Mécaniques fatales de Philip Reeve, paru chez Gallimard en 2003

Tome 1

Le 12 décembre prochain, le film Mortal Engins va sortir au cinéma. Un film de science-fiction et d’action, qui, peu de gens le savent, est en réalité tiré d’un roman pour adolescents paru il y a quelques années. Il est donc inspiré du premier tome de la série Tom et Esther, traduit en français par Mécaniques fatales. Ma médiathèque regorgeant de pépites d’un autre temps, j’ai pu avec joie, découvrir le roman avant d’aller voir son adaptation au cinéma (et de pouvoir en faire un comparatif ensuite, bien évidemment).

 

De nombreux siècles après notre ère, la Terre n’est plus ce qu’elle était. La grande Guerre d’Une Heure a ravagé le monde, les humains s’étant entretuées à coup d’armes chimiques. Les villes ne sont plus statiques. Montées sur roues, elles sont devenues de monstrueuses locomopoles. Pour survivre, elles doivent se pourchasser les unes les autres, pour s’avaler, se démanteler et trouver des ressources. Après une dizaine d’années au repos, Londres repart à la conquête de nouvelles proies. Mais c’est sans compter Esther Shaw, qui compte bien déjouer les plans de Thaddeus Valentine et se venger du meurtre de ses parents. Malheureusement la jeune fille verra son plan échouer et se retrouvera jeter en Terra Incognita, avec le jeune Tom, apprenti historien, qui n’avait jamais mis les pieds sur la terre ferme. Un long périple les attend, pour que Tom retrouve sa ville et qu’Esther tue enfin Thaddeus.

Tome 2

Honnêtement, je n’étais pas très emballée à l’idée de lire ce livre. J’aime bien les films de science-fiction et je compte bien aller voir Mortal Engins. En revanche, en livre, ce n’est pas ma tasse de thé. Pourtant je tenais à découvrir l’histoire avant d’aller au cinéma et à pouvoir comparer. J’ai donc commencé ma lecture à reculons. Finalement, au bout de trois chapitres, j’étais carrément dedans !

Ce qui aide beaucoup c’est l’écriture (et la traduction qui est très bonne je pense). Le tout est fluide, on nous présente les choses comme naturelles, on peut s’immerger très facilement, se représenter les éléments sans problème. On prend également un malin plaisir à découvrir le fonctionnement des locomopoles, son système de hiérarchie, ses techniques, et le musée de Londres qui recèle d’objets que nous connaissons bien, mais restent si mystérieux pour les londoniens de l’époque décrite par Reeve.

Avec du recul, on se rend bien compte que faire avancer à une vitesse de pointe de 150 km/h, une ville comme Londres, désormais montée sur au moins 7 étages, n’est absolument pas réalisable, quelque soit la technique employée. Mais c’est tellement bien décrit et on tombe si facilement dans le scénario, qu’on se laisse transporter par les explications et on ne se pose pas de questions. Les chapitres très courts, qui passent du point de vue d’un personnage à un autre, sont aussi un gros point fort qui permet d’être toujours dans l’action.

Tome 3

Après la force d’écriture, il y a évidemment les personnages. Tom et Esther sont nos deux protagonistes, et malgré leurs caractères opposés on s’y attache très vite. J’ai beaucoup aimé l’antagonisme auquel fait face Tom : protéger Esther et l’aider à tuer Thaddeus, alors que Londres est son centre du monde au départ et Thaddeus son héros. Sa remise en question est forte et fait partie de la teneur du roman. J’ai également apprécié que l’héroïne ne soit pas la beauté canon habituelle. Elle est défigurée (cicatrice au visage, un seul œil, nez écrasé) et pourtant n’en reste pas moins charmante, et Tom finit par s’attacher à elle autrement qu’il le pensait.

En dehors de nos héros, on rencontre de nombreux autres « gentils » comme la jeune Katherine, la fille de Thaddeus, Chudleigh Pomeroy, le directeur adjoint de la Guilde des Historiens de Londres, ou encore Anna Fang, de la ligue des Anti-Mouvementiste. Tous ont un rôle important dans l’histoire. Tout comme les « méchants », tel que Magnus Crome, le maire de Londres, ses sbires ou encore ses créations, les Traqueurs. Et pourtant on s’attache à eux également. Attention à ne pas trop vous accrocher aux différents personnages tout de même, sinon vous allez passer la deuxième moitié du roman à porter le deuil… Eh oui, il y a beaucoup de morts, même parmi les gentils.

Tome 4

En bref, j’ai vraiment bien accroché à ce roman. Il y a d’ailleurs 3 tomes de suite, mais je ne compte pas les lire. De 1, parce que ce premier tome se finalise sans cliffhanger, je préfère donc me reposer sur une fin qui m’a plu et ne pas risquer de moins accrocher à la suite. De 2, parce que ma médiathèque ne possède de toute façon que les deux premiers tomes, donc autant ne pas me lancer dans une série que je ne pourrai pas finir.

En revanche, je suis déjà un peu irritée de voir que Gallimard va surfer sur la vague du film et a donc réédité le livre en grand format pour une quinzaine d’euros (avec une image du film en couverture), alors qu’il existe toujours en format poche pour 7 euros. J’ai également déjà quelques doutes quant à l’adaptation, à cause de la bande annonce : comme je vous le disais, Esther est censée être défigurée dans le livre. Dans la bande annonce du film, on voit clairement qu’à part une estafilade le long du visage, elle est mignonne comme tout la petite. Donc voilà, quand on est une fille au cinéma, on se doit d’être jolie… On ne va pas polémiquer plus longtemps là-dessus ou ça va m’énerver.

J’espère tout de même que le film sera une adaptation à la hauteur !

Réédition 2018

Bonne lecture originale les loulous !