux premiers tomes de la série.

Coco est fascinée par la magie depuis sa plus tendre enfance. Cet art recouvre le monde et le maintient stable. Mais c’est un don rare, que seul quelques personnes reçoivent à la naissance. Les sorciers sont bons et parcours le monde pour aider les humains. Un jour, Coco surprend l’un d’eux entrain de jeter un sort. Croyant avoir compris comment fonctionne la magie, la jeune fille retrace les mêmes étapes que le sorcier. Accidentellement, elle vient d’utiliser une magie interdite. Heureusement, Kieffrey la prend sous son aile, avant que la milice magique n’arrive et n’efface la mémoire de Coco. Dès lors, la petite fille vivra dans l’atelier du maître sorcier, en compagnie d’Agathe, Trice et Tetia. Elle devient sa disciple, mais doit cacher qu’elle n’est qu’une « ignorante ».

Je suis vraiment tombée sous le charme de ce manga ! En tout premier lieu, ce sont les graphismes qui m’ont complétement envoutée, rien que par la jaquette alternative. Tout de suite, j’ai immédiatement pensé à l’art déco, l’art nouveau et aux affiches de Mucha. Evidemment, ce n’est pas aussi grandiose, mais il y a une vraie inspiration, un vrai style qui tire sur ce genre. Et, pour mon plus grand plaisir, cela continue à l’intérieur de l’ouvrage. Entre pages traditionnelles de manga, avec jeux d’ombres et visages ultra-expressifs, de nombreuses pages sont complétement inspirées de l’art nouveau et/ou l’art déco. La posture des personnages, les mouvements, les détails d’arrière-plan… Chacune de ces pages est un petit bonheur à regarder. A part les premières de couverture, je ne vous en montre pas beaucoup ici, pour vous donner envie d’aller explorer par vous-même cet univers.

Ce qu’il y a de bien, c’est que le premier coup d’œil n’a pas été le seul point positif de ce nouveau manga. L’histoire est également vraiment très bien ficelée. On a en réalité affaire à un monde magique assez classique. Des maîtres, des disciples, le chapeau pointu comme emblème, l’utilisation des éléments comme base magique… On a même un petit rappel du magicien d’Oz avec des chaussures qui permettent de voler quand on les joint. La forme de magie est aussi assez classique, mais très intéressante et bien travaillée. Ce n’est pas la plus courante : pour fabriquer des sorts, il faut dessiner des pentacles. L’art consiste donc à maitriser l’illustration à merveille, de savoir combiner les bons symboles ensemble, de savoir choisir la taille de son pentacle selon la puissance voulu…

On entre très facilement dans ce nouveau monde car le manga est agrémenté de petits encarts expliquant tantôt les significations des symboles, tantôt comment utiliser le matériel de sorcellerie. Cet univers est extrêmement bien travaillé, l’autrice a pensé tous les détails pour nous y immerger : les capes des sorciers sont amples pour qu’ils puissent tracer leurs pentacles à l’abri des regards des ignorants, ou encore, chaque sorcier possède un carnet miniature en permanence sur soi sur lequel tracer de petits pentacles en cas d’urgence.

Ce sont effectivement les petits détails de ce genre qui font la force de l’histoire. Malgré une trame classique, avec par exemple les bêtises de la dernière des apprenties, ou des jalousies entre les jeunes filles, rien n’est niais. Au contraire, tout paraît complet grâce à tous ces détails qui permettent de donner de la substance à l’histoire.

Edition collector du tome 1

En bref, c’est une vraie réussite ! Courez vous les procurer, surtout que le tome 3 sort la semaine prochaine : le mercredi 3 octobre !

Bonne lecture les loulous !