IMG_0174L’enfant cachée, de Loïc Dauvillier (scénariste), Marc Lizano (dessinateur) et Greg Salsedo (coloriste), paru chez Le Lombard en 2012.

 

Il n’est jamais simple de parler de la guerre aux enfants, quelle qu’elle soit. Notre culture d’aujourd’hui ne doit pourtant pas oublier les horreurs qui ont pu être commises. L’art actuel permet aux enfants de se renseigner sur certains évènements, sans être plongé dans l’horreur. Le cinéma et la littérature, par exemple, sont deux supports très efficaces et qui se renouvellent sans cesse, pour réussir à faire comprendre aux enfants certaines guerres, sans les choquer.

Je vous avais déjà parlé des Carnets de Lienecke (par ici) coffret destiné à d’assez jeunes enfants. Je vous ai dégotté aujourd’hui quelque chose de totalement différent pour raconter la même tragédie, la Seconde Guerre mondiale. Réservée à des enfants plus grands que pour les Carnets de Lienecke, la bande dessinée L’enfant cachée permet d’aller un peu plus loin dans les révélations sur cet événement. Dans les Carnets de Lienecke on aperçoit la guerre de loin, car l’on suit le courrier entre un père et une fille, juifs. Avec L’enfant cachée, on entre plus profondément dans les souvenirs de quelqu’un.

 

Résumé :

Ce soir, Elsa dort chez sa mamie, Dounia. En pleine nuit, elle se réveille et découvre sa grand-mère en train de pleurer sur de vieilles photos.

« T’as fait un cauchemar ? demande la petite fille à sa mamie.

– On peut dire ça, lui répond-elle.

– Tu sais, quand moi je fais un cauchemar, je le raconte à maman et après ça va beaucoup mieux. »

Dounia se met alors à raconter ses pensées à sa petite-fille. Elle n’a pas fait un cauchemar, mais se remémorait son enfance. Née peu avant la seconde guerre mondiale, elle va vivre les horreurs de celle-ci. Elle sera humiliée à l’école à partir du moment où elle doit porter l’étoile de David. Son père la cachera dans le fond d’un placard, juste avant que des policiers viennent emporter ses parents. Elle sera récupérée par la voisine, qui prendra soin d’elle. Malheureusement, les résistants non plus ne vivent pas la belle vie en temps de guerre. Elles doivent donc fuir. Dounia retrouvera sa mère à la fin de la guerre. Mais jamais elle ne pourra resserrer son père dans ses bras. Et toutes ces années plus tard, elle est encore profondément marquée par cette guerre horrible.

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Cette bande dessinée est vraiment très bien structurée. On perçoit la guerre à travers les yeux d’une petite fille qui aura tout du long était protégée par les adultes qui prenaient soin d’elle. On découvre certaines violences faites aux juifs, à travers une porte de placard ou une cloison, les endroits où Dounia était cachée. Mais cela n’enlève rien au traumatisme que l’on sent grandir en cette petite fille.

Le fait que l’histoire soit racontée par une grand-mère à sa petite-fille laisse aussi une certaine distance, pour ne pas « effrayer » les enfants d’aujourd’hui. D’ailleurs la bande dessinée ne raconte pas d’une traite les souvenirs de Dounia. Quelques pages nous font revenir dans les temps présents, avec les questions d’Elsa à sa grand-mère, et entrecoupent donc la lecture pour la rendre moins prenante vis-à-vis des évènements. En ce sens, cette bande dessinée permet aux personnes ayant vécues la guerre d’aborder le sujet avec leurs petits-enfants, pour effectuer un devoir de mémoire. Ce livre pourrait très bien être lu par un grand-parent à son petit-enfant, s’il ne sait pas comment parler de certaines choses, et que cela déclenche une conversation.

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Le récap’ :

Points positifs :

  • Un point de vue très intéressant pour aborder le sujet de la Seconde Guerre mondiale avec des enfants.
  • Un ouvrage conçu pour établir un possible dialogue avec l’adulte.
  • La guerre aperçue dans toute sa violence, mais des illustrations très discrètes pour ne pas traumatiser le lecteur.

Point négatif :

  • Personnellement je ne suis pas fan des illustrations. Beaucoup de disproportions, mais ce n’est qu’un point mineur.

 

Bonne lecture les loulous !