Lucien et Hermine, apprentis chevaliers
Tome 1 : Un dragon bien trop gros
de Sophie Adriansen et Roland Garrigue

Il y a des livres comme ça, qui ont tout pour plaire mais avec lesquels on a beau essayer, cela ne fonctionne pas. C’est le cas du livre que je vais vous chroniquer aujourd’hui. 

Mais avant de vous expliquer le pourquoi du comment, je tenais à remercier Babelio, notre chère bibliothèque virtuelle, et Gulf Stream éditeur qui nous ont gracieusement offert ce livre dans le cadre de la masse critique babelio.
J’étais d’ailleurs toute heureuse quand Loulou m’a annoncée que j’allais recevoir Lucien et Hermine, apprentis chevaliers. Car non seulement, c’était un livre fantastico-médieval (genre dont je suis très friande), mais aussi parce que c’était un livre « première lecture », ce qu’on a rarement l’occasion de chroniquer sur le Bazar (à notre grand regret). Malheureusement, le soufflet est retombé vite, très très vite. 

Pourtant, Lucien et Hermine, apprentis chevaliers était bien prometteur. Dès la quatrième de couverture, on nous vend du fantastique, de la magie et des personnages qui cassent les stéréotypes. Jugez par vous-même : 

« Lucien n’aime rien tant que jouer aux échecs toute la journée, la princesse Hermine rêve de devenir chevalière et Enguerrand préfère percer les secrets des grands secrets que manier l’épée … Mais au Moyen-Âge les vocations des enfants sont parfois contrariées. Heureusement, grâce à leur curiosité et à leur flair, les trois amis vivent des aventures extraordinaires ! »

Avouez que ça envoie du pâté. Alors pour ne pas gâcher tout de suite un si beau résumé, je vais commencer par les bons côtés de ce livre. 🙂

Tout d’abord, l’histoire est bien ficelée. Les chapitres ne sont pas très longs et laissent la place à plein de rebondissements. C’est un très bon livre d’aventures qui devrait plaire à la fois aux filles et aux garçons. Car pour une fois, la jeune princesse n’est pas juste là pour faire partie du décor ou jouer le rôle de la demoiselle en détresse. Elle participe activement à la résolution de l’énigme. 
Dans ce tome, les trois comparses doivent faire face à un dragonneau qui prend soudainement la taille d’un dragon menaçant. Bien sûr, les expériences magiques d’Enguerrand n’y sont pas étrangères, alors pour les trois amis, il est urgent de réparer les dégâts avant que quelqu’un ne soit blessé. Et leur trois cerveaux ne seront pas de trop dans cette tâche.
Les relations entre les personnages sont très sympas. Je n’ai pas trouvé de véritable héros dans ce livre. Les trois enfants s’entraident si bien qu’ils sont mis sur un pied d’égalité. C’est une belle force d’écriture. D’ailleurs, cette dernière est très fluide et pleine de rebondissements. Les chapitres sont également courts, ce qui permet aux enfants de lire rapidement ou de « couper » facilement leur lecture. 

Autre atout qui mérite d’être relevé : l’interactivité avec le lecteur. Tout au long de sa lecture, l’enfant va être invité à participer à l’avancement de l’histoire. Tout un tas de jeux jalonnent en effet les pages de ce tome. Entre les problèmes mathématiques, les mots croisés, les questions de vocabulaire et les autres jeux, l’enfant aura tout loisir d’apprendre en s’amusant. 

Mais ce côté interactif a aussi un revers de médaille assez négatif. Lucien et Hermine est censé convenir à des enfants de 8 ans et plus. Seulement voilà, certains jeux sont si compliqués, que l’adulte bac + 5 que je suis n’a pas su les réussir. J’ai dû appeler Loulou à l’aide, qui elle-même a dû appeler internet à l’aide, c’est pour dire. Alors, soit on a perdu des neurones en chemin vers l’âge adulte, soit certains jeux sont trop durs. Je sais bien que je ne suis pas du tout dans l’âge de lectorat visé par l’éditeur (18 ans nous séparent quand même), mais j’ai à cœur de penser que j’ai su gardé mon âme enfantine. Dans tous les cas, j’ai une très bonne mémoire et je sais qu’à 8 ans, j’aurais été incapable de répondre à certaines énigmes. 

Le mot croisé de l’enfer : indiquez nous en commentaires, si vous avez trouvé 🙂

Certes un petit macaron « enquêtes confirmées » trône sur la couverture, mais rien ne laisse présager d’un tel niveau de difficulté. D’autant plus que celui-ci est assez inégal. J’ai buté dès le premier test, alors que les suivants sont beaucoup plus simples (voir parfois trop simple, même pour un enfant). Les niveaux sont donc mélangés, sans grande logique. Et c’est bien dommage, car c’était une très bonne idée. 

Se rajoute à cela, une difficulté de temporalité. Le petit dragonneau de l’histoire aime faire beaucoup de blagues anachroniques, mais j’ai trouvé qu’ici cela rajoute une complexité non utile à l’histoire. Les enfants de 8 ans ne vont pas forcément comprendre de telles blagues. 

En bref, je ne dirais pas que cette lecture fut totalement horrible ou inutile (j’ai d’ailleurs appris quelques trucs au passage), mais je la conseillerais aux enfants de 8 ans très bons lecteurs qui sont déjà passionnés par la chevalerie. Car il n’y aurait rien de plus décourageant pour un enfant de lire son livre à côté du dictionnaire, n’est-ce pas ? 

Enfin, je ne suis pas sûre qu’on sache encore ce qu’est un dictionnaire de nos jours

Bonne lecture les Cocos !