Le mystérieux cercle Benedict, tome 1, de Trenton Lee Stewart, paru en 2013 chez Bayard jeunesse

Ouhlala que je suis toute excitée de vous présenter ma nouvelle trouvaille ! Certes, je suis en retard, le premier tome est sorti en version anglophone en 2007, en version française en 2013. Mais oouuuhh que je suis heureuse d’avoir découvert cette petite merveille, même à retardement ! Acheté il y a plus de 7 mois maintenant, il trônait en haut de ma PAL et j’ai enfin pris le temps de le lire. Le mystérieux cercle Benedict a fait le tour du monde et avec raison ! Petit tour d’horizon, pour tenter de happer ceux qui, comme moi, ont un train de retard.

Tu es un enfant ?

Tu possèdes des aptitudes exceptionnelles ?

Tu souhaites vivre une expérience unique ?

Quand cette annonce paraît dans les journaux, des dizaines d’enfants se présentent pour participer à une série de tests tous plus saugrenus les uns que les autres. Au final, seuls quatre jeunes seront retenus, dont notre héros Reynard Mulddon, dit Reynie. Accompagné de Kate, Sticky et Constance, il va faire la connaissance du recruteur, Mr Benedict et de ses acolytes. Depuis des années, Mr Benedict a tenté de recruter un groupe d’enfants assez forts pour l’aider dans sa mission capitale qui est d’infiltrer une pension dirigée par un savant fou. Ça y est, il tient enfin son groupe de surdoués. Après plusieurs jours d’explications et de préparations, les enfants sont prêts. Aidés de la troupe de Mr Benedict, ils vont se faire passer pour de nouveaux pensionnaires et entrer dans l’univers dérangé de Mr Curtain, directeur d’une école qui forme des jeunes pour contrôler les esprits de l’humanité entière, seul moyen, selon notre mégalomane, de venir à bout de la Crise qui sévit depuis plusieurs années. Dernier conseil de Mr Benedict : quoi qu’il advienne, se serrer les coudes.

Je dois avouer que j’ai choisi ce roman pour deux raisons :

J’ai tout de suite accroché sur le résumé, qui laissait peut-être présager de la magie, notamment avec les deux commentaires suivants, sur la couverture : « S’apparente à l’expérience fantastique de Charlie et la chocolaterie » du Publisher Weekly et « Comme dans Harry Potter, ce récit dépasse la simple aventure et aborde de thèmes plus graves » de Booklist.

Je suis tombée littéralement amoureuse des couvertures de cette saga (oui oui, il y a quatre tomes. Je vais d’ailleurs m’empresser de dévorer les trois autres assez vite). J’ai eu en main la version de 2015, donc je ne sais pas si la maison d’édition avait décidé de changer la couverture depuis 2013, mais en tout cas la mienne est un vrai coup de cœur. Le toucher doux et lisse, le poids du livre, le petit relief sur la banderole du titre, une couleur crème pour le fond. Et surtout l’illustration. Rien de bien sorcier, une grande maison style manoir, avec les quatre héros dont on reconnaît aisément les caractéristiques physiques. Et pourtant, j’ai fondu pour cette représentation. C’est inexplicable. Les couvertures des suites, aperçues dans les rayonnages, ont fini de me convaincre. Le style reste le même par la suite et j’adore.

Bref, après l’extérieur, il faut que l’intérieur suive, si je veux que le charme continue à opérer. Et vous l’avez déjà compris, il a continué à opérer, voire il a agi avec encore plus de conviction. Et pourtant ce n’était pas gagné. J’ai vite compris qu’en réalité, la magie ne serait pas de la partie, en tout cas pas au sens propre, comme je le croyais au départ. Or, vous commencez à me connaître, quand on m’annonce quelque chose dans un bouquin, je veux qu’il y soit, sinon je boude. Pourtant, ici, je n’ai point boudé et j’en redemande même.

Certes, il n’y a finalement pas de baguettes magiques, de pouvoirs surnaturels et autres signes de fantastiques avec des étincelles, mais il y a bien une expérience unique à vivre dans ce récit. L’amour, l’amitié, la force de cohésion, les liens indéfectibles de la famille (même si elle n’est pas de sang), le dépassement de soi, le courage, l’entraide, la confiance en soi et en autrui, sont autant d’éléments qui forgent la trame de cette histoire et en font un vrai récit d’aventure rocambolesque. Et pourtant, derrière tous ces mots mielleux que j’ai utilisés, aucune mièvrerie. Que de la vérité, de la force de conviction et une envie de dévorer les pages une par une sans jamais s’arrêter.

Sans que cela ne vous spoile quoi que ce soit, je peux vous dire que les quatre enfants sélectionnés sont tous orphelins, pour une raison ou une autre. Et c’est un facteur qui fait que l’on s’attache à eux sans retenue et surtout qui rend crédible tout le déroulement de l’histoire. Chacun des quatre enfants a un vécu particulier qui fait qu’il a besoin de trouver des pairs qui pourront le comprendre. Et à eux quatre, ils se sont trouvés. Beaucoup d’éléments dans le roman pourraient tomber à l’eau, si nos héros n’étaient pas tels que Trenton Lee Stewart les a faits.

S’engager dans une aventure aussi farfelue sans avoir plus de détail que ça ? Avoir une confiance aveugle en Mr Benedict sans vraiment le connaître ? Se plonger corps et âme dans la mission secrète alors qu’ils sont au courant du danger ? Se faire confiance mutuellement alors que quelques jours auparavant ils ne se connaissaient pas (et qu’ils ne s’entendent d’ailleurs pas toujours bien entre eux) ? Tout ça aurait pu être totalement rebutant, si le tout n’avait pas été magistralement écrit et surtout si les enfants n’avaient pas été autant vrais dans leur comportement. C’est justement le caractère de chacun et le fait qu’ils soient tous orphelins, avec un passif difficile, qui nous fait accrocher aux évènements et plonger la tête baissée dans l’histoire. De plus, tout est brillamment intégrer au fil du récit pour qu’on ne décroche pas et que l’on reste persuadé que nous aussi on aurait fait pareil, que les réflexions des enfants sont justes.

Par le narrateur ou par la pensée des quatre jeunes, on a par moment un aperçu des réflexions qui cheminent dans la pensée des enfants. On voit bien qu’ils ne se lancent pas à corps perdu dans une telle mission sans s’être posé des questions auparavant, que tout est réfléchi et que c’est aussi leur position d’enfant seul depuis trop longtemps qui les motive à s’intégrer dans cette nouvelle famille farfelue. C’est ce qui me gêne dans beaucoup de romans habituellement, le fait que les héros se lancent dans la défense de certaines causes sans que le lecteur ne comprenne pourquoi et se dise que c’est trop facile. Ici on voit bien que rien n’est facile, mais que tout est pourtant évident.

Une fois que l’on a admis ça dès le début du roman, tout suit parfaitement. Nos quatre héros sont attachants, même leurs gros défauts. Leur cohésion fait leur force, mais aussi celle du récit. Les explications pour les messages subliminaux envoyés par Mr Curtain dans les esprits du monde entier, sont basés sur le même modèle que celui pour lequel les enfants se lancent dans une telle mission, on y croit donc sans concession. Les aventures que tous vivent sont intrigantes, parfois haletantes, toujours palpitantes. Leur logique, tirée de leur petit cerveau de génie (n’oublions pas qu’ils ont réussi des tests très coriaces), est implacable et on se prend au jeu d’essayer de deviner en même temps qu’eux quelle sera la prochaine étape.

En somme, j’ai accroché, sur-accroché, super-accroché, méga-accroché à cette série que je conseille à tous : petits et grands, amateurs autant d’enquête policière que d’histoire fantastique.

Pour prolonger le plaisir, un petit tour sur le site internet du mystérieux cercle Benedict !

Le récap’

Points positifs :

  • Une super intrigue tout au long de l’histoire.
  • Des héros plus qu’attachants, qui nous aide à nous plonger au cœur de l’aventure.
  • Une trame qui tient de bout en bout grâce à la plume de l’auteur et au choix des éléments principaux du récit.
  • Un univers fantastique pourtant sans une once de magie.

Point négatif :

  • Je ne peux pas encore m’acheter les autres tomes ! Ouin !

Joyeux coup de cœur littéraire les loulous !