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Plumes en tout genre

On continue nos articles thématiques sur des personnages dans la littérature de jeunesse ! Cette semaine j’ai choisi de parler des oiseaux, ces êtres si fragiles et majestueux à la fois. Une sélection très variée avec des oiseaux personnifiés ou non, à bon ou mauvais caractère, mais qui transmettent toujours un message.

L’oiseau de pluie raconté par Monique Bermond et illustré par Kersti Chaplet, chez Flammarion (Père Castor) en 1971

Banioum aime écouter le chant de l’oiseau de pluie, annonciateur des déluges qui sont bienfaisants pour les champs de son village. Il décide alors de capturer un oiseau de pluie, pour en avoir constamment un au village et que celui-ci fasse prospérer les récoltes grâce aux pluies amenées par son chant. Mais, une fois capturé, l’oiseau n’émet plus aucun son. Banioum va demander conseil au grand Sage. Ce dernier enferme Banioum dans sa case une partie de la journée. Il en ressort en pleurant et comprend que l’on ne peut être heureux enfermé ainsi.

Un conte traditionnel africain très classique, mais dont les illustrations sont particulièrement attractives. Une morale comme dans nos contes européens pour apprendre certaines valeurs dès le plus jeune âge.

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Timothée de Fombelle

Cela fait plusieurs années désormais que l’on entend parler de Timothée de Fombelle, et pourtant je n’avais jamais pris le temps de m’atteler à la lecture d’une de ses œuvres. Mais son passage dans l’émission La grande Librairie sur France 5 l’année dernière (un grand merci d’ailleurs à la chaîne pour ce super opus sur la littérature de jeunesse), plusieurs chroniques faites par des blogs jeunesse que je suis et une mise en évidence par ma médiathèque sur leurs rayons du Livre de Perle, ont été autant de signes pour me faire craquer. J’avoue que j’avais peur de me lancer dans l’aventure, car après tant de détails sur ses livres et de critiques positives lues, j’ai angoissé à l’idée de m’en faire une trop bonne idée et d’être finalement déçue. Un peu comme avec La Quête d’Ewilan dont on m’a tellement vanté les mérites que j’ai fini par le lire, mais qui m’a plus que déçue (ma critique à zieuter par ici), ou encore Miss Peregrine et les enfants particuliers (par ici la visite). J’ai une tendance à trop m’accrocher aux avis positifs sur les livres, à peut-être même les décupler dans ma tête et du coup à être déçue lorsque je découvre réellement l’œuvre. Un peu comme quand j’ai découvert La Joconde au Louvre dans ma jeunesse. Je ne m’étais jamais attardée sur la taille du tableau, que je n’avais donc pas retenu, mais on me l’avait tellement vantée, que je me l’imaginais automatiquement plus grande et j’ai été surprise, voire un peu déçue en la voyant pour la première fois.

Bref, tout ça pour dire que lire trop de critiques d’un livre avant de le lire réellement, c’est finalement mauvais pour moi. Eh bien, chaque règle a son exception et j’ai trouvé la mienne : Timothée de Fombelle. Je suis tombée sous le charme de ses textes, de sa poésie qui n’en a pas l’apparence, de ses aventures dans l’inconscient, de son côté fleur bleu à juste dose, bref de sa plume toute entière.

Alors, je ne vais pas vous refaire un article sur chacun de ses livres, ceux-ci inondent la toile. Mais je me dis qu’un petit article présentant brièvement chacune de ses œuvres, pour montrer la diversité dont il fait preuve, donner envie à ceux qui n’auraient pas encore goûter à ses paroles, ça ne peut pas faire de mal.

Je ne vais d’ailleurs pas présenter ses livres dans l’ordre chronologique de parution, mais dans l’ordre dans lequel je les ai découvert, pour pouvoir en faire une comparaison suivie par rapport à mon ressenti. Résumés et impressions succincts, juste ce qu’il faut pour donner envie.

Et puis, pour une veille de Saint Valentin, le thème « De Fombelle » avec toute la poésie qu’il comporte est parfait !

 

On commence même par la fin, puisque j’ai débuté mes lectures par Le Livre de Perle, l’un de ses derniers ouvrages, sorti en 2014 chez Gallimard jeunesse.

Je n’ai pas envie de changer le résumé de Gallimard, c’est lui qui m’a donné envie, voyons s’il vous convainc également :

« Il vient d’un monde lointain auquel le nôtre ne croit plus. Son grand amour l’attend là-bas, il en est sûr. Pris au piège de notre Histoire, Joshua Perle aura-t-il assez de toute une vie pour trouver le chemin du retour ? » – Un grand roman d’aventures entre réel et féérie, une éblouissante ode à l’amour et aux pouvoirs de l’imaginaire.

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Dans ma poche

Dans ma poche de Laurette Berger (plume) et Fanny Rouyer (crayons), paru aux éditions Thot en 2013

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Aujourd’hui, petite lecture plaisir. Premièrement, parce que c’est un livre que le Bazar a reçu grâce à Babelio et à sa masse critique de livres jeunesse et que ça fait toujours plaisir d’être sélectionné. Deuxièmement, parce que je ne suis absolument pas déçue par ce petit album extrêmement poétique !

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Dans ma poche raconte l’histoire d’un petit garçon, de sa naissance à l’âge où lui-même verra naître ses petits-enfants. Chaque page relate un fait marquant pour cet enfant, à travers ce que l’on pouvait trouver dans sa poche à un moment précis de sa vie. Une poche qui matérialise ce que l’on a un jour considéré comme important à tel instant précieux de notre vie. Des objets parfois insignifiants s’y trouvent ; insignifiants pour beaucoup, mais tellement importants pour la personne concernée. Parfois, ce sont des émotions que l’on retrouve dans cette poche, qui se transforme alors en un cœur si fragile. On passe par des étapes joyeuses, mais aussi malheureuses pour ce garçon. Toutes sont des étapes décisives pour le reste de sa vie. On le voit enfant, en train d’apprendre à faire du vélo. On le découvre amoureux, diplômé, marié, en colère, musicien… Autant de choses qui le définissent et dans lesquelles chaque lecteur peut se retrouver.

Une bonne cuillère de poésie, un soupçon de philosophie, un nuage de conte contemporain, une pincée de nostalgie, quelques sourires en coin, et on obtient un récit dans lequel on se laisse porter tout doucement comme une brise qui fait lentement danser les feuillages des arbres. C’est une ode à la vie elle-même et à tout ce qu’elle a de précieux pour chacun d’entre nous.

Je me suis totalement laissé envoûter par ce petit récit, si simple et pourtant si plein de souvenirs et d’émotions qui nous sont communs à tous.

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Les Editions du Buveur d’encre

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En décembre dernier, Loulou et Coco ont fait une expédition au salon du livre et ont récupéré deux magnifiques albums offerts par Les éditions du Buveur d’encre pour être chroniqués. Comme promis dans notre article du salon (à zieuter par ici), voici donc l’avis de Loulou sur ces deux ouvrages.

 

L’ABC de Marion Arbona, paru en 2015

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Juste un mot : Waouh !

Bon, d’accord, je ne vous laisse pas comme ça et je vous dis un peu ce que cache ce « Waouh ». Déjà rien que les dimensions de l’album sont impressionnantes (38,5 x 30,5) et, il faut bien le dire, un peu embêtantes pour le caser dans une bibliothèque (même à étagères réglables de la célèbre marque suédoise). Mais, quand on l’ouvre, on oublie vite qu’on va devoir batailler pour lui trouver une place.

Comme son nom l’indique, on se retrouve avec un abécédaire entre les mains. Mais un abécédaire esthétique, rigolo, éducatif, coloré, mouvementé et drôlement bien fichu. On est loin du petit abécédaire avec à peine un mot par lettre, dont les choix sont hyper classiques, pour les tout-petits et dont on se lasse vite.

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Editions Courtes et Longues

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Il y a quelques semaines, les éditions Courtes et Longues, spécialistes des livres de culture et d’art, nous ont proposé de chroniquer leur collection jeunesse. Imaginez notre joie, nous qui adorons la nouveauté. Nous avons ainsi pu choisir dans leur catalogue ce qui nous attirait le plus. Pour moi, ce fut quatre albums aux traits et thèmes différents, que je vous présente aujourd’hui.

J’aurais très bien pu, me direz-vous, faire un article pour chaque album, histoire de faire durer le suspense, mais cela aurait été vraiment dommage. Car ces quatre albums ont en commun bien plus qu’une édition : ils sont tous diablement poétiques !

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La maison en petits cubes

IMG_0468La maison en petits cubes, écrit par Kenya Hirata, illustré par Kunio Katô, sorti chez Nobi-Nobi en 2012

Au beau milieu de la mer vit un vieux monsieur. Mais que fait-il là tout seul et comment sa maison flotte-t-elle sur l’eau ? En réalité, à cet endroit, se tenait autrefois une jolie petite ville dont toutes les maisons étaient carrées. Une petite ville en bord de mer qui, malheureusement, a subi les affres de la nature : le niveau de l’eau est monté chaque année, jusqu’à recouvrir toutes les maisons. Les habitants ont bien essayé de rester dans leur ville en construisant de nouvelles pièces au-dessus de leur habitation principale, mais c’est un travail ardu. La ville est peu à peu devenue un alignement de colonnes englouties. Cela demandait trop de travail de rehausser sa maison chaque année. Peu à peu les habitants sont partis. Seul le vieux monsieur est resté. Pour rien au monde il ne quitterait sa petite demeure dans laquelle il a vécu tant de choses.

Un jour vient le moment pour ce vieil homme de construire une nouvelle fois au-dessus de sa grande colonne, car le niveau de la mer monte encore et encore. Il se met alors au travail. Mais son marteau lui échappe des mains et traverse toutes les pièces de sa maison, pour finir sa course dans le premier cube. Embêté à l’idée de ne pouvoir continuer sa construction, le vieux monsieur enfile sa combinaison de plongée et part à la recherche de son marteau. Pour cela il doit traverser toute sa maison de haut en bas. Ce petit voyage va faire remonter des souvenirs à la surface. A chaque bout de maison traversé, une époque de sa vie lui revient en mémoire et émeut le vieux monsieur.

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Les promeneurs sous la Lune

Les promeneurs sous la Lune de Zidrou (texte) et Mai Egurza (illustrations), paru chez Rue de Sèvres en mars 2015

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Une petite folie à la librairie du coin (genre j’achète deux livres, je sors, puis finalement je reviens pour acheter celui-là…). Une petite folie pour un GRAND coup de cœur !

Nap’ (Napoléon Carvallo) fait des crises de somnambulisme et se retrouve régulièrement dans le lit d’une parfaite inconnue, Linh. Elle a beau fermer à double tour sa porte d’entrée et celle de sa chambre, rien n’y fait, elle le retrouve dans son lit de temps en temps. Elle finit par comprendre qu’il passe par les toits et donc par sa fenêtre. La situation n’est plus tenable, Nap’ se rend chez un spécialiste pour se guérir. Spécialiste qui lui annonce qu’il est atteint d’une forme de somnambulisme encore inconnue, et qui, surtout, est contagieuse… Tout le quartier finit d’ailleurs par attraper cette maladie, Linh comprise.

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Les Fantastiques livres volants de Morris Lessmore

Les Fantastiques livres volants de Morris Lessmore, de William Joyce et Joe Bluhm

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Il y a des rencontres qui tombent sur vous, comme ça, avec un timing impeccable et qui bouleversent un peu (beaucoup) votre quotidien. Ma rencontre avec Les Fantastiques livres volants de Morris Lessmore n’a pourtant rien d’extraordinaire, mais pour lui faire justice je vais y mettre de la poésie lyrique. Par un après-midi pluvieux, tandis que j’errais dans le rayon album en quête de l’ouvrage parfait pour un client, un album murmura sur mon passage. Il était hors-norme, voyez-vous. Je n’y prêtais aucune attention sur le moment, mais force était de constater que chaque fois que je passais devant ce rayon, mes yeux étaient attirés par lui. Un format inhabituel le faisait dépasser de quelques centimètres des étagères, dévoilant pudiquement une couverture aux couleurs maîtrisées et au dessin arrondi. Aussi, un jour je cédais à la tentation et le feuilletais. Son intérieur sentait bon l’œuvre élaborée, les textes réfléchis et les illustrations débordantes d’imagination. Je pensais que notre histoire s’arrêterait là, piètre devin que je faisais. Quelques semaines plus tard, il m’appela encore, me rappelant par là qu’il n’avait su conquérir le cœur des lecteurs de passage. J’eus pitié de lui et le ramenait à la maison, pour ne plus jamais m’en séparer. Lire plus

Les histoires sans paroles

IMG_0121Aujourd’hui j’ai choisi de vous parler d’une collection d’albums qui est bien bien sympa, mais qui malheureusement va peu à peu disparaître : Les histoires sans paroles qui fait partie de la maison d’édition Autrement Jeunesse. En réalité il n’y a pas que cette collection qui va disparaître, mais toutes les productions liées à cette petite maison d’édition. Pas forcément connue du grand public, elle est pourtant méritante car a mis en avant des concepts, des récits, des illustrateurs et des auteurs peu communs. Elle est dirigée par la directrice du pôle jeunesse de Casterman. Mais sa rentabilité périclitant, la crise ne s’améliorant pas, et l’ouverture de son catalogue à des projets plus classiques n’étant pas d’actualité, Autrement jeunesse va tout simplement être fermée.

Pour comprendre un peu mieux de votre point de vue de lecteur les tréfonds des maisons d’édition et le pourquoi de la fermeture de certaines sections, quelques petites explications s’imposent sur ce cas. Madrigall est un grand groupe réunissant diverses maisons d’édition bien connues. On y retrouve Casterman, Flammarion, Gallimard… De très grands noms de l’édition en somme. S’y trouve également de plus petits noms, mais tout aussi prestigieux, tel que Autrement, et son département jeunesse. MAIS Madrigall (peut-être que certains auront remarqué que ce nom est l’anagramme de Gallimard…), est en réalité dirigé principalement par les descendants même du créateur de la maison Gallimard. Donc forcément, cela crée parfois des déséquilibres dans certaines répartitions. Le département jeunesse de la maison Autrement, va donc être fermé car pas assez rentable. Cette décision est connue depuis un peu moins d’un an ; le catalogue sortira ses nouveautés prévues à l’avance jusque février 2015, mais ensuite sa production cessera. Le catalogue et les livres déjà publiés continueront d’être diffusés, jusqu’à épuisement des stocks. Puis les auteurs et illustrateurs récupéreront leurs droits sur ces productions.

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Emilie Soleil, douceur et luminosité

Pour passer une bonne journée, je vous présente mon petit coup de cœur pour deux albums très poétiques, écrits par Emilie Soleil.

Petit Prince

Grand Roi, Grande Reine et Petit Prince, illustré par Christine Davenier, 2012, chez Casterman

Petit Prince vient de naître. Ses parents, Grand Roi et Grande Reine, sont les plus heureux du monde. Pour honorer la venue de Petit Prince, ils décident de faire venir du monde entier des plantes plus extraordinaires les unes que les autres, des oiseaux splendides et de construire de somptueuses fontaines, pour élaborer un magnifique jardin. Les plantes grandiront en même temps que Petit Prince et feront son bonheur, pensent-ils. Quand vient le jour de montrer son cadeau à Petit Prince, ses parents sont tout excités. Mais quand ils poussent le portail du jardin, toutes les plantes sont fanées, les oiseaux malheureux et des fontaines ne coule aucune eau ! En faisant le tour du jardin et en écoutant les plaintes des végétaux et sculptures, les souverains comprennent qu’un espace vert n’est pas fait pour être enfermé derrière des grilles et n’accueillir qu’un petit bambin. C’est décidé, le jardin de Petit Prince deviendra le « jardin de tous ». En plus de s’épanouir dans la nature, Petit Prince s’y fera des amis.

Ce texte très poétique est une magnifique ode à la nature. Un texte doux et des paroles justes pour un monde idyllique. Les illustrations sont splendides. Les couleurs pâles correspondent tout à fait à l’univers de cette histoire et renforcent sa poésie. Le trait de crayon, parfois brouillon, mais toujours fin, enchante chaque page. Texte et dessins forment une harmonie parfaite.

A lire sans modération, presque comme une chanson.

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