Love, Simon de Greg Berlanti,
adaptation du livre Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens de Becky Albertalli

Coucou les Cocos,

Je vous avais préparé une superbe introduction, remplie d’amour, de mots et de tendresse, expliquant quand comment et pourquoi je suis tombée sur Love Simon. Mais finalement, je me suis dis qu’on n’avait qu’une vie et qu’elle n’était certainement pas destinée à lire un paragraphe interminable sur le quand, le comment et le pourquoi d’un film.
Bon, en vrai, c’est surtout parce que j’entends le tonnerre gronder au loin et que j’ai bien envie de vous livrer cet article avant que ma connexion internet ne saute. Alors, c’est parti pour une course contre la montre digne de Mission Impossible !

Il faut savoir tout d’abord, qu’il n’est pas rare que lorsqu’une affiche m’intrigue ou qu’un synopsis me plait, j’aille au cinéma les yeux fermés, comprenez que j’y vais sans regarder la bande annonce au préalable. Love, Simon, faisait partie de ces films là. Les éloges que l’on faisait de ce film outre manche m’ont convaincue à elles seules d’aller me terrer dans une salle obscure pour me rendre compte par mes propres yeux que Love, Simon mérite tout l’amour du monde.

Voici la liste des choses que je savais du film avant de poser mon séant sur le siège confortable de mon ciné local :

  • C’était une adaptation d’un roman, Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens, de Becky Albertalli, depuis renommé Love, Simon (comme c’est pratique).
  • C’était une comédie romantique
  • Mais une comédie romantique gay
  • Les têtes d’affiche étaient l’actrice de 13 reasons Why (ressuscitée pour l’occasion) et l’acteur de Jurassic World.

C’était bien assez pour ma part, pour me relaxer dans mon siège et me laisser porter par l’histoire touchante de Simon.

Simon, 16 ans, est un ado ordinaire. Il a une famille super et aimante, un cercle d’amis indéfectibles, et une vie sociale tout ce qu’il y a de plus normale. Sauf que voilà, Simon a un secret : il est gay. Personne n’est au courant, pas même sa meilleure amie depuis l’enfance. Simon n’a pourtant pas honte de lui, disons juste qu’il n’est pas encore prêt à affronter le monde seul. Alors, Simon se tait et essaie de vivre sa vie le plus normalement possible.
Jusqu’au jour où un simple message fait basculer sa vie. Sur le blog du lycée apparaît soudain le billet d’un autre adolescent qui révèle son homosexualité. Sous la plume de Blue, cet ado décrit son état d’esprit avec tant de sensibilité et de justesse que Simon tombe sous le charme et décide sur un coup de tête de lui répondre sous un pseudonyme. Une correspondance moderne se met alors en place entre les deux adolescents en mal d’amour. Mais lorsqu’un camarade de classe de Simon découvre les échanges de mails, c’est le début d’un chantage que Simon est obligé d’accepter sous peine de voir Blue, disparaître … pour toujours.

Même si ma dernière phrase sonne dramatique, rassurez-vous Love, Simon est bien une comédie romantique dans tous les sens classiques du terme. Vous retrouverez bien l’amour impossible entre deux adolescents, les situations rocambolesques et les retournements de situations qui conduiront aux premiers baisers des personnages. Là où Love, Simon, par contre se démarque c’est par le côté homosexuel de la romance présentée.

Et j’ai envie de dire : enfin ! Enfin, on propose à nos adolescents (cible majeure de ce film) une histoire d’amour conventionnelle homosexuelle. Bien que les séries ont fait de gros progrès dans la création de personnages gays complexes et réalistes, les films ont encore du mal à en faire de même. Et lorsqu’il s’agit de film pour ados, le personnage gay est d’ailleurs rarement le héros. C’est bien trop souvent un « side-kick » drôle (par ses paroles ou ses actes). 

Et là où Love, Simon se démarque, bis, c’est bien dans la qualité de ses personnages. Qu’ils soient gays, hétéros, blancs ou de couleurs, ils ont tous une personnalité propre et sans (trop) de stéréotypes. Ici, l’importance n’est pas l’orientation sexuelle des personnages mais leurs sentiments et leurs comportements par rapport à ceux-ci. Je me suis par exemple reconnue dans la meilleure amie de Simon, peu à l’aise avec ses sentiments et attendant que l’amour lui tombe dans le bec. Tout dans leurs histoires parait crédible et réaliste. 

D’ailleurs, ce que j’ai adoré aussi dans le film c’est, outre l’histoire d’amour géniale entre Blue et Simon, le fait que l’on s’attarde légèrement sur l’homophobie ordinaire, c’est-à-dire celle dont on a le plus de mal à se débarrasser parce qu’elle est bien ancrée dans notre société. De petits mots comme « tapettes » ou de petites phrases innocemment lâchées comme « il doit être gay, vu comment il s’habille » ne sont jamais anodines. Cela participe à un ancrage des stéréotypes dans la société. Le film amène super bien le sujet avec le personnage du père, qui est touchant de par sa réaction face à l’annonce de l’homosexualité de son fils. Sa relation avec Simon est l’une des choses que j’ai le plus appréciée dans le film. C’était à la fois émouvant et réaliste !

Mais attention, le fait que j’ai apprécié la mise en relief de ce problème de société ne veut pas dire  pour autant que le film ne tourne qu’autour de l’homosexualité de son héros. Bien au contraire. L’histoire d’amour prend réellement le pas sur ce côté là, si bien que les rageux peuvent se taire tout de suite : Love, Simon n’est pas un film d’homosexuel fait pour les homosexuels. C’est un film d’amour entre deux adolescents, qui, oui se trouvent être des garçons. C’est aussi un film sur l’importance d’être soi-même, l’importance de l’amitié et la difficulté de grandir. 

Bizarrement, alors que c’est toujours le cas quand je regarde une adaptation que j’aime bien, je n’ai aucune envie de lire le livre. Je pense que cela tient du fait que j’ai perdu la magie qu’offrirait une première lecture. Je sais déjà qui est Blue, et si oui ou non il acceptera de se dévoiler à Simon. Je n’ai donc, à mes yeux, plus de raisons de m’accrocher aux pages, à part peut-être si je veux voir plus d »échanges entre Blue et Simon. Mais même de ce côté là, le film a très bien géré. Leurs échanges à l’écran n’étaient ni trop envahissants ni trop peu crédibles. 

A l’heure où le simple fait que deux êtres amoureux puissent se marier, avoir des enfants et être heureux quelque soit leurs sexes, est encore l’objet de débats, Love Simon est une bulle de tolérance bienveillante. Bref, un film à voir en famille sans hésiter ! Il sera d’ailleurs bientôt disponible sur Netflix. Je dis ça, je dis rien 🙂 

Bon visionnage les Cocos !

N.B : L’orage commence à peine à frapper à la porte, j’ai gagné ma mission impossible, et j’ai même encore assez de connexion pour vous mettre la bande annonce de Love, Simon !