Le maître des livres de Umiharu Shinohara, série en cours depuis 2014 aux éditions Komikku

Comme je vous le disais dans mon article Ikigami, j’aime beaucoup le style très terre à terre dans les mangas. Avec celui que je vous présente aujourd’hui, c’est difficile de faire plus ancré dans le monde réel, surtout le mien.

Dur dur de faire un résumé d’ailleurs, car on ne peut pas dire qu’il y ait une trame spécifique à cette histoire, avec un vrai but. C’est juste une jolie balade tranquille dans le monde du livre, avec quelques à-côtés.

Le maître des livres c’est Mikoshiba, bibliothécaire spécialisé dans la jeunesse. Très antipathique et rude, il est pourtant apprécié de tous les enfants, qui le surnomment « champignon », à cause de sa coupe de cheveux. On fait sa rencontre dans le premier tome grâce au deuxième personnage emblématique de la série : M. Miyamoto, un homme qui, un jour, entre par hasard dans la bibliothèque de Mikoshiba. L’entente n’est pas de mise au premier abord entre les deux hommes, mais quand le Champignon arrivera à faire lire un livre jeunesse à M. Miyamoto, qui le bouleversera, cela va changer la vie de ce dernier. Il va se mettre à fréquenter assidûment cette bibliothèque, changeant ses habitudes de vie, son esprit s’ouvrant peu à peu au monde qui l’entoure.

Le décor principal dans tous les tomes sera la bibliothèque, même si on en sortira occasionnellement. Et dans ce huis clos, on rencontrera plein d’autres personnages très intéressants qui feront évoluer l’histoire dans un sens ou un autre. Il y a Kayo Itaya et Mizuho Kanda, les deux collègues de Mikoshiba. Mme Kotegawa, la véritable propriétaire des lieux. Kôsaka le libraire, mais surtout son employé Isaki, qui se rêve écrivain. Et plein d’autres personnages, tous avec leur particularité et qui vont faire changer le cours de l’histoire, qu’ils ne restent que pour un tome ou qu’on les retrouve régulièrement par la suite.

On ne peut pas plus ancré dans la réalité tout simplement parce qu’on suit la vie tranquille de tous ces personnages à qui il n’arrive en réalité rien de bien particulier à part les soucis du quotidien. En ce sens, je comprends tout à fait que ça puisse ne pas plaire à tout le monde. En tout cas, je peux au moins vous dire pourquoi ça marche pour moi.

L’univers du livre est ma passion (ah bon ? personne n’avait remarqué) et tout ce que j’y aime est réuni dans ces mangas. Le décor de la bibliothèque, au fil des pages, est un délice à découvrir. Ce que j’apprécie le plus, c’est que malgré « l’enfermement » dans ce décor, le tout reste très ouvert et on y découvre de très nombreuses facettes du milieu du livre. Grâce aux différents personnages que l’on croise on en apprend un peu plus sur les études pour devenir bibliothécaire (au Japon en tout cas), sur le métier de libraire, celui d’écrivain·e et dessinateur·trice. On voit se mettre en place des ateliers pour les enfants au sein de la bibliothèque. On perçoit différents profils de lecteur·trices enfants et de parents accompagnateurs, et on découvre la vision que chacun a de la lecture. Parfois sont engagées des réflexions sur ce que provoque la lecture, pourquoi en tant qu’adulte on continue à aimer la littérature de jeunesse. Ce cycle est une vraie petite mine d’or pour les amoureux·ses de littérature.

Au fil des « aventures » de nos personnages, sont disséminées des références littéraires, de jeunesse ou non. Dans leurs conversations, quand ils partagent leur lecture. Mine de rien, on découvre ou redécouvre des livres, classiques ou non, à travers les yeux d’autres personnages ce qui nous offre un autre point de vue. Le must, c’est la double page de fin, qui reprend toutes les références citées dans le tome, avec une petite anecdote en plus, sur la date, l’auteur·trice ou l’histoire. Ça m’a permis de découvrir pas mal de références japonaises et c’est un vrai bonheur.

 

Petit coup de cœur également pour les couvertures, qui montrent Mikoshiba dans une situation différente à chaque tome (et de l’autre côté des lecteur·trices) et qui sont du plus bel effet dans sa bibliothèque perso quand on possède plusieurs tomes ! Je compte bien me les procurer d’ailleurs !

Le récap’

Points positifs :

  • – Une super découverte du monde du livre sous toutes ses coutures.
  • – Pour les français·es, une découverte supplémentaire puisque c’est d’un point de vu japonais.
  • – Une dissémination de références qui ravira les lecteur·trices.

Point négatif :

  • – Je n’en suis qu’au tome 5 pour le moment (il y en a 15 en tout – série clôturée) et j’ai peur de me lasser à un moment puisque c’est ultra terre à terre. Cela risque d’en rebuter plus d’un d’ailleurs.

 

NB : je viens de découvrir un autre manga du même genre qui pourrait bien plaire à celles et ceux qui auront apprécié Le maître des livres, je vous le conseille donc également : Barakamon de Satsuki Yoshino. Déjà 17 tomes parus chez Ki-oon. Tout simplement la vie d’un jeune calligraphe japonais.

 

Joyeuses lectures les loulous !