Un Jour, de David Nicholls

Bonjour à tous !

Une fois n’est pas coutume, je vais sortir du cadre strict de la littérature de jeunesse pour vous parler d’un livre qui m’est très cher : Un Jour. Une histoire d’amour, peu ordinaire et pourtant si réaliste, qui a le pouvoir de retourner le cœur des adultes et, pourquoi pas, des ados. Car même si ce livre est clairement à destination des adultes (vous le trouverez d’ailleurs dans les rayons classiques des librairies), ce n’est pas pour autant que les ados doivent s’empêcher de le lire. Après tout, ce n’est pas parce qu’on a 16 ans qu’on est obligé de lire que de la YA ou des livres fantastiques. C’est aussi en élargissant ces horizons qu’on apprend à grandir. C’est pourquoi aujourd’hui, je vous emmène en Angleterre (et oui, encore !) pour suivre les « aventures » terriblement ordinaires d’Emma et Dexter !

So british … édition n°2 !

Mais avant de vous parler du contenu pur et dur du roman, j’aimerais revenir sur la place qu’il occupe dans ma bibliothèque … et mon cœur. J’ai découvert Un Jour, aux alentours de 2013, tandis que l’adaptation cinématographique avait crevé l’écran deux ans plus tôt. Je n’étais, et ne suis toujours pas, une grande lectrice de romance, mais depuis notre rencontre, ce livre et moi sommes devenus inséparables. Il m’a accompagnée en road trip sur les terres anglaises (c’est d’ailleurs le seul livre au monde que j’ai pu lire dans un bus en mouvement), a voyagé au fond de mille et un sacs, et survécut à quatre déménagements. Bref, il a vécu, et ça se voit. Pourtant, la grande maniaque que je suis se refuse à le remplacer par un neuf.
J’ai lu Un Jour au début de mes 20 ans, et il m’a offert l’une des meilleures expériences de lecture de ma vie, non pas pour la romance ou sa qualité d’écriture, mais pour les leçons de vie qu’il contient. C’est un petit peu comme un trésor caché au fil des pages !

15 juillet 1988.
Emma Morley et Dexter Mayhew font connaissance lors de la soirée de remise des diplômes. De bière en bière, de paroles en paroles, ils finissent au lit ensemble … et discutent toute la nuit. Cela aurait pu être une occasion ratée comme tant d’autres, mais pour les deux jeunes gens c’est surtout le début d’une amitié formidable. Malgré leurs caractères totalement opposés, ils vont, pendant plus de 20 ans, se croiser, se séparer, et s’attendre dans le tumulte de leurs vies.

Un jour – adaptation ciné

20 ans, c’est long, très long. Mais ce roman de plus de 600 pages réussit l’exploit de nous faire voyager dans le temps à une vitesse vertigineuse. Chaque chapitre se concentre sur la date du 15 juillet, mais se permet une ellipse d’un an. C’est assez original et offre un rythme soutenu au récit. A chaque début de chapitre, on se demande ainsi si la vie d’Emma et Dexter a empiré ou au contraire évolué.

Car plus que d’amour, c’est surtout de la vie dont il est question tout au long du roman. En effet, Emma et Dexter sont des personnages si réussis, qu’ils nous font l’effet d’un reflet dans le miroir. 
Emma est, par exemple, une jeune femme sensible, qui apparaît de suite comme l’élément posé du duo. Elle est un peu anarchiste sur les bords, avec des convictions politiques fortes et des idées bien arrêtées qu’elle revendique haut et fort. Mais au fil des pages, et donc des années, on découvre une fille qui n’est pas si sûre d’elle, une fille complexée, qui rame à fond pour essayer de vivre la vie de ses rêves, et qui abandonne ses rêves de manière régulière.

Dexter, au contraire, possède une aura et un charme naturel dont il use à outrance pour charmer tous ses interlocuteurs. Ajoutez à cela une certaine arrogance et une tendance aux excès festifs, et vous aurez l’image complète du bourgeois « fils à papa » que Dexter cherche tant à renvoyer. Mais là aussi, sous cette image lisse et parfaite se cache un caractère plus complexe. Dexter ne sait pas encaisser les coups durs que la vie lui assène et sa personnalité se retourne bientôt contre lui pour révéler un manque de confiance en soi et une fragilité émotive étonnante.

La vie résumée en 3 secondes

Ces deux personnages ont beau être de papier, ils nous ressemblent terriblement. Qui n’a jamais abandonné ses rêves, par peur de l’échec ? Qui n’a jamais douté de ses capacités ? De son physique ? Dex et Emma vivent ce que nous ressentons au quotidien, et c’est cela qui m’a absolument charmée dans leur histoire. Bien loin de nous vendre leur amour comme un conte de fées à l’eau de rose, on nous montre d’abord que les deux jeunes gens ont dû apprendre à grandir avant d’apprendre à s’aimer. 

Et c’est, je pense, la partie la plus marquante du roman. En tout cas, pour moi. A ma première lecture, ce roman m’a ouvert les yeux sur une vérité cachée : on ne devient pas adulte à 18 ans, ou à notre remise des diplômes, on le devient chacun à notre rythme, sans mode d’emploi universel et surtout sans date limite. Au fond, personne ne sait réellement ce qu’est qu’être véritablement adulte, et tout le monde cherche comment être soi même heureux. 
Comprendre cela à 20 ans, m’a fait l’effet d’une certaine libération. Parce qu’à la sortie de l’adolescence, il n’est pas rare de se dire que « mince, tout le monde a l’air de gérer le passage à l’adulte sauf moi ». Et il n’y a en fait, rien de plus faux. 

C’est pourquoi j’espère aujourd’hui, en vous présentant ce livre, pouvoir offrir cette même expérience de lecture à quelqu’un. Si vous n’avez jamais lu Un Jour, foncez donc, vous ne serez pas déçu du voyage ! Et si vous l’avez déjà dévoré, réjouissez-vous, Un Jour fait partie de ces rares romans qui se bonifient avec le temps et se révèlent à chaque lecture. L’atout d’un roman qui se déroule sur 20 ans on va dire : quelque soit notre âge au moment de la lecture, on aura toujours de quoi s’identifier aux personnages. 
Par contre, il est de mon devoir de vous prévenir, prévoyez une boite de mouchoirs (dans le cas où vous serez sensible comme moi), car la fin est non seulement peu conventionnelle, mais également et surtout d’une tristesse douce et amère.

Bonne lecture les Cocos !