L’Ecole des mauvais méchants – complot 1, de Stéphanie S. Sanders

couverture française

Imaginez un instant que vous êtes un méchant très célèbre et reconnu dans le monde entier. On parle de vous à Halloween, lors de veillées terrifiantes, dans de nombreux livres et ça fait des siècles que ça dure.
Imaginez ensuite que vous décidiez d’avoir des enfants pour, je ne sais pas, transmettre vos gênes maléfiques par exemple.
Imaginez enfin votre stupeur en découvrant que la chair de votre chair est … gentille. Du style à préférer le chocolat au sang bien frais. Du style à aider les mamies à traverser au lieu de leur voler le dentier. Ou pire du style à préférer la pâtisserie aux potions. Une horreur ! Vous vous voyez déjà la risée de tous les autres méchants, subir les huées sur votre passage, sans parler des jets de tomates. Vous n’aimez même pas ça les tomates.
Il ne vous reste donc plus qu’une solution : exiler votre progéniture, loin, très loin de vous, à l’Ecole des Mauvais Méchants.

Si vous franchissez les murs de cette école, sachez que vous en sortirez changé. Mais peut-être pas dans le bon sens.

L’histoire de L’Ecole des mauvais méchants se concentre sur Rune Drexler, un terrible, et certainement pas terrifiant, jeune fourbe adolescent. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé mais Rune n’a aucun penchant pour la méchanceté. Par contre, pour ce qui est des sarcasmes, c’est une autre histoire. Aussi, après une énième remarque déplacée, Rune se retrouve dans le bureau du directeur et attend sagement sa punition. Lui qui pensait s’en sortir avec un nettoyage de bave de limace, il en est quitte pour un complot. Le premier de sa vie de méchant et peut-être bien le dernier.
En sept jours, il doit donc : kidnapper une princesse ; voler un bébé ; trouver un homme de main et en faire son esclave ; renverser un royaume et placer sur le trône le souverain de son choix.
Du pain béni quand on est un véritable méchant, mais quand on s’appelle Rune Drexler, ça annonce surtout des catastrophes.

L’Ecole des mauvais méchants est une vraie bouffée d’oxygène. C’est frais, léger, ça se mange sans fin, euh faim. Avec une histoire originale et des personnages hauts en couleur, Stephanie S. Sanders nous livre un véritable spectacle de fantastique humoristique.
La lecture n’est absolument pas compliquée, avec un vocabulaire simple mais surtout juste, et peut se faire dès l’âge de 8 ans. La preuve, la couverture anglaise est beaucoup plus typée « enfant » que celle française.

Quelques personnages changent dès la couverture dans cette version originale

Quelques personnages changent dès la couverture dans cette version originale

 

Pour les plus grands, il y a aussi de bons éléments qui nous tiennent en haleine. Et puis, on ne va pas se priver du plaisir de retrouver les méchants qui ont bercé notre enfance. Alors saisissez votre chance de faire coucou au Grand Méchant Loup, à Dracula, ou encore à la Fée Morgane. Pour l’instant, deux tomes ont été traduits en français, mais nul ne doute que cela n’est qu’un début.

 

Le recap’ :

Points positifs :

  • Une intrigue bien ficelée avec des rebondissements à gogo
  • Des personnages hauts en couleur qui n’hésitent pas à se mettre à nu (pas littéralement bien sûr) pour vous séduire
  • Un univers cohérent où l’on aimerait se laisser glisser
  • Une lecture simple pour les plus jeunes

 Points négatifs :

  • Une carte du monde décrit dans le livre aurait été la bienvenue
  • A force de vouloir être trop méchants, certains personnages perdent de leur crédibilité
  • De même, certains jeunes lecteurs (pourtant cible visée par ce livre) pourraient se perdre dans tous les retournements de situation.
  • Comme pour de nombreux romans, la traduction française ne rend pas vraiment hommage aux jeux de mots et aux descriptions de la VO (mais cela reste acceptable).

 

Le tome 2

Le tome 2

Bonne lecture les cocos.