Le Manoir, tome 1 : Liam et la carte d’éternité d’Evelyne Brisou-Pellen

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N’avez-vous jamais rêvé de visiter un vieux manoir, du style maison hantée, juste à cause des histoires extraordinaires que semblent conter ses murs ? Et bien, Liam, non. Pour tout vous dire, son rêve était beaucoup plus simple : il voulait rentrer chez lui et quitter cet hôpital sordide auquel sa maladie l’a condamné. Pourtant, c’est bien au Manoir, superbe demeure à la déco « kitch » qu’il est envoyé. Liam pense avoir atterri en maison de repos ; la vérité est bien plus … obscure.

Le Manoir fait partie de ces livres au mystère oppressant qui vous intrigue dès la couverture. Il faut dire que les éditions Bayard ont soigné le visuel de la série qui comporte actuellement cinq tomes. Si le titre et la couleur dominante changent à chaque nouvelle aventure, le manoir quant à lui reste parfaitement immobile au centre de la couverture … et des intrigues. Bayard classe la saga dans sa collection « Fais moi peur », aka les histoires à ne pas lire le soir. Pourtant je ne trouve pas l’ambiance particulièrement impressionnante, même pour un jeune âge. Amateurs de sensations fortes et de gore, passez votre chemin. Amateurs de mystères, énigmes et surnaturel, accrochez-vous bien, cette saga mérite largement votre attention.

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4ème de couverture

J’ai lu le premier tome  en trois jours, avec une avidité que je n’avais plus connu depuis longtemps. La faute (bienheureuse) aux nombreux mystères qui entourent le manoir et notre héros, Liam. Projeté dans l’esprit du jeune garçon, nous ne pouvons que partager sa peur face aux autres pensionnaires. Il faut dire que l’on ne croise pas tous les jours un homme persuadé d’être Léonidas, roi des Spartes, ou encore une femme couturière qui se croit toujours au XIXème siècle. Liam n’a alors plus qu’une seule pensée : fuir et rejoindre ses parents. Mais toutes ses tentatives se soldent par un échec et il essaie tant bien que mal de se tenir éloigné des pensionnaires les plus fous. Jusqu’au jour où la belle Cléa apparaît. Traumatisée par un enlèvement dont elle n’a que peu de souvenirs, elle est envoyée au Manoir pour se reposer. Pour aider la belle Cléa à aller mieux, Liam est prêt à tout, même à découvrir la vraie nature du Manoir.

C'est meugnon quand c'est amoureux ...

C’est meugnon quand c’est amoureux …

 

Liam est un personnage tout à fait attachant, ni trop arrogeant, ni trop valeureux. Il est l’adolescent typique, discret mais amical, qui pullule dans nos collèges et lycées. L’identification au lecteur ne se fait que plus facilement et nous permet de ressentir les mêmes émotions que lui. Et il y en a des émotions à ressentir ! De l’incompréhension en découvrant l’absence d’électricité au manoir, à la compassion lorsqu’on découvre les vraies histoires des pensionnaires, en passant par la colère en découvrant que l’on nous ment sur certains sujets : on en voit vraiment des vertes et des pas mûres.
C’est ce qui fait, entre autre, la richesse de ce livre. L’écriture fluide, et pourtant recherchée, nous fait cheminer à travers ce dédale d’émotions avec brio.

Je dois aussi avouer que je suis soufflée par la plume de l’auteure qui arrive à nous tenir en haleine tout le long du livre alors même que nous n’avons aucune idée de ce qui se passe. Les premiers indices commencent à pleuvoir vers la fin du livre et cela ne gêne en rien la compréhension. Chapeau !

Je suis bluffée !

Je suis bluffée !



Finalement, je n’aurais que deux griefs, mineurs, à retenir contre ce livre, avant de vous annoncer, sans grande surprise, que Le Manoir est un coup de cœur !
Je dois avouer que j’ai été un peu surprise par la mise en avant du titre dans le livre. On ne parle qu’une fois de cette fameuse « carte d’éternité », et même si elle joue un rôle important dans les révélations de ce premier tome, la nommer ne semblait pas nécessaire. Mais ce qui me surprend surtout c’est le fait que lorsque Liam découvre la fonction de la carte qui se trouve devant ses yeux, il s’écrit aussitôt « la carte d’éternité ». Comment a-t-il eu l’idée d’un tel nom pour une carte qui permet de voyager dans le temps et l’espace ? Mystère. D’autant que ce nom n’est jamais remis en question. Pour moi, c’est un peu comme si Harry Potter s’était écrié « la carte du maraudeur », la première fois qu’il avait tenu dans ses mains le parchemin vierge.

Oh les gars, merci, fallait pas. Je vous jure ce ... bout de papier me fait trop plaisir ... Oh, c'est une carte vous dîtes !

Oh les gars, merci, fallait pas. Je vous jure ce … bout de papier me fait trop plaisir … Oh, c’est une carte vous dîtes !

Autre point qui m’a légèrement gênée : l’intelligence de Liam. Notre héros est vraiment trop doué et enjoué en ce qui concerne les études. Avoir un personnage de ce type dans un roman ne me dérange pas tant qu’il est clairement décrit comme tel, c’est à dire intelligent et ayant une grande soif de savoir. Or ici, Liam nous est présenté comme un élève ordinaire de 3ème qui souhaite se remettre à niveau dans certaines matières. Pas sûr que tous les élèves moyens de France sachent nous conter l’histoire de la guerre des Thermopyles, nous traduire du latin du premier coup, et reconnaître Gilles de Rais à partir d’un portrait approximatif (ou d’un portrait complet ceci dit).

Malgré cela, mon amour pour l’histoire et les personnages du Manoir me pousse vers le tome 2. Je reviendrai alors vers vous pour confirmer ce coup de cœur 2015 !

Un nouvel ajout à ma Pal !

Un nouvel ajout à ma Pal !

Si vous avez déjà lu ce livre et que vous voulez nous en parler (comme je vous comprends), je vous invite à baliser vos spoilers, car l’essence même de ce livre reste le mystère, alors il ne faudrait pas tout dévoiler ! 🙂

Bonne lecture les Cocos !


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