Le Chevalier NoirLe Chevalier Noir de Michael Escoffier (auteur) et Stéphane Sénégas (illustrateur), 2014, chez Frimousse.

Il était une fois, un preux chevalier qui venait au secours d’une malheureuse princesse coincée en haut d’une tour…

Malheureuse ? Vraiment ? Qui a dit que la princesse avait envie de descendre de sa tour pour rejoindre le chevalier ? Pas elle en tout cas !

On se retrouve face à un chevalier bien arrogant et une princesse un peu hystérique. De quoi pimenter le conte de fée classique. Autant vous dire que cela ne finit pas par un « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ».

Des illustrations crayonnées, qui donnent l’impression que le dessinateur a réalisé chaque page en quelques minutes, mais qui pourtant révèlent une grande maîtrise. Les expressions du visage de la princesse, entre portrait et cartoon, donnent son pep’s à l’histoire ; le minimalisme des couleurs accentue les actions. Entre réalisme et brouillon, l’équilibre des illustrations est très bien tenu et apporte une vraie touche d’originalité à cet album. Le fond choisi donne l’impression que le tout est dessiné sur du vieux papier un peu cartonné, parfois froissé ou même humide.

Tous ces détails, qui donnent un effet moyenâgeux, viennent contrebalancer l’histoire en elle-même. En place et lieu de princesse classique, on retrouve une jeune fille colérique, susceptible et au langage plutôt proche des ados d’aujourd’hui. Les dialogues sont hilarants.

Le contraste des écritures est très bien choisi. Une écriture plus contemporaine pour la princesse, qui cadre parfaitement avec son langage ; une écriture stylisée (calligraphie moyenâgeuse), mais aussi plus lourde pour le chevalier, ce qui correspond à sa volonté d’utiliser une forme de langage plus ancienne et de coller au personnage du chevalier.

Le résumé sur la quatrième de couverture est tout à fait révélateur de l’ambiance et de l’humour de l’histoire : « Une histoire haute en couleurs, bourrée de cascades et d’effets spéciaux ! ».

Un véritable coup de cœur pour cet album qui donne dans la simplicité et l’humour. Frais, il renouvelle le genre. Entre Shrek et les contes classiques de princesse, un équilibre tout en finesse. À lire et comparer avec vos contes préférés.

Pour vous donner envie, le début de l’histoire :

Chevalier Noir

LE RECAP’ :

Points positifs :

  • Des illustrations originales, entre brouillon et grands détails, qui forment un mélange très sympa.
  • Un aspect moyenâgeux jusqu’à chaque coin de page.
  • Des dialogues rythmés, humoristiques et qui donnent le sourire d’un bout à l’autre de l’histoire.

Point négatif :

  • La fin qui paraît un petit peu bâclée.

Joyeuse découverte les loulous !