Sauveur & Fils saison 1, de Marie-Aude Murail

Hello les cocos !

J’espère que les chroniques de Loulou sur la famille Murail (ici, ici et ici) vous ont plu, car je viens aujourd’hui pour en remettre une couche. Ce qui est assez ironique voyez-vous parce que je vous écris cet article, littéralement recouverte de peinture blanche, assise sur un lit de camp dans ce qui va bientôt devenir mon ancien appartement.
Hé oui, je déménage et du coup dois « encartonner » tous mes livres chéris avant de refaire un petit coup de peinture. Mais assez parlé de moi, revenons à nos moutons (ou nos cochons d’inde) !

Si vous avez déjà lu les chroniques précédentes de ma Loulou d’amour, notamment la dernière sur Marie-Aude Murail, vous savez déjà de quoi je vais vous parler aujourd’hui. Pour tous les autres, je vais vous résumer en un seul mot : coup de cœur !

Sauveur et Fils fait partie des dernières créations de Marie-Aude Murail. Ce n’est qu’une goutte d’eau parmi sa longue carrière prolifique, mais quelle goutte d’eau !

Nous suivons dans cette saga, le commun extraordinaire de la vie de Sauveur Saint-Yves, un psychologue clinicien, venu des Antilles s’installer avec son fils en métropole. De par son métier, Sauveur voit défiler dans son cabinet toute la complexité de la vie humaine. Et cela n’échappe pas à son fils, Lazare, 8 ans. Caché derrière la porte du cabinet, il écoute les séances mouvementées des patients, parfois sans en comprendre réellement le sens.
Mais lorsqu’un vieux secret de famille venu des îles vient perturber leur vie, Saint-Yves Sauveur décide de plonger à son tour dans les tourments de son propre esprit et raviver la douleur de vieux souvenirs.

Alternant à la fois le point de vue de Lazare et de Sauveur, ce roman nous offre un récit plus que poignant, dont les pages se tournent d’elles-même. Les personnages sont attachants et débordant de réalisme. Je ne serais pas étonnée de savoir que Marie-Aude Murail s’est immiscée en mode infiltration dans le cabinet d’un psy pour coller au plus proche du réel. Il n’y a pas à dire, Marie-Aude Murail maîtrise vraiment sur le bout des doigts tous les sujets qu’elle traite.
Et c’est à mes yeux la plus grande force du roman. J’ai beaucoup aimé toute la partie décrivant les séances de psy ainsi que la vie des patients. Beaucoup plus en tout cas que la partie vie privée de la famille Sauveur, dont le secret de famille m’a laissée un peu de marbre et sur ma faim.

Il faut dire que Marie-Aude Murail sait aborder des sujets graves avec une plume aussi légère que gracieuse. Ici, on parle de tout : attouchements sur mineur, homoparentalité, racisme, suicide, etc. Sans tabou et sans voyeurisme. D’ailleurs, soyez prévenus, les sujets durs apparaissent dès les premières pages avec une jeune fille qui se scarifie. Pourtant, malgré la dureté des sujets, je peux vous assurer qu’ouvrir les pages de Sauveur & Fils, c’est être transporté dans un monde complexe, désarçonnant, touchant et si proche de nous. Ouvrir Sauveur & Fils, c’est être certain de tomber amoureux de ces personnages si forts et si fragiles à la fois. Bref, c’est l’assurance d’un coup de cœur, ou plutôt d’un coup de foudre ! Si bien, qu’il me tarde de lire la suite des aventures de la famille Sauveur (dont je vous tiendrai bien sûr au courant).

Pour finir en beauté, je vais vous raconter une petite anecdote perso concernant ce livre. Voyez, cela fait hyper longtemps qu’il me faisait de l’œil, je vous en avais même parlé ici. Il m’avait intriguée à cause de sa couverture. Faut dire qu’il est assez rare de voir des cochons d’inde ainsi mis en avant. Pourtant, ce sont des amours d’animaux (je parle en connaissance de cause). Aussi en attrapant ce livre sur l’étal de mon libraire préféré, fus-je doublement surprise par 1) la présence de ce noble animal sur la couverture et 2) le résumé à l’arrière qui s’interrogeait ainsi « et que fais un hamster sur la couverture ? ». J’ai dû y regarder à deux fois pour me rendre compte qu’il y avait un problème soit d’image, soit de texte.
Depuis lors, lorsque je rencontrais ce livre, le même mystère me revenait en tête : était-ce une sorte de code dont on indiquerait la solution au cours de la lecture, ou une réelle faute de la part de l’éditeur ? Et bien, *roulements de tambours*, j’ai enfin la solution !!
C’est bien un problème d’image. Il est bien question de hamsters dans le roman, et non pas de cochons d’inde. Et je ne pense pas être la seule à m’être rendue compte de l’erreur, puisque la version poche de Sauveur & Fils dont je dispose a glissé un petit mot dans ses pages de fin pour s’excuser auprès du charmant cochon d’inde pour l’avoir confondu avec un hamster.
Sur cet excellent travail de détective, je vous laisse profiter de la lecture de votre futur coup de cœur 🙂 !

Bonne lecture les cocos !