10704132_665581536871579_6114201231134843135_nLa collection Métamorphose aux éditions Soleil

Depuis quelques temps déjà, je souhaite vous parler de livres que j’affectionne tout particulièrement et qui font tous partie de la même collection : Métamorphose aux éditions Soleil. Mais comment aborder ces œuvres ? Elles ont en même temps des points communs, mais pourtant de grandes différences, donc comment les réunir en UN article ? Parce que oui, je voulais les mettre dans un même article, car si j’avais fait un article par ouvrage, j’en aurai eu pour plusieurs mois à tout publier. Alors il suffit de ne parler que de quelques-unes des œuvres de la collection ? Mais enfin, c’est impossible, je ne saurais que choisir !!!

Je commençais à ne plus avoir de cheveux à force de me les arracher sur ce problème, quand la solution m’a parue évidente : en faire un article pour Halloween ! Car le point commun qui rassemble tous les livres de la collection Métamorphose, c’est l’étrange. Chacun à leur manière, les 26 ouvrages de cette collection redéfinissent les frontières de l’étrange, du mystérieux, de la peur et parfois de l’horreur. Merveilleux accord avec Halloween donc.

Collection très récente (elle a environ 6 ans et demi à la publication de cet article), Métamorphose n’en a pas moins un très grand succès. Bon, c’est une collection des éditions Soleil, donc forcément elle n’a pas eu trop de mal à se lancer au vue de la notoriété de cette maison. Mais tout de même, on peut saluer la qualité de cette collection.

On y trouve autant des auteurs et illustrateurs à la renommée déjà nationale (voir internationale) dans leur domaine, comme Benjamin Lacombe, Guillaume Bianco ou Barbara Canepa, que des créateurs moins connus, mais tout aussi talentueux et qui montent de plus en plus, comme Amélie Fléchais, Jérémie Almanza ou Joris Chamblain.

 

Rentrons dans le vif du sujet. Sur les 26 œuvres parues chez Métamorphose, je n’en possède « que » 10. Mais je les ai quand même toutes eues un jour entre les mains, notamment empruntées en bibliothèque, je peux donc vous en parler sans problème. Mais quoi de mieux pour commencer à aborder cette collection que d’en avoir le point de vu direct de sa directrice, Barbara Canepa (en cliquant sur les premiers mots des deux paragraphes suivants, vous tomberez sur les interview complètes, si cela vous intéresse) :

« Le moteur qui m’a incitée à créer cette collection a été principalement la curiosité que j’ai pour toutes les choses étranges et inexplicables de la vie, l’amour de la culture anglo-saxonne, ainsi que le sentiment d’être orpheline d’une certaine thématique en littérature BD et jeunesse. Métamorphose est un monde caché où il est permis à tout un chacun de redevenir enfant. C’est pour cela que j’ai choisi comme symbole de la collection cet incroyable et superbe mot « Métamorphose ». Un mot parfait, qui ne représente rien d’autre que nous-mêmes en tant qu’êtres vivants, en ce qui concerne notre transformation personnelle, intellectuelle et naturelle, même après notre propre mort ».

« Métamorphose est donc une nouvelle collection destinée à tous ceux qui aiment rêver. A ceux qui aiment les histoires racontées par leur grand-mère avant de s’endormir. Les histoires antiques, fantastiques, parfois même effrayantes, qui réveillent les monstres lovés en nous… Une collection qui s’adresse à un public large : les différents projets de Métamorphose oscillent entre le livre jeunesse et le roman graphique, dont le public adulte est aujourd’hui friand. Les livres de cette collection proposent une réflexion, un rêve – parfois effrayant, mais qui n’en demeure pas moins fascinant ».

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Métamorphose est une collection aux multiples facettes. Accessible aux jeunes (attention, tout de même plutôt des ados), elle attire également les adultes. D’ailleurs, selon les librairies et selon les tomes de la collection, on peut retrouver certains ouvrages en section jeunesse ou en section adulte. Le style des livres n’est pas non plus défini clairement. BD ou roman graphique, conte ou récit fantastique ? Dans chacun de ces livres, on peut trouver côté à côte des pages en format bande dessinée, journal intime, roman… Les rayons des librairies ne sont encore une fois pas d’accord dans les classements à ce sujet. L’étrange, climat que revendique Métamorphose, n’est pas non plus entendu de la même manière dans toutes les œuvres. On y retrouve de l’étrange dans le sens frisson, avec des fantômes, des sorcières, des monstres. Mais aussi de l’étrange mystique ou de l’étrange fantastique avec des licornes ou des figures mythologiques. De l’étrange dérangeant, avec des reprises de romans classiques, où ce sont les illustrations qui apportent le côté mystérieux.

Il serait un peu long de vous faire un topo sur TOUS les livres de la collection, je vais donc vous parler de mes préférés et de ceux qui se rapportent le plus à l’étrange auquel on s’attend quand on parle d’Halloween. Je vais citer de temps en temps d’autres œuvres de la collection, mais pour découvrir tous les autres titres, je vous invite à aller faire un tour directement sur la page de Métamorphose, par ici.

 

2043_500On commence par Les contes macabres. Ce recueil réunit 8 histoires dérangeantes écrites au XIXème siècle par Edgar Allan Poe, traduites plus tard par Charles Baudelaire et illustrées aujourd’hui par Benjamin Lacombe. Tous les récits rassemblés dans ce livre sont à la base pour adulte, car parfois très portés sur l’horreur. Des enfants dépressifs, des fantômes malveillants, des cadavres ressuscités, des métamorphoses étranges, voilà ce qui peuple ces écrits d’Edgar Allan Poe. Mais ils peuvent tout de même être lus par des cœurs d’adolescents pas trop sensibles. Avec tous les récits de vampires qui fleurissent actuellement, les quelques contes macabres réunis ici ne devraient pas en effrayer beaucoup (Ironie. Personnellement, certains m’ont bien retournée).

Je ne suis à la base pas une grande fan des illustrations de Benjamin Lacombe. C’est indéniable, il a du talent. Mais ses dessins ont toujours le don de me « déranger ». Je suis gênée en les regardant, je trouve les visages parfois trop peu humains ou figés, et les décors trop sombres. Mais dans ce recueil, son travail d’artiste correspond tout à fait ! Ce qui me gêne habituellement chez Lacombe, se marie ici merveilleusement bien avec le climat d’horreur des contes d’Edgar Allan Poe. De plus, le livre est sombre en lui-même. La moitié des histoires sont écrites sur fond noir, toutes les illustrations sont sombres, les tranches des pages et les 1ère et 4ème de couvertures sont teintées de noires, ce qui rend l’objet livre en lui-même mystérieux. C’est donc l’œuvre parfaite à lire dans le fond de son lit, à la bougie, le soir d’Halloween.

A retenir :

  • Benjamin Lacombe a également illustré Notre Dame de Paris (de Victor Hugo) dans la collection Métamorphose. Un récit moins porté sur l’étrange, mais les illustrations toujours aussi « dérangeantes » pour moi, rendent cette histoire plus mystérieuse.
  • En ce qui concerne les reprises de classiques chez Métamorphose, on peut également retenir Alice, à travers le miroir, de Lewis Carroll (le papa d’Alice au pays des merveilles), repris et illustré par Lostfish. Le récit d’Alice est déjà en soit quelque peu déroutant, mais les dessins de Lostfish, représentant les personnages comme des poupées de cires à la limite du film d’horreur, rendent totalement inquiétant et étrange ce récit.
  • Enfin, est sorti, il y a très peu de temps chez Métamorphose, Carmilla. Ce roman gothique et vampirique, écrit par Le Fanu en 1872, est illustré ici par Isabella Mazzanti. C’est le seul de la collection que je n’ai pas encore eu l’occasion d’avoir entre les mains, mais il est très prometteur et sa couverture nous plonge déjà dans l’univers adéquat.

 

2709_500Le second livre dont je veux vous parler principalement, est Chemin perdu d’Amélie Fléchais. C’est l’histoire de trois jeunes garçons, partis en forêt pour une chasse au trésor. Pour arriver les premiers et gagner, ils décident de prendre un raccourci. Pourtant chacun sait qu’il est dangereux de s’aventurer dans une forêt sombre et inconnue, sur des sentiers non conformes… Ce qui devait arriver, arriva. Ils se perdent et rencontrent des animaux farfelus. « C’est une histoire exaltante qui emprunte à l’Europe, la richesse de ses contes, au Japon, la désinvolture de ses récits populaires, et qui offre une audacieuse mixité d’influences puisées dans l’animation et le manga », dixit la 4ème de couverture.

Un peu moins porté sur l’horreur que Lacombe, Amélie Fléchais nous livre néanmoins un univers inquiétant, entre pages en noir et blanc et pages colorées. Ce récit est déroutant et il demande deux lectures pour être compris et savouré pleinement. Les illustrations, entre réalisme et brouillon, ajoutent au mystère. Cette œuvre peut être lue par des plus jeunes car moins effrayante.

Dans le même style de récit, avec des forêts sombres, des enfants perdus et des êtres maléfiques, on retrouve chez Métamorphose :

  • Dans la forêt de Richerand.
  • Cœur de papier de Enna (scénariste) et Rigano (dessinateur).
  • Sunsine et le Dorméveil de Enna (scénariste) et Lefevre (dessinateur), deux tomes parus.

 

1531_500Enfin, mon troisième et plus gros coup de cœur se porte sur les livres de Guillaume Bianco, artiste que je suis depuis un bon bout de temps maintenant et que j’ai eu la chance de rencontrer en dédicace. Je vais ici non pas vous parler d’un seul livre, mais de tous ceux qu’il a produit chez Métamorphose.

Guillaume Bianco a créé le personnage de Billy Brouillard, petit garçon au don incroyable : il peut voir et communiquer avec les morts. Entre la réalité des dires de Billy et l’imagination débordante d’un petit garçon, il n’y a qu’un pas, quand on est jeune. Mais que ce don soit vrai ou non, Billy n’en vit pas moins de fabuleuses aventures, qui l’emmènent à la rencontre de créatures toutes plus farfelues les unes que les autres. Avec son caractère bien trempé, il a rarement peur de tous ces êtres et devient même parfois leur ami, voir leur sauveur. Billy Brouillard est le petit garçon que tout enfant rêverait d’être, pour arrêter d’avoir peur du monstre caché dans le placard.

Les aventures de Billy Brouillard commencent dans le tome 1, Le don de trouble vue. Billy découvre que sans ses lunettes il peut apercevoir des choses que les autres membres de sa famille ne détectent pas. Il part donc, dans sa maison et son jardin, à la recherche de tous ces éléments paranormaux qu’il peut percevoir. Ce tome 1, donne le ton des suivants, qui se calqueront à une forme narrative particulière. Nous suivons les péripéties de Billy à travers une forme de bande dessinée. Mais entre les évènements vécus par le petit garçon, se glissent des pages bien différentes. Des glossaires des créatures du monde paranormal, des fiches techniques pour apprendre à combattre ces montres, des pages de journaux relatant des faits-divers étranges… Ces trois livres peuvent donc être lus de plusieurs manières et la lecture peut agréablement être entrecoupée de différents objets.

Billy Brouillard

Dans le tome 2, Le petit garçon qui ne croyait plus au Père Noël, le chat de Billy part au paradis des chats. Billy demande donc au Père Noël un seul cadeau, qu’il lui ramène son chat, Tarzan. Mais bien évidemment ce n’est pas possible. Billy va donc tout au long de ce tome, tenter de récupérer son chat, mais surtout, traiter le Père Noël de tous les noms, pour ne pas avoir exaucé son vœu.

Le tome 3, Le chant des sirènes, est encore plus biscornu que les deux premiers. Billy va partir à la rencontre de nouvelles créatures mythiques, notamment des êtres aquatiques. Une bonne partie de l’histoire se fait cette fois sous forme de récit illustré. Ce qui, personnellement, m’a un peu moins plu, car je préférais le rythme plus coupé des autres tomes. Mais ce livre est tout de même un petit bijou de fantaisie.

Quel que soit le tome, les histoires sont nimbées d’une ambiance mystérieuse, parfois d’horreur, mais tout en restant accessibles à des jeunes. L’humour est fin et présent à chaque page. Billy est attachant, malgré son caractère fort. Finalement chacun peut se reconnaître dans ces livres, notamment dans les croyances enfantines.

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Les aventures de Billy Brouillard ne s’arrêtent pas là. Guillaume Bianco a sorti, toujours chez Métamorphose, deux coffrets de Comptines malfaisantes. Chacun contient 3 petits livres, racontant une histoire (l’un raconte deux histoires). Mis sous forme de contes, ces récits reprennent des bouts d’histoires que nous avons pu apercevoir dans les trois tomes originaux de Billy Brouillard. Le petit garçon a été, comme tout enfant, bercé par des contes classiques. Mais pas les mêmes que vous et moi connaissons. Les contes qui ont enveloppé l’enfance de Billy étaient bien plus macabres. Et ils nous sont restitués dans ces deux coffrets. Il me semble qu’un troisième est prévu d’ailleurs, mais sans date de sortie annoncée pour le moment. Ces coffrets ne racontent donc pas des aventures directes de Billy Brouillard, mais nous laissent tout de même plongé dans son monde.

Enfin, le dernier livre paru sur l’univers du petit garçon au don de trouble vue est L’encyclopédie curieuse et bizarre par Billy Brouillard, volume 1 : les fantômes. Comme son nom l’indique, ce tome est construit comme une petite encyclopédie. On y trouve très peu de récit sous forme de BD retraçant les aventures de Billy, comme c’était le cas dans les 3 tomes originaux. Mais on y trouve des pages de bestiaires, des pages de journaux sur des faits-divers étranges, des recensements de bestioles mystérieuses… On y déniche également de petites historiettes d’horreur. Un premier volume très prometteur pour les suivants.

Bref, l’univers de Billy Brouillard, aussi effrayant que drôle, aussi mystérieux qu’attendrissant, a tous les atouts pour en séduire plus d’un !

A retenir :

Guillaume Bianco a également pris le parti de ne pas toujours dessiner et a partagé une aventure avec l’un de ses confrères, Jérémie Almanza. Bianco au scénario, Almanza aux illustrations, Eco est née chez Métamorphose. Ce récit illustré comporte trois tomes et raconte l’histoire d’une petite fille, victime d’une malédiction, qui quitte son foyer pour aller demander de l’aide à la Princesse des Nuages. A mettre entre toutes les mains !

 

Et n’oubliez pas également, que Les Carnets de Cerise font partie de la collection Métamorphose ! Vous pouvez relire notre article sur ces bandes dessinées, ici ! Sortie officielle du tome 3, le 19 novembre !

 

La collection Métamorphose nous offre un éventail de lectures aussi diverses et variées que paradoxalement unies. Tous les livres peuvent attirer le même type de lecteur, comme ils peuvent être lus par des lecteurs bien différents les uns des autres. C’est un impressionnant travail de création qui est effectué par les protagonistes de Métamorphose, et cela autant pour plaire au plus grand nombre, que pour se démarquer des autres collections et attirer un public atypique. Ce qui fait la diversité de cette collection, fait en réalité son unicité. Des auteurs et illustrateurs aux talents bien différents, mais certains. Des récits on ne peut plus divers, mais réunit dans leur étrangeté.

 

Bonnes lectures étranges et surtout joyeux Halloween les loulous !


Petit bonus pour rester dans l’ambiance :