Salut les cocos ! 

J’espère que vous avez tous survécu à la dinde aux marrons et à l’overdose de chocolat. Parce que, y a pas à dire, même si Noël est synonyme de joie et de cadeaux, c’est aussi un sacré parcours du combattant. Entre la course aux cadeaux, l’emballage des dits cadeaux, la bataille du supermarché, ou encore la préparation du plan de table parfait, on en sort soit en mode vainqueur ayant trop mangé, soit en mode larve lessivée ayant trop mangé.
Mais le pompon, c’est lorsque, en tant que vendeur, on doit combiner notre parcours du combattant avec ceux de tous nos clients. C’est là qu’on s’aperçoit que certains humains ont été livrés avec des bugs.
Et quand on sait que le livre fait parti du top 10 des cadeaux préférés des français, je vous laisse imaginer le carnage dans les différentes librairies de France. 

Alors voilà, aujourd’hui, je ressors gagnante de cette terrible période des fêtes, un brin déplumée, un brin fatiguée, mais forte de plusieurs anecdotes qui me feront briller en soirée (ou pas). En attendant qu’une âme charitable m’invite donc en soirée, j’ai décidé de ne pas garder toutes ces anecdotes pour moi, et de les partager avec vous. 

Je déclare donc ouvert ce 4 numéro de :

Vis ma vie de … libraire #4
Spécial Fêtes de fin d’année

Etant donné que cette année, les anecdotes ont fusé, je m’en vais chambouler un peu la forme de ce vis ma vie pour vous raconter plutôt une histoire à part entière. 

En cet instant précis, je me vois un peu comme un castor

Il était une fois, une librairie discount ordinaire …

Généralement, tout commence doucement en librairie. En novembre, les rush se font plutôt rares et ça nous laisse du temps pour organiser joliment le magasin.

On décore comme on peut les 3 mètres du sapin, malgré nos 1m60 au compteur

Et on devient très fier de nos rayons

Enfin, jusqu’à ce que les clients viennent détruire nos jolis podiums et autre tours de livres

Mais, à ce stade de l’année, on a l’habitude. Ceci dit, cette année, le calme de novembre était un tantinet … trop calme.

Les premières semaines, ça nous a fait marrer.

Et puis on a commencé à stresser.

Où étaient donc passés les clients ? Allaient-ils donc tous arriver en même temps ? Allaient-ils tous déferler en plein de mois de décembre, stressés de ne pas avoir (encore) de cadeaux ?

Spoiler : oui. 

Bon en même temps, ça tombait bien, on était surentraîné :

Nos rayons scintillaient, nos livres chantaient du Disney (oui, bon, j’avoue c’était nous) et le poste d’emballage était tout beau tout neuf. Bref, cette année, on allait assurer.

Bon, en vrai, il a d’abord fallu se remettre dans le bain.

Après, on a affronté le plus dignement possible le nerf de la guerre : les Clients (ceux qui méritent bien une majuscule).

On a eu :

  • ceux qui aiment jouer au « qui-est-ce ? »  :
            eux : Bonjour, je voudrais un conseil s’il vous plait. Je recherche un livre pour une enfant de 7 ans. 
    libraire : oui, vous cherchez plutôt quoi, un roman, une activité ou une BD ? Vous connaissez ses goûts ?
    eux : Oh j’en ai aucune idée. Elle doit aimer les chevaux non ? Ou les dinosaures. Oh et il me semble qu’elle fait de la gym, à moins que ce soit du karaté. Fin, elle doit aimer ce que les jeunes de 8 ans aiment, non ? 
    Libraire : Euh, ça je ne peux pas vous le dire. Mais, vous m’aviez pas dit 7 ans ? 
    Eux : ah, c’est possible. Mais elle doit bien avoir 8 ans non ? Elle va rentrer au collège l’année prochaine. Pourquoi, ça change quelque chose ? 

  • Ceux qui confondent la caisse avec un panier (qui chez nous, est rouge à roulettes quand même) :

 

eux : Je peux laisser ça (une montagne de livres) là ? 
libraire : Euh, disons que c’est mon poste d’emballage, monsieur, mais si vous souhaitez, je peux vous donner un panier, ça sera plus pratique pour vous.
Eux : ah non merci, je préfère laisser ça là *part en sifflotant*

  • Ceux qui appellent à l’aide et n’écoutent pas les conseils :

eux : Excusez-moi, je voudrais savoir, le gros livre là bas avec toutes les histoires de princesse, ça va pour un enfant de 2 ans ?
Libraire : Ce n’est pas vraiment indiqué, madame. Vous savez, le livre contient très peu d’illustrations et il y a beaucoup de texte, un enfant de 2 ans va très vite décrocher. Mais si vous voulez, je peux vous montrer …
Eux : oui, fin, pour le texte, c’est pas lui qui va le lire de toute façon donc ça gêne pas qu’il soit long, non ? 
Libraire : Oui, effectivement l’enfant de 2 ans ne va pas lire le texte mais il va quand même l’écouter. Et à cet âge là, il va avoir du mal à rester attentif pendant les 20 minutes de lecture. Je vous conseille plutôt un livre qu’il pourra manipuler lui-même, en carton, avec de belles illustrations en couleurs peps et avec une histoire superbe. 
Eux : Oui, ça a l’air bien, merci. 
5 minutes plus tard, ils déposent en caisse deux gros livres princesses. 
Eux : on en a pris un pour la petite de 2 ans et un pour sa sœur de 7 ans. 

  •  Ceux qui s’offusquent que le 24 décembre, on fasse des emballages de Noël, alors que le cadeau qu’ils nous font emballer est un cadeau d’anniversaire. 

  • Ceux qui demandent juste à avoir du papier pour emballer chez eux. Et reviennent réclamer un second rouleau car ils doutent d’avoir assez avec le premier. Et reviennent pour réclamer des étiquettes. Et reviennent parce qu’en fait, ils voulaient les autres étiquettes. Et reviennent pour avoir du bolduc. 

  • Ceux qui vous tendent juste un billet en caisse, tout en serrant le ou les livres dans leurs bras. 

Mais la crème de la crème cette année fut sans aucun doute : Ceux qui ne savaient plus comment faire la queue ! Ça aurait pu faire un super titre pour un épisode de Friends, mais la réalité était légèrement moins marrante que la sitcom. 

Donc reprenons. La logique internationale voudrait qu’on fasse la queue les uns derrière les autres.

Mais cette année, nos clients ont dû trouver ça has-been puisqu’ils se sont mis en tête de faire la queue côte à côte ….

Quitte, même parfois à coller les étagères, bloquant tout passage, au lieu d’utiliser la très large et très belle allée centrale.

Ou parfois même à faire la queue à gauche ET à droite. Alors, nous, on s’est un peu retrouvé comme ça :

On a tenté de mettre un panneau indiquant le sens de la queue

Mais les gens préféraient nettement poser leurs affaires et attendre devant. 

Alors, on a fini par baisser les bras.

Mais, malgré tout, on a su garder notre sang froid. Ça nous a été plus que bénéfique lorsqu’on s’est aperçu le 20 décembre qu’on allait tomber à court de papier cadeau !

On a épuisé toutes les réserves mais malheur le 23, à 12h, on était à sec.

On s’est donc armé de notre plus beau sourire pour désamorcer les potentiels râleurs. 

On a … partiellement réussi. Quatre réflexions méchantes sur 24h, c’est une victoire, non ? 

Heureusement, la majorité de nos clients ont été adorables. Les enfants avaient des étoiles dans les yeux de voir notre faux Père Noël (bah oui, le vrai était parti en tournée)

Et il y a aussi eu ce monsieur qui, nous voyant sans papier cadeau, a été en acheter pour nous. Il nous a ramené une dizaine de petits rouleaux et pour nous, ça ressemblait vachement au graal ! 

En tout cas, cette année encore, on a été gâté… On a récupéré pas moins de 4 boites de chocolats venant de la direction et de nos clients ! 

Alors moi je vous le dis, j’aime mon job ! 

 

A bientôt les cocos ! 
(et un gros bisous à tous les vendeurs passés à la moulinette ce Noël)