Les promeneurs sous la Lune de Zidrou (texte) et Mai Egurza (illustrations), paru chez Rue de Sèvres en mars 2015

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Une petite folie à la librairie du coin (genre j’achète deux livres, je sors, puis finalement je reviens pour acheter celui-là…). Une petite folie pour un GRAND coup de cœur !

Nap’ (Napoléon Carvallo) fait des crises de somnambulisme et se retrouve régulièrement dans le lit d’une parfaite inconnue, Linh. Elle a beau fermer à double tour sa porte d’entrée et celle de sa chambre, rien n’y fait, elle le retrouve dans son lit de temps en temps. Elle finit par comprendre qu’il passe par les toits et donc par sa fenêtre. La situation n’est plus tenable, Nap’ se rend chez un spécialiste pour se guérir. Spécialiste qui lui annonce qu’il est atteint d’une forme de somnambulisme encore inconnue, et qui, surtout, est contagieuse… Tout le quartier finit d’ailleurs par attraper cette maladie, Linh comprise.

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Le scénario est complètement loufoque, drôle, tendre, et très bien écrit. On y croit même si on sait que ce n’est pas possible et c’est aussi ça qui fait l’humour du tout. Les dessins sont exquis. J’adore les courbes de Linh, la tête de sa vieille voisine et de son Husky, le graphisme des hamsters… Oui, oui, je m’attarde sur des détails, mais c’est ce qui fait que c’est une bande dessinée entière.

Derrière un aspect humoristique, le tout cache une histoire véritablement poétique, tendre et pleine d’amour, que ce soit par le texte ou les images. Au début et à la fin de la bande dessinée, une jolie chanson rend hommage au monde de la nuit (peut-être que ce sont des paroles tirées d’un vrai texte, mais je ne m’y connais pas assez en musique pour le dire). Et les illustrations en font de même tout au long de l’ouvrage. Les scènes de la nuit, des somnambules, des toits, sont superbes. Une petite touche de tendresse supplémentaire quand on découvre le rituel quotidien qu’ont Linh et sa voisine, une dame âgée, de se retrouver le soir sur leurs balcons respectifs, de papoter un peu, puis surtout de saluer le soleil à chacun de ses couchers.

Mes plus beaux sourires au fil de la lecture sont pour les références glissées ça et là dans le récit, notamment : le poster de Blacksad (cycle de 5 bandes dessinées aux éditions Dargaud) au-dessus du lit de Linh et la séparation en chapitres (qui ne sont d’ailleurs pas appelés « chapitre » mais « phase » comme pour le sommeil) de la bande dessiné qui sont chacun agrémentés d’un titre et d’un dessin :

  • Phase 1 : Somnolence — Blanche-Neige venant de croquer la pomme et tombant dans son sommeil.
  • Phase 2 : Sommeil léger — La princesse au petit pois ayant du mal à dormir à cause du petit pois glissé sous les nombreux matelas.
  • Phase 3 : Sommeil profond — Jack qui ne se réveille même pas alors qu’un gros haricot magique pousse sous sa fenêtre.
  • Phase 4 : Sommeil paradoxal (celui où l’on fait les rêves) — Peter Pan accompagné de Wendy et ses frères.

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Zidrou n’est plus à présenter et ce nouveau texte conforte son talent. L’illustratrice en revanche m’était inconnue. Mai Egurza signe sa première bande dessinée avec Les promeneurs sous la Lune et on lui souhaite un beau parcours dans ce domaine car elle y est très douée ! Le choix de dessiner les princesses des phases à l’aquarelle ajoute à la poésie de l’ensemble et change du classicisme de certaines bandes dessinées.

Rien de plus à dire sur cet ouvrage au risque de détruire sa magie, sa tendresse et sa drôlerie ! À lire d’urgence, juste exquis !

 

Le récap’ :

Points positifs :

  • Une bande dessinée très tendre et poétique, mais pas niaise.
  • Des dessins exquis.
  • Un accord parfait entre le texte et les illustrations.
  • Le tout mené avec délicatesse.

Point négatif :

  • Pas trouvé !

 

Joyeuses découvertes littéraires poétiques les loulous !