On continue sur notre lancée du prix Mangawa

 

Après une sélection pour jeunes filles, on pense maintenant aux garçons, avec les Shonen, qui sont le pendant des Shojo.

Mais avant de commencer, je vous montre les flyers qui ont servi à attirer les élèves au CDI pour participer au prix.
Celui pour le concours de dessin.

Les Shonen sont des mangas dont la cible est le jeune garçon entre 10 et 16 ans. Avec, bien évidemment, des thèmes qui sont susceptibles de les attirer, comme l’aventure, l’amitié, le dépassement de soi, le sport, l’humour… Les Shonen peuvent aussi être tournés façon polar ou science-fiction.

Celui pour le prix de lecture.

 

La sélection manga Shonen de 2018 :

  • Nirvana de Sayuki Jin, chez Dokidoki
  • Flying Witch de Chihirolshizuka, chez Nobi Nobi
  • To your eternity de Yoshitoki Oima, chez Pika
  • Im de Makoto Morishita, chez Ki-oon
  • Tenjin de Muneaki Taoka, Yoichi Komori et Tasuku Sugie, chez Kana

Je vous les présente dans l’ordre dans lequel je les ai découvert. Les critiques seront assez courtes car la sélection était moins à mon goût. Intéressante et positive dans l’ensemble, mais avec des thématiques qui m’ont moins conquise.

 


 

To your eternity de Yoshitoki Oima, paru en avril 2017 chez Pika

Une étrange sphère a été déposée sur Terre par un être mystérieux. Elle s’est d’abord changée en pierre, puis en mousse, avant de prendre la forme d’un loup. Finalement, au beau milieu des plaines enneigées, elle a rencontré un humain pour la première fois, un jeune garçon qui vivait seul et espérait découvrir d’autres contrées. La sphère a passé quelque temps avec lui, mais il est mort. Elle a alors pris son apparence et est partie en quête de nouvelles stimulations. Etant immortelle, elle peut vivre de nombreuses expériences. Sous l’apparence du garçon, la sphère suit cette fois la petite March, jeune fille choisie pour servir d’offrande au Dieu des montagnes.

J’ai été bluffé par cette première lecture de Shonen manga. J’y ai trouvé un scénario bien construit, une part de fantastique à couper le souffle, un graphisme avancé (notamment les paysages très détaillés), des personnages aboutis. Surtout ne vous attachez pas à un personnage en particulier (sauf au principal, la sphère) parce que c’est une hécatombe dans cette série. Pas de quartier, même pour les plus jeunes.

Les métamorphoses de la sphère sont magnifiques et la façon de les représenter est splendide. J’ai adoré suivre l’évolution de cet être fantastique, qui apprend au fur et à mesure de ses rencontres et obtient une nouvelle mutation à chaque sollicitation importante. Le graphisme et la rage de certaines scènes m’ont énormément rappelé Princesse Mononoké.

J’ai enchainé de suite avec le tome 2, même s’il n’est pas au programme du prix Mangawa, et c’est encore plus abouti et prenant. Je suis désormais frustrée de ne pas pouvoir lire la suite immédiatement ! J’ai réellement été impressionnée par ce manga qui m’a totalement prise aux tripes. Sa catégorisation en Shonen m’a même étonnée à la vue de certaines scènes. Ici, le noir et blanc ne m’a absolument pas gêné, comme dans certains Shojo, où j’aurai aimé voir de l’animation en plus grâce à la couleur. To your eternity est sublime comme il est. Un récit initiatique merveilleusement mené. Mon épopée au pays du manga Shonen commence superbement et j’espère que ça se poursuivra ainsi.

N.B. : La saga compte pour le moment 4 tomes en France, le 5ème sort en février.

 


 

Flying Witch de Chihiro lshizuka, paru en mars 2017 chez Nobi Nobi

À 15 ans et selon la coutume des sorcières, la jeune Makoto doit quitter le cocon familial et prendre son indépendance. Elle quitte Tokyo avec son chat noir, Chito, et part dans le nord-est du Japon où elle est hébergée chez ses cousins Kei et Chinatsu. Elle y découvre les petits plaisirs d’une vie plus proche de la nature, où le temps semble s’écouler plus doucement. Mais le quotidien à la campagne ne s’annonce pas de tout repos car Makoto est une apprentie sorcière très étourdie qui a bien du mal à cacher sa nature !

Un manga très rafraichissant plein de peps et de drôleries. La jeune Makoto est très attachante. Sa petite cousine Chinatsu, curieuse de découvrir ce membre de la famille si particulier est également un personnage clef, pour le moment. Le graphisme simple et épuré va très bien avec le fond de l’histoire. Mais pour le coup c’est un manga que j’aurais bien vu en couleur, pour donner encore plus d’énergie à ce récit ludique et magique. En revanche, à part un petit vol sur un balai, pas de traces de magie de la part de Makoto dans ce tome. Elle a des manies étranges de sorcière (comme offrir des mandragores pour celer une amitié), mais ne pratique pas la magie pour le moment. A voir dans les prochains tomes.

N.B. : La saga compte pour le moment 5 tomes en France.

 


 

Tenjin de Muneaki Taoka, Yoichi Komori et Tasuku Sugie, paru en juin 2017 chez Kana

Riku Sakagami est fils et petit-fils de pilotes militaires. Il rêve, lui aussi, de manœuvrer un avion de chasse ! Il aimerait également découvrir le secret d’un accident que son père a eu en vol et que l’armée a l’air de couvrir. Ce père qui lui a donné la passion du ciel, au point que Riku veuille aller le plus haut possible pour aller à la rencontre de Tenji, le Dieu du ciel.

A l’école de formation, dès le premier vol, Riku fait la preuve d’aptitudes innées exceptionnelles. Ce qui n’échappera pas à ses instructeurs mais également à Hayari, la meilleure recrue de l’école, qui pourrait bien voir en lui un rival !

Je dois avouer que le thème de ce manga n’est absolument pas ma tasse de thé. Il est effectivement accès uniquement sur l’aviation (pas d’amourette en perspective pour le moment), le plaisir du vol, la mécanique, la rivalité entre les étudiants de ce domaine. En revanche, je reconnais tout de même ses qualités. Le graphisme des avions en vol est particulièrement bien travaillé et pour ceux qui aiment ce thème je pense que cela sera un vrai plus. L’histoire est également bien ficelée et on sent que la rivalité entre les jeunes aviateurs va se développer dans les tomes suivants. Petit plus pour l’intégration de filles dans ce tome. L’auteur aurait pu rester dans le cliché et ne choisir que des garçons, mais ce n’est pas le cas. Et tant mieux !

En tout cas, dans le CDI où je travaille, il a énormément de succès et les lycéens n’arrêtent pas de me demander la suite !

N.B. : La saga compte pour le moment 4 tomes en France, le 5ème est prévu pour début février.

 


 

Im de Makoto Morishita, paru en mai 2017 chez Ki-oon

Depuis qu’elle est toute petite, Hinome n’a aucun ami. À l’école, on la dit maudite… Et pour cause : chaque son qui sort de sa bouche se transforme en flamme mortelle ! Alors qu’elle rentre comme d’habitude chez elle sans avoir parlé à qui que ce soit de la journée, elle tombe sur un étrange garçon en pleine cavale dans les rues de Tokyo. Elle lui propose de l’héberger, avant de découvrir qu’elle a devant elle rien de moins qu’Imhotep, le plus grand prêtre-sorcier de l’Égypte ancienne ! Malgré ses airs d’adolescent, il cache d’immenses pouvoirs… si grands qu’il s’est attiré la colère des dieux. Considéré comme le pire criminel de tous les temps, il a été condamné à un sommeil artificiel…
Mais 3 000 ans plus tard, le monde est de nouveau menacé par les Magai, des démons maléfiques, et les geôliers d’Im n’ont d’autre solution que de faire appel à lui pour régler le problème. Imhotep, qui voue une haine profonde à ces créatures, ne se fait pas prier pour les éliminer… en commençant par celle qui avait pris possession du corps de Hinome ! Réunis par le destin, Im et la jeune fille se lancent dans un combat sans pitié, avec pour le mage une chance de trouver la rédemption au bout du chemin…

Un manga dynamique, plein de rebondissements, avec des profils de personnages très diversifiés. Entre aventure, découverte de l’Egypte ancienne, humour et récit d’apprentissage, c’est une histoire qui pourra en surprendre plus d’un. J’ai parfois eu un peu de mal avec le graphisme surchargé, notamment lors des combats entre différentes entités égyptiennes, mais c’est aussi ce qui donne du pep’s à la lecture. Hinome est un personnage plein de surprise, Im est un Dieu imbu de lui-même mais attachant et ses anachronismes rendent certaines situations drôles. Quant à Anubis, son protecteur, sous forme de petit chat/chien totem, il ajoute au mystère du tout.

N.B. : La saga compte pour le moment 6 tomes en France.

 


 

Nirvana de Sayuki Jin, paru en février 2017 chez Dokidoki

Désireuse de marcher dans les traces de sa mère, Yachiyo embarque pour une mission bénévole à l’étranger. Mais en plein vol, son avion s’écrase… Yachiyo se réveille à l’intérieur d’un somptueux palais. C’est un monde nouveau et inconnu qui s’offre à elle, peuplé d’étranges habitants. L’un d’entre eux l’appelle même « Sakuya » et lui révèle qu’elle est la réincarnation de la déesse de la création. Prisonnière de ce monde mystérieux, Yachiyo va entreprendre une quête pour vaincre les forces du mal, aidée par douze compagnons. Mais est-elle réellement la réincarnation de la sauveuse tant attendue ?

J’ai eu un peu de mal avec le tout dernier manga de cette sélection Shonen. Le fond de l’histoire est pas mal et a du potentiel. Beaucoup de fantastique, de magie, d’amitié et d’aventure. Mais le tout va beaucoup trop vite à mon goût. La jeune Yachiyo se conforme trop rapidement à sa condition de déesse pour que cela soit crédible. Elle se découvre des pouvoirs qu’elle maitrise également trop vite. Avec son compagnon, ils partent à l’aventure, encore une fois sans préparation et en un claquement de doigt. On n’a pas le temps d’apprécier la globalité de l’histoire. Comparé à d’autres mangas où je trouve que l’action prend tout son temps pour démarrer et où le tome 1 est même un peu plat (comme Flying Witch), Nirvana va beaucoup trop vite et on s’y perd. On n’a pas le temps de comprendre.

N.B. : La saga compte pour le moment 2 tomes en France, le 3ème est prévu pour début février.

 

C’est fini pour la sélection Shonen du prix Mangawa 2018 ! On se retrouve très vite pour la toute dernière sélection, les Seinen !

 

Joyeuses découvertes littéraires les loulous !