Les Eveilleurs de Pauline Alphen, Tome 2 : Ailleurs, chez Hachette en 2010

Ailleurs

Chose promise, chose due ! Voici la critique du tome 2 de la saga Les Eveilleurs de Pauline Alphen. Je vous préviens de suite, j’ai été très surprise de la tournure des évènements, et après quelques recherches sur les forums, je ne suis pas la seule ! Je vous laisse découvrir mon ressenti par rapport à tous ces changements.

 

Mais attention, je n’y vais pas par quatre chemins : GROS RISQUE DE SPOILS !


Résumé du tome 2 : Ailleurs

 

Après la catastrophe de la tour pendant le tournoi, tout est chamboulé. Des gens sont morts, d’autres ont disparu. Les personnages restés à Salicande et ayant survécu se posent mille questions sur les disparitions et sur ce qui s’est réellement passé pour provoquer un tel incendie. Tout au long de ce tome, on va suivre le point de vue de différents personnages, chacun à des endroits différents.

Jad et Ugh se retrouvent dans une sorte d’entre-deux, suspendus entre la vie et la mort. Tout au long de ce livre, on va suivre leurs réflexions assez philosophiques sur le destin, sur leur situation, sur les possibles changements que peuvent impliquer leur retour dans le monde réel. Ils vont rencontrer des Anges et se poser mille questions sur leurs existences. A la fin, tandis que Ugh décide de rentrer à Salicande pour prévenir ses proches qu’ils ne sont pas morts, Jad souhaite rester encore un peu en compagnie de l’Ange Gabriel pour démêler certaines interrogations qui lui restent sur la conscience.

Claris, quant à elle, après une longue errance souterraine à demi inconsciente (sous l’emprise des émotions, croyant son frère mort) se retrouve sur une île inconnue. Elle a tout oublié ; la catastrophe, son frère, sa famille, Salicande, son propre nom. Elle sera recueillie par le peuple de l’île, qui la soignera et lui apprendra à vivre à leur façon. Très proche de la nature, notamment de la mer, ce peuple va peu à peu aider Claris à retrouver la mémoire. Un jour, un déclic se fait. Tous les souvenirs remontent à la surface. Claris ressent le besoin de retourner enfin chez elle. Mais pas pour y retrouver tout de suite sa famille. Ce qu’elle a compris lors de cet exil, c’est qu’elle est faite pour devenir Nomade de l’écriture. Elle souhaite donc se rendre de toute urgence au Nomadstère où sont formés les jeunes à ce métier.

D’autres personnages, notamment Blaise, vont également mener leur propre quête à Salicande ou dans les vallées voisines, pour comprendre ce qui s’est passé lors de la grande catastrophe, où sont passés les disparus, et s’interroger sur les changements en cours dans leur monde actuel, avec le retour progressif des êtres magiques.

 

Avis personnel :

 

J’ai commencé le tome 2 immédiatement après le 1. Très motivée, enthousiaste, le sourire aux lèvres. J’ai gardé ce sourire un moment, de plus en plus forcé, car de moins en moins emballée. Comme dit dans le résumé, les personnages sont dispatchés et chacun mène ses propres réflexions sur sa situation et celle du monde actuel. Forcément, je m’attendais à un changement d’ambiance après l’incendie de la tour, la mort de certains personnages auxquels on s’était attaché et le fait qu’il n’y ait plus autant d’esprit de famille vu que chacun fini dans son coin. Mais là cela a été un peu brutal. En réalité cette suite est tout à fait logique par rapport aux évènements qui se sont déroulés à la fin du tome 1, et la force d’écriture de Pauline Alphen reste la même. Mais étant personnellement très prise par le côté action et grands changements du tome 1, le ralentissement du tome 2 m’a refroidie.

Par exemple, l’un des aspects que j’avais le plus apprécié dans le premier (le fait que l’on nous fasse la morale mais sans arrière-pensée) devient trop incisif ici. Désormais on nous dit quasiment clairement que dans notre monde réel nous partons à la dérive avec certaines de nos pratiques et je trouve cela agressif pour le lecteur. On se sent pointé du doigt et accusé de quelque chose. On passe un tome entier à être quasiment obligé de se remettre en question. La dimension religieuse très très présente me gêne aussi (avec les Anges et l’entre-deux mondes, qui implique une croyance en une suite après la mort, quelle qu’elle soit) et risque de rebuter des lecteurs qui ne sont pas croyants. De plus quand on a apprécié énormément le premier roman et ce monde si merveilleux dont on voyait apparaître progressivement les formes de magie, on a forcément un petit décrochage quand on revient à des choses si terre à terre et pragmatiques.

Le changement de rythme entre les aventures du tome 1 et les réflexions imposées du tome 2, sont trop brutaux et casse l’ambiance, et personnellement m’ont un peu fait passer l’attrait que j’avais pour ce roman. Pas au point que je ne le lise plus du tout, j’avais trop adhéré au premier pour laisser tomber ainsi les personnages, mais tout de même j’ai trouvé le virage un peu serré.

Trop lent, trop philosophique, trop à visée « introspection sur soi-même ». Oui, on s’est aperçu depuis le début que Pauline Alphen veut faire comprendre à son lecteur que la planète est importante et qu’il faut en prendre soin, mais là parfois je trouve que cela va trop loin. A la limite, elle ne laisse même plus à son lecteur le choix de ce qu’il veut décider et certaines fois je me suis sentie comme obligée d’adhérer aux propos évoqués.

De plus, les personnages sont un peu modifiés, je trouve. Par exemple, le comportement de Ugh a beaucoup changé par rapport au premier tome, il a l’air un peu plus sûr de lui, mais de façon arrogante et cela fait bizarre. Il change trop brusquement, je n’aime pas son comportement avec l’Ange, légèrement snob.

Une dernière chose m’a chiffonnée dans cette suite. J’avais apprécié, dans le premier tome, le sous-découpage des chapitres. Cela rendait la lecture plus fluide, permettait de s’arrêter plus facilement. Mais dans ce deuxième tome cela devient parfois gênant. Dans le premier tome, on ne suit qu’un ou deux points de vue tout au long du livre, ce n’est donc pas compliqué de passer de l’un à l’autre. Mais dans le second tome, comme les personnages sont complètement éparpillés, on suit de trois à six points de vue tout du long. Si chaque chapitre décrivait un point de vue, cela aurait été. Mais parfois c’est à chaque sous-chapitre que le point de vue est modifié, ce qui est troublant. Il faut parfois s’accrocher pour comprendre, dès les premières lignes, qui est en train de parler. De plus, ces sous-chapitres étant parfois très courts (une ou deux pages), changer si fréquemment déboussole complètement le lecteur. On n’a pas le temps de comprendre réellement de quoi parle tel personnage, ce qu’il est en train de vivre, ou d’adhérer à sa pensée, que l’on change déjà de vision, d’endroit, et que l’on a encore une fois pas le temps de s’adapter.

 

Assez déçue par ce tome 2 donc, mais tout en étant consciente que pourtant cela suit très bien la fin de l’histoire du tome 1 et que certains détails que je n’ai pas apprécié étaient pourtant inévitables. Un avis très personnel, qui ne m’a pas empêchée de vouloir continuer la lecture de ce cycle, parce que je suis tout de même attachée aux personnages !

 

Le récap’ :

Points positifs :

  • La qualité de l’écriture de Pauline Alphen reste intacte.
  • La découverte de l’île sur laquelle est Claris est tout de même très plaisante.

Points négatifs :

  • Un ralentissement trop brusque dans le rythme de l’histoire.
  • Des réflexions philosophiques et religieuses trop éloignées du premier tome, qui peuvent refroidir certains lecteurs.
  • Des changements de caractères chez certains personnages, qui ne sont pas forcément compréhensibles. L’adolescence ne justifie pas tout.

 

A bientôt pour la critique du tome 3 les loulous !