Shades of Light, de V.E Schwab (éditions Lumen)

Hello les Loulous !

Décidément je vais de déception en déception en ce moment. Oui, je sais, il y a plus subtil et moins déprimant pour commencer un nouvel article, mais il fallait que ça sorte. Car cette déception laisse un petit goût amer dans mon cœur. Imaginez adorer une saga, pour être totalement déçue par son dernier tome. C’est ce qui vient de m’arriver et je vais vous raconter ça plus en détails.

Pour véritablement comprendre ce qui s’est passé, il est nécessaire de revenir un peu en arrière, aux origines d’une excellente saga fantastique pour être précise. Ça se passe en 2017, il fait beau, les oiseaux chantent tandis que le soleil se dresse fier dans le ciel. Je découvre alors un superbe livre que je m’empresse de vous conseiller juste ici. Shades of Magic lance le ton : un univers unique et inédit, des personnages forts et attachants, une intrigue rebondissante ; tout pour marquer les esprits. Si bien que quelques mois plus tard, je me précipite sur la suite : Shades of Shadow. Même avis, même constat : cette saga est une tuerie !
Alors j’ai attendu sagement la sortie du tome 3, et me suis jetée dessus à sa sortie. Bon, des faits personnels bien tristes m’ont empêchée de pouvoir le lire de suite. Mais lors de mon déménagement, je l’ai gardé hors des cartons, bien pressée de pouvoir retourner dans le Londres Rouge.

Mais quelle ne fut pas mon horreur lorsque je me suis aperçue que non seulement je n’arrivais pas à avaler les pages comme pour les autres tomes mais que l’intrigue me donnait des envies de jeter le livre au loin ! Que s’est-il donc passé ?

Reprenons les bases de l’univers créé par W.E Schwab. Imaginez donc un peu plusieurs mondes parallèles, reliés entre eux par des ponts de magie que seuls certains privilégiés, les Antari, peuvent traverser, et dont le seul point commun est Londres, ville immuable dans chacun des mondes. Pour différencier ces derniers, Kell, jeune Antari et messager royal, a inventé un code couleur :

  • Le Londres Gris, notre monde, est dénué de magie, et ne croit que peu en elle.
  • Le Londres Rouge, le monde de Kell, en est l’opposé, animé par la magie, qui vit en chaque être et chaque chose avec harmonie.
  • Le Londres Blanc, en revanche, a tenté de dominer la magie, au prix d’un profond mal-être et d’une lutte de pouvoir sans fin.
  • Mais le plus terrifiant des mondes est le Londres Noir, anéanti par la magie, qui s’est appropriée toutes les âmes vivantes.

Pour éviter la propagation de cette noirceur, les autres mondes ont coupé tous liens avec le Londres Noir, condamnant ses habitants à une mort certaine. Mais lorsque Kell entre en possession d’un artefact du monde Noir, il bouleverse l’équilibre de tous les Londres, et manque de les détruire. Fort heureusement, au cours de ses aventures, il fait la rencontre d’une jeune voleuse, Lila, originaire du Londres Gris. Contre toute attente, et ce malgré son manque de compréhension de la magie, elle met sa vie en danger pour sauver celle de l’Antari, et par extension … tous les Mondes.

Pour être tout à fait honnête, ce qui m’a profondément déplu dans ce tome, c’est l’intrigue. J’avais grand plaisir à retrouver tous les personnages de la saga, en particulier Lila et Kell. Je me disais que cela allait être chouette de pouvoir voir l’évolution de leurs personnages, qu’ils allaient pouvoir passer du temps ensemble comme dans le premier tome et que leur duo allait pouvoir refaire des étincelles. Que nenni.

Durant la grosse première partie du roman, tous les personnages se retrouvent enfermés dans le château royal du Londres Rouge, acculés par un démon magique ancien. Dès lors, les chapitres s’enchaînent sur le modèle du « je sors du château, je rentre dans le château, je ressors du château, je rerentre dans le château, je reresors du le château ….. » De quoi donner l’impression de suivre mon chat dans son exploration du jardin. Surtout que les sorties en dehors du château n’apportent absolument rien à l’histoire, à part peut-être une dimension un poil plus humaine de certains personnages, chose que l’on savait déjà.

Pendant toute cette première partie donc, le schéma se répète inlassablement et l’intrigue ne semble pas avancer d’un pouce. Le démon magique gagne en puissance, tandis que les autres restent reclus dans le château. Mais miracle, au bout de quatre cent pages environ, la moitié des personnages décident de partir à l’aventure pour retrouver un objet mythique capable de terrasser le démon. A partir de là, le rythme s’accélère et je commence à reprendre goût à la lecture. Mais pas assez pour chasser la déception de la première partie et l’amer sensation de tourner en rond qui en découle.

De ce fait, je n’ai pas eu l’impression que les personnages ont évolué au cours de ce dernier tome, eux aussi pris dans une spirale d’immobilisme. Pire, la révélation préparée dans les deux tomes précédents sur l’un des personnages (je ne ferais aucun spoil dézo) est balayée en une seule page, sans que cela n’émeut personne. Pourtant cette révélation est une chose tellement rare dans tous les Londres, que cela aurait dû prendre beaucoup plus de place. Certes, pour ma part, je l’avais deviné depuis le tome 2, mais ce n’était pas le cas des personnages, et ce n’est pas moi qui le dit, mais eux-même !

Petit point positif quand même (hé, tout n’est pas noir) : l’épilogue passe en revue tous les personnages marquants de la saga. Une sorte d’au revoir nostalgique qui fait du bien aux fans.

Autre point positif, dont je vous avais déjà parlé d’ailleurs dans mon article sur le tome 2 : les couvertures françaises sont d’une beauté absolue ! Et ce tome là ne fait pas exception. J’ai plutôt l’habitude d’encenser les couvertures anglo-saxones mais là, c’est vraiment le coup de cœur. Alors, je remets en avant le travail magnifique de Charlie Bowater que vous pouvez retrouver juste ici !

Malgré tout cela, je ne regrette pas vraiment l’aventure. Même si ce dernier tome est bien en deçà des autres, la saga vaut le détour. Son univers, ses personnages, son originalité vont bien me manquer, et malgré ma déception, c’est avec un pincement au cœur que j’ai tourné la dernière page.

Bonne lecture les Cocos !