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En quête d’un grand peut-être

En quête d’un grand peut-être – Guide de littérature ado, de Tom et Nathan Lévêque, paru en décembre 2020 aux éditions du Grand Peut-Être

J’ai eu un petit coup de mou dans l’écriture des articles ces dernières semaines. Je lis toujours beaucoup, mais peu de livres me donnaient envie de les chroniquer. Soit je ne suis pas si emballée que ça par ma lecture, soit ce n’est pas du tout de la jeunesse, soit je ne trouve pas les mots. Bref, je commençais à me demander ce que j’allais bien pouvoir publier la prochaine fois. La période de confinement et surtout de télétravail pour moi depuis le mois de novembre n’a pas aidé. Mais ça y est, je suis de retour dans mon CDI, alors revoir les élèves avides des nouveautés que je n’avais pas pu présenter jusque-là et les dernières commandes de livres de l’année à faire m’ont complétement remise dans le bain. Je viens de réceptionner une partie de la commande de livres de la fin de l’année et ça présage d’un bon nombre d’articles croustillants !

Mais avant de repartir dans mes lectures frénétiques de romans, BD, docus et mangas jeunesse, petite envie de faire un retour aux origines et de vous présenter deux superbes docus sur le thème de la littérature de jeunesse. Parus à quelques mois d’intervalle, ils ont beau partir sur les mêmes bases, il a fallu que je me les procure tous les deux ! Après lecture, pas du tout envie d’écrire un article commun et de les comparer. Même s’il y a matière à la comparaison, chacun a sa ligne propre, est écrit par des personnalités différentes et je n’avais pas envie de les faire entrer en concurrence. Chacun mérite donc son article pour être mis d’avantage en avant.

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Félins rayés

Voici aujourd’hui un opus sur les félins. Mais pas n’importe lesquels. Pas ceux qui traînent chez vous dans vos pattes et se prennent pour votre maître. Pas ceux à la grande crinière imposante. Ni ceux préhistoriques à dents de sabres. Nous parlons ici d’un des félins les plus majestueux : le tigre. Une petite sélection pour mettre en valeur ce bel animal dans la littérature de jeunesse, même s’il n’y est pas toujours à son avantage.

Gentil Tigre de Kosé Stroo (texte) et Marijke Ten Cate (illustrations), paru chez Albin Michel jeunesse en 1999

Gentil Tigre vit dans la forêt, en paix avec tous les autres animaux. Il est d’ailleurs tellement gentil qu’il s’est fait le médecin et le réparateur de tout le monde. Chaque matin, une longue file d’animaux malades ou ayant des problèmes attend devant chez lui. Toute la journée, Gentil Tigre soigne et répare. Le problème c’est que même la nuit les animaux viennent le déranger. Gentil Tigre n’en peut plus, ses rayures noires commencent même à disparaitre. Un jour, il décide de partir en vacances pour se reposer. Les animaux de la forêt se retrouvent bien embêtés. Ils organisent donc une fête pour que Gentil Tigre soit content. Ils lui proposent également de rester leur médecin/réparateur, mais avec des horaires fixes, pour ne pas trop se fatiguer.

Une histoire originale toute mignonne sur l’entraide, mais aussi sur l’importance de ne pas abuser de la gentillesse d’autrui. Ça peut aussi nous faire penser aujourd’hui au problème de surpopulation des cabinets médicaux ! M’enfin bon, on ne va pas tous se mettre à organiser des fêtes dans les villages pour éviter les déserts médicaux :p

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Les souvenirs du vieux chêne

Les souvenirs du vieux chêne, de Frédéric Pillot (illustrations) et Maxime Rovere (textes), paru en octobre 2019, chez Milan jeunesse

Mon amoureux, il ne m’offre pas de fleurs. Ni pour la Saint Valentin, ni pour mon anniversaire, ni pour ma fête. Non, il m’offre des livres, et c’est cent fois mieux. En plus des occasions à fêter, il m’offre des livres, comme ça, pour rien. Parce qu’il est passé devant une librairie et qu’il a pensé à moi en voyant ces monceaux de livres débordant des étagères. Alors il fouine, il ouvre, il feuillette, il a un coup de cœur, qui devient bien souvent également mon coup de cœur. Jamais il ne s’est trompé en m’offrant un livre. Pourtant, il m’offre bien souvent des ouvrages que je n’aurais pas choisis moi-même. Surtout que depuis quelques années j’achète pas mal de romans, BD et mangas, mais plus tellement d’albums. Mais lui, il m’offre quasiment toujours des albums. Alors heureusement que je l’ai, que j’ai ses yeux et son petit cœur de guimauve, pour continuer à m’ouvrir l’esprit et à faire de merveilleuses rencontres littéraires.

Vous l’aurez compris, l’album que je vous présente aujourd’hui est un cadeau de mon amoureux. Je crois même pouvoir dire que c’est mon coup de cœur parmi tous ceux qu’il m’a offert depuis que l’on est ensemble. Un vrai petit chef d’œuvre.

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Abris, cocons et édifices en tout genre

Je mets souvent à l’honneur des personnages dans mes articles, et regroupe plusieurs albums jeunesse avec un même protagoniste, qu’il soit humain ou animal. Mais aujourd’hui je choisis de m’intéresser à un cas particulier et pars sur un élément du quotidien que l’on trouve plus que souvent dans nos histoires : les maisons. Les immeubles, les cabanes, les terriers, les trous de souris… tout ce qui peut servir d’abri un jour ou l’autre. Dans mes recherches, je suis tombée sur beaucoup de beaux ouvrages documentaires sur les maisons à travers le monde ; mais j’ai décidé de ne me consacrer ici qu’aux bâtiments dans des récits fictifs. Mais des récits où la place centrale est réservée – ou joue un grand rôle pour le déroulement de l’histoire – aux abris en tout genre. Parce qu’on ne s’en rend pas compte mais le lieu où l’on vit est très important, il peut façonner notre vision et notre mode de pensée. Laissez ces quelques albums sur les cabanes vous faire rêver d’un ailleurs.

Graines de cabanes de Philippe Lechermeier (texte) et Eric Puybaret (illustrations), paru en 2005 chez Gautier Languereau

Alphonse Gabini, poète, rêveur et voyageur, prend un jour sa valise sous le bras et s’en va parcourir le monde pour découvrir les multiples cabanes qui existent et en récolter les graines dans le but de se faire une jolie collection. Dans son périple, il découvre les plus belles, les plus ingénieuses, les plus loufoques, les plus astucieuses des cabanes. Toutes avec leur utilité, leur fonction propre, leur propriétaire charmant et leur poésie. Entre la cabane à livres, la cabane en pain d’épices, la cabane de rêve (à ne pas confondre avec la cabane à rêves), ou encore la cabane aux mille et une portes, Alphonse apprend également à connaître les métiers essentiels à la construction d’une cabane, les outils nécessaires, ainsi que les étapes d’éclosion d’une belle cabane.

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Hier tu comprendras

Hier tu comprendras de Rebecca Stead, paru en 2011 chez Nathan

1979. Miranda vit avec sa mère et son beau-père dans un quartier populaire de New York, partageant son quotidien de jeune adolescente avec son meilleur ami Sal.

Mais, un jour, de curieux événements surviennent : sans raison apparente, Sal se fait frapper par un garçon et il cesse soudain d’adresser la parole à Miranda ; la clé de secours de l’appartement de Miranda disparaît, et celle-ci trouve une lettre énigmatique qui lui est adressée.

Cette lettre déclare : « Je viens pour sauver la vie de ton ami, et aussi la mienne. J’ai deux services à te demander. » De jour en jour, Miranda reçoit d’autres lettres de ce mystérieux expéditeur, qui semble connaître son avenir.

Petit à petit, la jeune fille reconstitue le puzzle composé par son correspondant, pour découvrir les raisons de son appel à l’aide, empêcher une mort annoncée et retrouver son amitié perdue…

A roman court, article court. Et pour cause, je ne peux pas m’étendre sur ce roman, sans vous en révéler des points essentiels et vous gâcher toute votre lecture. Pourtant, je me suis littéralement laissé transporter par le récit et c’est un gros coup de cœur pour moi. Mais parfois, j’ai du mal à m’exprimer sur les gros coups de cœur. Alors, un petit article pour tout de même vous présenter cet ouvrage qui a déjà 10 ans en France, 12 aux USA, cela suffira largement pour tenter de vous happer dans cette histoire.

Ce qui tient en haleine dans ce roman, ce ne sont pas tant les aventures de l’héroïne, mais la plume de l’autrice (la voix de Miranda). Des chapitres très courts, incisifs, qui vont droit au but tout en semant assez de détails pour que le lecteur puisse s’identifier.

Pour ce qui est de la trame, rien de bien extraordinaire. La vie quotidienne d’une jeune ado des années 1980, qui ne fait pas plus attention que ça aux mots mystérieux qu’elle reçoit. Et pourtant, là encore la plume de l’autrice permet de rester accroché à chaque page du livre. Même si Miranda ne farfouille pas plus que ça pour savoir qui lui envoie les messages mystères, nous, lecteur, on trépigne.

L’apothéose : les 15 dernières pages. Tout s’explique, tout s’emboîte, et on ne pourrait pas imaginer meilleure fin. Tout devient logique, derrière un voile de fantastique. Et on referme le livre avec un sourire. On comprend aisément pourquoi il a reçu le prix Newberry Medal en 2010, le plus prestigieux prix de littérature jeunesse aux Etats-Unis.

Joyeuse lecture coup de cœur les loulous !