Nos Etoiles contraires, de John Green (ed. Nathan)

9782092543030

Vous avez, au cours de ces derniers mois, dû entendre beaucoup de choses au sujet de ce livre. Passionnant, émouvant, bouleversant, ce sont les mots qui reviennent le plus pour le décrire. Alors forcément, ça a titillé ma curiosité. J’ai longtemps hésité avant de me plonger dans la lecture de Nos Etoiles contraires, justement à cause de toutes les critiques qui avaient déjà été faites dessus. Ce livre allait-il être à la hauteur de mes espérances ? Parce que lorsqu’on me vend un livre comme étant transcendant, j’aimerais juste qu’il le soit, voyez vous.

Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas moi qui vous ferai le résumé de Nos Etoiles contraires. Pourquoi ? Parce que je préfère me concentrer ici sur le contenu et que j’ai déjà du mal à résister à vous raconter TOUTE l’histoire. Donc ne tentons pas le diable, et laissons l’éditeur vous résumer l’histoire :

« Hazel, 16 ans, est atteinte d’un cancer. Son dernier traitement semble avoir arrêté l’évolution de la maladie, mais elle se sait condamnée. Bien qu’elle s’y ennuie passablement, elle intègre un groupe de soutien, fréquenté par d’autres jeunes malades. C’est là qu’elle rencontre Augustus, un garçon en rémission, qui partage son humour et son goût de la littérature. Entre les deux adolescents, l’attirance est immédiate. Et malgré les réticences d’Hazel, qui a peur de s’impliquer dans une relation dont le temps est compté, leur histoire d’amour commence… les entraînant vite dans un projet un peu fou, ambitieux, drôle et surtout plein de vie. » (source)

Avant d’aller plus loin dans mon article, je voudrais quand même vous mettre en garde, ou plutôt non, vous conseiller. Parce que cette lecture n’est pas une simple lecture, il vaut mieux être armé pour commencer ce livre. Aussi, je vous ai préparé une belle petite liste utile.

A lire :

  • avec une boite minimum de mouchoirs à proximité (parce que je ne sais pas si vous avez déjà essayé de lire avec vos yeux remplis de larmes, mais je peux vous assurer que ça ne marche pas très bien).
  • sans musique triste (au risque de passer à deux boîtes de mouchoirs)
  • avec une bonne boisson chaude pour se réconforter après la fin.
Ce n'est pas parce qu'on pleure, qu'on peut pas avoir la classe

Ce n’est pas parce qu’on pleure, qu’on peut pas avoir la classe


Malgré tout ce qui a été dit sur le livre, et malgré le résumé ci-dessus, je ne dirais pas que c’est l’histoire d’amour entre deux cancéreux. Je m’y refuse. Non pas que je sois dans le déni, mais plutôt parce que pour moi, ce serait trahir le message véhiculé par John Green. Etre cancéreux se résume de nos jours à sortir de la norme, à devenir un aimant à pitié, alors que ça ne devrait pas.
L’amour est ce qui va réunir Hazel et Augustus. C’est ce qui va les aider à se réaliser en tant que personne, et non en tant que cancéreux. Même si la maladie n’est jamais très loin, elle ne sert jamais à apitoyer le lecteur. Vous ne lirez jamais Hazel penser : « Je suis cancéreuse, aimez-moi ». C’est tout à son honneur. Et nous, simples lecteurs, nous ne pouvons que nous réjouir de la leçon de vie que les personnages nous offrent. Alors oui, on pleure, mais surtout, on rit. On rit de leur humour, on rit de leur joie, on rit de la vie tout simplement.

Deux cancéreux et un aveugle : c'est le bingo des malades

Deux cancéreux et un aveugle : c’est le bingo des malades


Le cancer des enfants est toujours terrible (mais quand est-ce que le cancer ne l’est pas ?), parce qu’il implique que les parents vont devoir regarder leur enfant souffrir, et parfois même, partir avant eux. Ce livre, c’est aussi une ode à tous ceux qui supportent cela, à tous ceux qui se tiennent derrière un enfant malade, prêt à le soutenir dans sa chute.

Je n’aime pas les histoires d’amour (littéraire ou cinématographique) parce qu’elles n’offrent aucune place à la spontanéité, et parce qu’on connaît la fin avant même d’avoir fini de s’asseoir. Ici, ce n’est pas si différent, en tout cas pour le dernier point. C’est plus la spontanéité qui rend cette œuvre vivante. Hazel, ce n’est pas la jeune cancéreuse qui tombe amoureuse malgré elle, c’est la jeune fille courageuse et amoureuse qui sommeille en chacun de nous.

 Il existe bien entendu un film, adapté du roman de John Green. Et je ne peux que vous (re)conseiller de prendre vos précautions : n’oubliez pas votre boîte de mouchoirs, et pour les filles, le mascara waterproof. 

L'affiche du film

L’affiche du film

Recap’ :

Points positifs :

  • Une leçon de vie incroyable.
  • Des personnages aussi attachants que vulnérables.
  • Un point de vue sur le cancer qui change de ce qu’on a déjà pu voir.
  • Une écriture soignée, accessible à tous, depuis le jeune collégien à la centenaire du quartier.

Point négatif :

  • Je ne dis pas qu’il n’y en a pas, mais pour l’instant, je n’en vois pas de flagrants.  

 

Bonne lecture les cocos !


 

BONUS : John Green n’est pas seulement un auteur mondialement reconnu, c’est aussi une star du web. Sa proximité avec ses lecteurs, ainsi que sa bonne humeur quotidienne ont fait de lui une figure incontournable de l’internet. Ses plus grands succès sont ses vidéos où il se prend pour un scientifique averti tentant de vérifier un par un les mythes qui pullulent sur le web. Le principe : il existe des astuces sur internet qui pourraient nous permettre de mieux vivre (du style : on peut ouvrir une ouverture facile en l’arrachant avec les dents), mais le sceptique John Green ne croit que ce qu’il voit, alors il teste toutes ces astuces. Tenez, c’est cadeau :

Par contre, je m’excuse je n’ai pas pu trouver de vidéo sous-titrée (et qu’est-ce qu’il parle vite le bougre), mais pour les non-anglophones, voici M. John Green dans un tout autre registre :