UnknownLa trilogie L’épreuve, de James Dashner, parue chez Pocket Jeunesse entre 2012 et 2014

L’avis de Loulou :

Cette fois encore je n’ai pas voulu me faire avoir et rater la lecture d’un roman associé à un nouveau film blockbuster pour ados. Avant la sortie au cinéma du premier volet de L’épreuve, je me suis donc attelée à la lecture des trois tomes : Le labyrinthe, La terre brûlée et Le remède mortel.

Accrochez-vous bien, vous avez devant vous une fan absolue de ce cycle ! J’ai littéralement englouti les trois volumes en même pas une semaine. Je ne connais pas les autres œuvres de James Dashner, mais la découverte de cet auteur par l’intermédiaire de ce cycle fut un vrai bonheur. Cela fait très longtemps que je n’ai pas pris autant de plaisir à la lecture d’une œuvre de science-fiction, genre qui n’est habituellement pas trop à mon goût. Je vous dirai dans quelques instants le pourquoi du comment, mais débutons par un petit résumé. Je ne peux ici que vous décrire le tome 1, car la spécificité de cette œuvre fait que, si je vous dévoile les tomes suivants, vous allez me haïr pour avoir fait l’un des plus gros spoils de toute la galaxie et vous avoir empêché de savourer pleinement la suite.

 

Thomas a perdu la mémoire. Il se souvient seulement de son nom. Il se souvient également de choses basiques, comme le fait qu’il a probablement un père et une mère, mais ne peut mettre de visages sur leurs souvenirs. Il ne sait même plus quel âge il a exactement, ce qu’il aime ou non dans la vie, et ne se rappelle plus ce qu’il faisait avant de se retrouver dans cette Boîte, noire, qui monte lentement vers un endroit inconnu.

La Boîte s’immobilise, s’ouvre et la lumière du jour apparaît. Toute une tripotée de jeunes garçons l’observent. Ils le sortent sans ménagement de la Boîte et Thomas se retrouve dans le Bloc.

Le Bloc est le nouvel endroit dans lequel il va devoir apprendre à vivre. Entourés de quatre murs de béton, hauts de plusieurs dizaines de mètres, une cinquantaine de garçons vit ici depuis plusieurs mois. Certains d’entre eux sont arrivés en masse il y a de cela deux ans, les autres sont arrivés un à un dans les mois suivants.

Thomas est le nouveau. Il est accueilli par certains avec froideur, par d’autres avec plus d’entrain. Mais personne ne lui dit clairement ce qu’est cet endroit et ce qu’il fait là. En réalité personne ne comprend vraiment pourquoi ils sont tous regroupés ici, tous ont perdu la mémoire. Thomas comprend peu à peu que les quatre murs cachent un gigantesque labyrinthe dans lequel s’engouffrent chaque matin quatre Coureurs, qui doivent en établir le plan pour essayer d’en trouver la sortie. Chose vaine depuis deux ans, car les murs du labyrinthe bougent chaque nuit, après que les quatre gigantesques portes de chacun des murs se soient refermées. D’ailleurs les Coureurs doivent impérativement revenir pour la nuit. S’ils se retrouvent coincés dans le labyrinthe aux heures sombres, ils risquent de rencontrer les Griffeurs. Monstres mi-mécanique, mi-chair, si l’on se fait piquer par l’un d’entre eux, on subit la Transformation. Des souvenirs remontent alors à la surface, mais pas forcément les bons. Mais surtout, on ne peut parler à personne de ces bribes qui resurgissent, ce qui finit par rendre fous ceux qui se sont fait piquer.

Avec ses nouveaux camarades, Thomas va tenter de trouver la sortie du labyrinthe et d’en déjouer les pièges.

Le lendemain de l’arrivée de Thomas, la Boîte amène un nouvel arrivant. Cela inquiète les habitants du Bloc, qui n’ont jamais vu s’ouvrir la Boîte deux jours à la suite. Pour la première fois, la Boîte s’ouvre sur le corps inerte d’une jeune fille. Elle émerge à peine, prononce le nom de Thomas, annonce que tout va changer et qu’elle est la dernière. Puis tombe dans le coma pendant plusieurs jours.

A partir du moment où cette fille arrive dans le Bloc, tout change. Certains éléments se dérèglent, les garçons sont anxieux. Jusqu’au soir où les portes du labyrinthe ne se referment pas. Les Griffeurs risquent donc d’entrer dans le Bloc. Il devient impératif de trouver la sortie du labyrinthe.

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Tome 2 de la trilogie

 

Encore une fois pour le respect de lecture de certaines personnes et ne pas vous révéler la suite des aventures de Thomas après Le Labyrinthe, les commentaires suivants sont principalement basés sur le premier tome. Mais ils peuvent également s’appliquer aux volumes suivants pour la plupart (par rapport à mon ressenti).

J’ai tout de suite été totalement conquise par le tome 1. Jusqu’à la toute fin certaines questions nous tiennent complètement en haleine : vont-ils s’en sortir ? Vont-ils trouver la sortie ? Si oui, comment ? Pourquoi la trouver maintenant et pas avant ? Et que va-t-il se passer ensuite quand ils seront sortis ? Va-t-on savoir pourquoi ils étaient enfermés dans le Bloc ? Si non, que va-t-il leur arriver encore dans ce labyrinthe ? Va-t-on quand même savoir ce qu’ils font là ? Toutes ces questions seront résolues à la fin et certains détails seront développés dans les tomes suivants.

Cette trilogie est totalement prenante. Très très bien écrite (et traduite, du même coup), on est immédiatement pris au jeu, on vit intensément les évènements avec les personnages, on s’attache à eux, on apprend à en détester certains, on se pose les mêmes questions qu’eux sur leur survie dans cet endroit (et par la suite).

Je suppose que le niveau d’identification au personnage principal dépend de l’état d’esprit de chacun, mais personnellement j’ai adhéré à 100%. Tout au long des trois tomes, j’ai quasiment toujours été d’accord avec les décisions de Thomas, je me disais que j’aurais ressenti la même chose dans le même cas, que j’aurais réagi de manière identique à tel événement.

J’ai toujours eu du mal avec ces romans ou films où un groupe de personnes se retrouve livré à lui-même et où les personnages finissent par se taper dessus, ne plus respecter aucune règle et s’entretuer. Comme si l’humanité était vouée à l’échec si l’on se retrouvait dans cette situation. Eh bien, cette trilogie de James Dashner est beaucoup plus à mon goût et à mon avis réaliste en ce qui concerne le devenir de l’humanité si un petit groupe se retrouve dans une telle situation. Certes nous parlons ici d’une cinquantaine d’adolescents, mais ce n’est pas une obligation de faire tourner les choses comme dans Sa Majesté des Mouches de William Golding. James Dashner n’adopte pas ici la loi du plus fort. Chaque enfant a un rôle, chacun respecte l’autre, des règles (adaptées à cette nouvelle vie dans le labyrinthe) ont été établies et l’on ne peut y déroger sans être puni. Le rôle de chef n’est pas forcément tenu par une seule personne, plusieurs têtes pensantes ont été désignées pour établir le maintien de l’ordre dans son domaine de prédilection. Quand un problème survient, les adolescents le règlent ensemble, en discutent, votent, et les décisions sont respectées. En gros, une nouvelle petite communauté, basée sur la forme actuelle de la nôtre, se reforme. On ne vit pas dans l’anarchie et le monde ne se met pas à tourner à l’envers, malgré la situation. Ces romans nous montrent que certains hommes sont capables de vivre « sainement » malgré des événements catastrophiques. Alors oui, on va retrouver ce fameux malade mental qui veut tuer tout le monde sans aucune raison, oui on va retrouver un groupe de personnes qui ne suit aucune règle et vit dans le chaos. Mais le groupe principal que nous suivons est tout à fait soudé, respectueux et représentatif de l’idée que je me fais de ce que je deviendrais si l’humanité tombe un jour en désuétude.

Tous les détails sont extrêmement bien pensés. Même quand finalement on n’est pas d’accord avec la réaction de l’un des personnages, l’explication du pourquoi de cette réaction vient peu de temps après et nous fait comprendre cette attitude. Même si l’explication ne nous fait pas forcément adhérer au mode de pensée du personnage, on ne peut que se dire « ah ben oui, s’il voit les choses sous cet angle là, c’est normal d’avoir réagi ainsi ». Grâce à ça, absolument tout est logique, tout se tient d’un bout à l’autre sans aucun souci.

Les événements s’enchaînent très bien, il y a de l’action en permanence, mais aussi des moments qui ouvrent la réflexion sur ce qui arrive à ces jeunes, ce qui permet justement d’adhérer pleinement à l’histoire. Jusqu’à la toute fin du tome 3 certains mystères sont entretenus, ce qui fait que l’on s’attache au récit très vite.

Même si les personnages sont principalement des garçons, une fille dans le tome 1 et d’autres dans les tomes suivants prennent part à l’aventure, ce qui ne fait pas de cette histoire un récit uniquement pour garçons. Je pense que les filles peuvent tout aussi bien y prendre goût.

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Tome 3 de la trilogie

 

Je ne peux vraiment rien dire de plus sur ce que je pense de l’intrigue, sinon je devrais m’aventurer dans les tomes 2 et 3 et cela briserait la magie de lecture du 1.

Mais pour tous les fans de science-fiction (sans partir dans un futur robotisé et trop éloigné), ceux qui aiment les questions de survie, ceux qui apprécient les mystères bien menés jusqu’à la fin, lisez vite cette trilogie !

Le film est sorti le 15 octobre au cinéma, je ne l’ai pas encore vu, mais cela me fait peur. Après avoir tant aimé les livres, je crains que le film ne soit pas à la hauteur de mes attentes et que l’adaptation soit trop éloignée. On verra, on verra !

En tout cas, aux dernières nouvelles James Dashner est en train d’écrire un tome qui expliquerait les derniers mystères non résolus de cette saga (oui oui il y en a, mais qui ne gênent absolument pas la compréhension de l’histoire et ce qui fait que ces livres sont d’autant plus appréciables). Ce nouveau volume je l’attends avec impatience et je pense que celui-là ne me décevra pas.

 

 Le récap’ de Loulou :

Points positifs :

  • Un renouveau dans le genre de la survie.
  • Des modes de pensées et idéologies très réalistes par rapport à la situation de départ.
  • Les pertes de mémoire font très crédibles et tiennent le récit vivant.
  • Un mélange entre science-fiction et monde réaliste très bien créé.
  • Un suspens tenu jusqu’au bout.
  • Des personnages mystérieux mais très attachants.

Point négatif :

  • J’ai personnellement très fortement adhéré à ce cycle, mais je pense qu’en réalité c’est quitte ou double. Soit on adhère à 100%, soit on n’accroche pas du tout. Dans le sens où soit on est d’accord avec tous les éléments, soit à partir du moment où l’on en trouve un qui ne nous plait pas, tout le reste risque de déplaire.

Kill order

The Kill Order, le préquel de la trilogie, pas encore sorti en France il me semble.

 

L’avis de Coco :

Comme l’a si bien dit Loulou, pour cette trilogie, soit on adhère à 100%, soit on n’accroche pas du tout. Mais je dirais même plus. Il existe une troisième catégorie de lecteurs : ceux qui, malgré tout, tentent de s’accrocher, même si la prise est glissante. Pour ma part, je n’ai ni détesté, ni adoré au point de me jeter sur la suite. En revanche, j’ai aimé lire le premier tome.

L’écriture est fluide, les personnages sont facilement identifiables et attachants, et l’aventure est au rendez-vous. Seulement, tous ces aspects sont masqués par les mystères distillés au fil des pages. Et on ne peut pas dire que l’auteur est avare de mystères, par contre en ce qui concerne les réponses …

C’est spécifiquement ce qui m’a manqué ici. Non pas que je n’aime pas les mystères, au contraire j’aime me triturer les méninges (ne cherchez pas, je suis un peu maso sur les bords), mais trop c’est trop. Lorsqu’on n’a pas les réponses tout de suite et que les mystères s’accumulent sans résolution, alors il y a risque de perdre le lecteur. Vous allez me dire qu’au moins, on est vraiment dans la peau du personnage.

J’ai pour ma part hâte de voir le film au cinéma, car cela peut revigorer ma curiosité et me pousser à lire la suite. Mais surtout cela pourra, je l’espère, répondre à certaines de mes questions.

 

 Le récap’ de Coco :

Points positifs :

  • Un style fluide qui colle avec l’ambiance à 100 à l’heure du livre.
  • Des personnages qui sont crédibles dans leurs actions. Même si ceux-ci sont principalement des garçons, les filles peuvent également s’y retrouver.
  • Des aventures qui ne laissent pas le temps de s’ennuyer.

Points négatifs :

  • Trop de mystères tue le mystère.
  • La fin n’apporte aucune réponse, mais au contraire des questions supplémentaires.

 

Bonne aventure les loulous et les cocos !


Nous avons désormais vu le film au cinéma et nos avis divergent encore une fois ! Pour voir notre critique de l’adaptation, c’est par ici.